Regards d'hier et d' aujourd'hui en Algérie    

Réponse ouverte de l’auteur du film
« Algérie, histoires à ne pas dire »
à lettre fermée de Brahim Senouci.
 
Jean-Pierre Lledo,
Paris, le 10 Avril 08
 

 Photo de lledo2007

Une longue tournée de présentation du film dans le Sud de la France m’a empêché  de te répondre plus tôt. Désolé.
Brahim, tu es donc allé au Cinéma Reflet Médicis non pour voir mon film, pour te faire une opinion par ta propre vision, tes propres sensations, mais  « pour être éclairé par le débat qui devait suivre la projection » ? Il est triste pour un cinéaste de lire une chose pareille. Surtout quand juste après, tu nous dis ton refus de participer à ce débat pourtant attendu. Que dire alors de la raison avouée dans la Tribune même de la Ligue des Droits de l’Homme !  Les « visages basanés » n’étant pas nombreux dans la salle, ceci eut pour effet de « raviver mon inquiétude », dis-tu. Est-ce je rêve ? Surtout venant d’un mascaréen à la peau laiteuse. Non, malheureusement : le reste va nous le montrer.
Et comme tu n’es pas resté au débat, souffres quand même que je « t’éclaire » de mes quelques petites lanternes.
Tu dis être parti juste après le film, mais à te lire je me suis demandé si tu avais vraiment vu, entendu le film ? En voici 3 exemples :
 
·        « Diatribe d’Aziz, contre l’Algérie, l’indépendance, le 5 Juillet » ? Aziz dit autre chose ! « Qu’ils se la gardent leur indépendance, leur 5 juillet, etc… ». Il ne s’en prend donc pas à l’indépendance, mais à « leur » indépendance, celle des tenants du système. Nierais-tu qu’il y a autant d’indépendances que de statuts sociaux, l’écart entre les petits revenus et les grandes richesses étant sans doute aujourd’hui encore plus grand qu’avant 62 ? Et Aziz qui a perdu 23 hommes de sa famille, n’a-t-il pas une certaine légitimité à le crier ? Les Algériens musulmans lorsqu’ils rejettent les islamistes, ne disent-ils pas aujourd’hui : « On ne veut pas de leur Islam » ?
 
·         « D’un revers de caméra (j’aurais) rayé tous les Algériens qui ne savent pas chanter en espagnol, ou danser le boléro » !!! Tu n’as donc pas vu dans la 1ère partie (Skikda) la  famille des Mouats et celle des Khazri ? Dans la 2ème partie algéroise, Katiba et Louiza Ighilahriz la maquisarde, le jeune de Bab el Oued, un des personnages le plus évoqué dans les débats ? Dans la 3ème partie, tous ces vieux qui forment le socle constantinois, à commencer par le musicien Cheïkh Darsouni, qui évoquant un mariage juif à M’sila nous dit ce que fut son étonnement en arrivant dans cette famille : « c’étaient des Juifs ou des Arabes ?! ». Ou alors tous ces jeunes qui n’ont jamais connu de Juifs, puisque nés après 62, mais qui ne jurent que par Raymond ? Est-ce donc moi ou toi qui d’un coup de stylo, te permets de rayer 3 parties d’un film qui en a 4 ? !
Mais ne les rayes-tu pas parce qu’aveuglé par un préjugé que tu exprimes clairement : « les Algériens musulmans qui ont approché les non-musulmans (étaient) extrêmement rares » ? Mais c’est archi-faux ! Que ce soit dans les villes ou les villages de campagne. Tu peux vérifier cela, puisque la presse algérienne se tait, en allant sur le net qui heureusement échappe aux Etats, dans ces centaines de sites de villes, villages, d’écoles, de lycées, qui relatent notamment les retours de milliers de Pieds Noirs et de Juifs dans tous les endroits d’Algérie.
 
·        « Quasi absence de référence à la colonisation ». T’es-tu aperçu que mon film n’était que l’histoire de 4 individus, et non un film d’historien sur la colonisation ? Et qu’au travers de ces 4 histoires, chaque spectateur, peut s’il n’est pas de mauvaise foi, reconstituer un tableau complexe d’une époque qui ne peut assurément pas se résumer, pas plus à ses « aspects négatifs » qu’aux « positifs ». La directrice de Bab el Oued ne voulait pas d’Arabes dans son école, mais l’instit Mme Dahan a quand même inscrit Katiba ! (et si tu n’avais pas boycotté ce débat, tu aurais pu voir ce visage basané de juive algéroise dire son bonheur que Katiba ait gardé la mémoire de sa mère… Et elle l’a aussitôt contactée !)
 
Cette cécité et surdité, qui t’empêchent de voir et d’entendre ce que le film montre et dit vraiment, et te font écrire ce que toi tu en as retenu, prennent racine à mon avis dans ton incapacité à concevoir qu’un système inégalitaire, même de type colonial, donc fondé sur le racisme, n’empêche ni les contestations, ni les solidarités, ni les membres de chaque communauté à pratiquer des relations de bon voisinage - voire plus - fondées sur la stricte égalité. Ni mon film « Un Rêve algérien », ni celui-là, ne t’ont donc fait comprendre que les femmes, les hommes et les enfants ne sont pas des robots formatés par « la règle d’airain » des systèmes, et qu’ils peuvent transgresser les barrières communautaires, même les plus hautes, celles de la religion ? Serais-tu le dernier adepte de cet affligeant déterminisme, qui au vécu des simples gens, n’a à opposer… que des chiffres ? Pour te guérir de cela, je te conseillerai juste d’interroger par ex. la maquisarde du film, Louisa Ighilahriz. Elle t’expliquera que dans l’immeuble de la Casbah que possédait son père, sa famille et les locataires, Juifs et Pieds-noirs formaient une grande famille !
Notre « société a été abrutie par 132 ans de colonisation… » dis-tu. Si cela était vrai, faudrait que tu expliques comment ont pu apparaître les artistes, intellectuels et dirigeants politiques des générations qui nous ont précédé et qui ont mené le mouvement de contestation à la colonisation. Mais si je te comprends bien, tu me reproches en fait de n’avoir pas offert le spectacle de cet abrutissement. Désolé ! Mais qu’y puis-je si mes personnages, qu’ils aient été militants indépendantistes ou non, ont résisté à cet abrutissement ? Et ont même profité du commerce avec des communautés un peu moins rigides, côté religieux, pour s’émanciper plus que « le système » l’aurait désiré ? Ou profité encore d’un pluralisme politique (partis, journaux, meetings, manifestations) qui leur a même donné l’impression d’être plus citoyens qu’après l’indépendance, lorsque le régime de parti unique, continuant à bourrer les urnes, a privé toute une société du pouvoir de se penser de façon autonome et de disposer d’elle-même ?
Ceci dit, comment as-tu pu voir dans mon film la description d’un « paradis perdu » ? ! Bien au contraire, et c’est pour cela que j’ai l’impression que tu ne l’as pas vu, mon film montre comment les appareils, coloniaux et nationalistes, vont s’employer à creuser des « fossés communautaires » selon l’expression en vogue chez les uns et les autres. Et ils y arriveront malheureusement, à peu près de la même manière : en faisant couler le sang, sur des critères raciaux, indifféremment des opinions.
Les parachutistes font disparaitre tous les Arabes de la mechta qui avaient pourtant protégé les agriculteurs européens, au faciès. Et les nationalistes s’en prennent à ceux qui auraient pu être leurs alliés, au faciès.
C’est cela que tu appelles un paradis perdu ? !
 
N’es-tu pas en fait tout simplement victime de la tournure d’esprit de tous les propagandistes – y compris ceux des « bonnes causes » - qui ne peuvent percevoir la réalité qu’au travers des simplifications, des caricatures et des généralisations ? Tu ne peux imaginer un Pied Noir ou un Juif, que riche, impoli, malveillant, raciste, etc… Et naturellement en face, l’Arabe, pauvre, vertueux, tolérant, sera donc légitimé par avance quoi qu’il fasse et dise : il ne sera jamais qu’en train de se libérer. Sartre en son temps était plus direct. Quand un Arabe tue un Pied Noir, disait-il en substance, il fait d’une pierre deux coups : un oppresseur disparaît et se libère un opprimé. (Préface aux « Damnés de la Terre » - Fanon). Consternant.
 
Mais venons-en à tes autres reproches principaux.
 
Je n’aurais évoqué que les exactions de l’ALN ? C’est faux ! Par exemple, le 1er épisode de Skikda commence, avec Aziz et ses cousins, par la description détaillée de la répression parachutiste.
Dans la 2ème partie, Katiba nous mène dans la Casbah à la Rue de Thèbes, là où des bombes des services secrets français ont causé la mort à plus de 70 personnes.
Et dans la dernière, Oran, contrairement à ce que tu dis, 3 habitants de la Marine évoquent l’OAS. L’un, ex-chef scout, dit « elle a tué plus qu’il n’en faut ». L’autre précise que les commandos OAS et FLN, venaient toujours d’autres quartiers.
Quant au 3ème, un fidaï (commando) évoquant cette guerre OAS-FLN, dit : « c’était eux ou nous ». Etais-tu sorti pour une clope à ces moments ?
 
De plus, il est assez malhonnête de me reprocher d’avoir « fait silence sur la terrible répression », de 55, de la guerre, de 45, ou de la conquête, alors que tel n’est pas le sujet du film !
Ta cécité dogmatique t’aurait-elle empêché de comprendre que que je racontais des histoires, surgissant des mémoires de 4 individus, inscrites dans le temps des 7 années qu’a duré la guerre, et non l’Histoire ?
Ceci dit, apprendre dès le début du film que dans la mechta du 1er personnage de Skikda, les paras ont pris sans jamais les rendre 23 personnes, soit tous les hommes adultes à partir de 15 ans, n’est-il pas suffisant pour donner idée de l’ampleur d’une répression, à un spectateur moyennement voyant et entendant ?
Cette ampleur a-t-elle atteint le chiffre canonique, toujours rond de 12 000 morts en 1955, 45 000 morts en 1945, ou 1 million 500 000 morts pour toute la guerre, de 54 à 62, comme on l’apprend dans les écoles algériennes et comme tu le répètes ? Tous les historiens libres de s’exprimer savent qu’il n’en n’est rien.
Aussi Brahim, plutôt que de reprendre les chiffres officiels, ne crois-tu pas que l’esprit critique citoyen devrait plutôt s’étonner que l’Etat algérien n’ait pas profité des multiples recensements depuis l’indépendance pour faire un décompte plus proche de la vérité ? Chaque famille est quand même en mesure de dire au moins si le père ou la mère, le grand-père ou la grand-mère a été tué ou est mort de mort naturelle, non ?
 
Ton refus de prendre en compte le film tel qu’il est et pour ce qu’il est, te permet donc de m’intenter une série de Procès - atteintes aux « constantes nationales » comme on dit chez nous - qui en des temps pas si reculés auraient mené à une mort certaine.
« Non seulement tu ne manifestes pas de compassion pour les souffrances de ton peuple, mais encore tu le mets en accusation pour son refus de l’Autre, du juif et du chrétien », me fais-tu dire.
Si je sais bien lire, Brahim, « ton peuple » ce ne seraient que les Musulmans ? Le Juif et le Chrétien, c’est « l’Autre », n’est-ce pas ? Je croyais savoir que telle n’est pas ta pensée. C’est pourtant ce que tu dis. Sans doute, un lapsus, mais qui en dit long sur cette idéologie dominante du mouvement national, devenue celle officielle de l’Etat indépendant, le nationalisme, et dont à ton corps défendant tu en es encore la victime.
 
Tu ne peux t’empêcher d’identifier le courant nationaliste à l’ensemble des Musulmans, et ceux-ci à l’Algérie, comme d’identifier les Juifs et les Chrétiens au système colonial. Normal, puisque selon toi, ils bénéficiaient « de privilèges exorbitants » !
As-tu conscience qu’ainsi tu ne fais que répéter un des stéréotypes les plus éculés du nationalisme ? Un stéréotype qui a cependant fondé le combat nationaliste, et qui a fait de l’Autre un ennemi, ce qui explique l’ordre de tuer le « gaouri » ou le « Ihoudi » au facies, à toutes les étapes de la guerre, avec le couteau, la hache, le révolver ou la bombe.
 
Tu attribues à l’OAS la responsabilité de l’épuration ethnique, et pour le prouver tu lui prêtes la paternité du fameux slogan « La valise ou le cercueil ». (Tu ignores sans doute qu’il fut celui du premier parti nationaliste, le PPA, dès les années 40 !).
Là encore, j’ai l’impression que tu te trouvais en dehors de la salle au moment de la séquence d’El Alia. Contrairement à ce que tu affirmes, le fidaï nous y explique qu’il n’a pas tué de façon « aveugle » ou « barbare », comme tu m’accuses de l’avoir suggéré, mais au nom d’une pensée explicitée par ses chefs : « Chez les Français, ce sont les femmes qui commandent et quand elles verront qu’ici on a tué des femmes et des enfants, elles diront à leurs maris, partout en Algérie, allez on s’en va en France ».
Après une telle révélation, et les repérages puis le tournage m’en firent découvrir bien d’autres, que peut-on conclure sinon que les FLN-ALN-GPRA n’ont pas mené la guerre avec le seul objectif, proclamé, de mettre fin au système colonial, mais aussi avec celui, inavoué en public, de pousser les populations non-musulmanes à quitter l’Algérie ?
Tu peux te référer à notre dossier de presse pour y lire les nombreuses déclarations, après 1962, de dirigeants nationalistes qui vont toutes dans ce sens, de Ben Tobbal à Réda Malek, en passant par Ben Khedda. Et dans le site du film (http://algeriehistoiresanepasdire.com/) tu pourras voir le débat avec notre historien Mohamed Harbi qui dit clairement, et me semble-t-il pour la 1ère fois, qu’il y avait « des dirigeants nationalistes partisans du nettoyage ethnique ».
 
Cette pensée ethnique, que l’on pourrait ainsi résumer : « l’Algérie a été arabo-musulmane, avant la colonisation, elle doit le redevenir après », a, comme tu ne devrais pas l’ignorer, a trouvé sa pleine expression juridique avec le Code de la Nationalité, adopté dès que le nouvel Etat s’est constitué, c'est-à-dire à une époque où il n’y a plus d’OAS, et quasiment plus de non-musulmans en Algérie. Et que dit ce Code ? Pour être Algérien (automatiquement), faut être musulman !
Jusqu’à ce jour d’ailleurs, porter un patronyme non arabe ne fait si peu « algérien », que toi-même ressens le besoin de sur-souligner (des fois que…) : « Tous les Algériens, et l’Algérien que tu es… », !
 
Est-ce à dire que le nationalisme porte, seul, la responsabilité de ce gâchis humain qu’ont été la colonisation puis la décolonisation ? Ne me fais pas dire ce que je ne dis jamais ! Avec « Un Rêve algérien », j’ai déjà mis en valeur la responsabilité coloniale. Et si je fais un jour un film dans la nébuleuse OAS, j’essaierais de découvrir aussi leur part de responsabilité. Mais Brahim, là, je faisais un film, en Algérie, au milieu de la seule communauté musulmane, au cas où ta malvoyance idéologique t’aurait empêché de le remarquer… Ignorerais-tu que le travail artistique est fondé sur la métonymie ?
 
Tu trouves « contestable, voire haïssable » le rapport entre le nationalisme et l’islamisme. Tu n’es pas le seul, je le reconnais. Et pourtant toi qui a fui l’islamisme, tu sais parfaitement que les « terroristes », comme on les appelle aujourd’hui en Algérie, ne sont pas venus du ciel ! Ils se réclament eux aussi du Djihad et ils vont au combat  avec le même appel « Fi Sabil Illah » (« Pour la Cause de Dieu »). 19 femmes et hommes du culte chrétien ces dernières années, mais hier, combien de Juifs et de Chrétiens ont-ils été assassinés comme tels ? Les uns et les autres n’ont-ils pas recouru aux mêmes exercices pratiques : viols, égorgements, éventrations, émasculations, étêtements, bombes au milieu des civils, massacres de familles… ? N’ont-ils pas eu la même prétention à détenir la Vérité, et à vouloir l’imposer par le glaive ? N’ont-ils pas été totalitaires, dans l’action et dans la pensée ? La différence, la pensée autre, n’ont-elles pas été passibles que d’un seul traitement : l’interdit et l’élimination physique ? N’ont-ils pas les mêmes ennemis : l’Occident, la France, et leurs habitants, les démocrates, les féministes, les socialistes et les communistes, les intellectuels et les libres penseurs, les francophones et les berbérophones, tout cela mis dans le même sac de « Hizb frança » (« parti de la France »). Et bien que la liste soit déjà longue, ajoutons aussi les laïcs, appelés « laïco-assimilationnistes » par le chef du gouvernement du début des années 90, Bélaïd Abdeslem, vocable inventé pour amalgamer à des anti-indépendantistes les anti-islamistes que toi et moi sommes, à une époque où une telle  stigmatisation appelait le meurtre. Au fait, sais-tu que cet homme fort du pouvoir de l’époque de Boumedienne, fut aussi ce dirigeant du FLN qui durant la guerre imposa aux étudiants algériens d’ajouter le  « M » de « musulman », au sigle de leur organisation (UGEMA) ?
Dois-je te rappeler aussi le brillantissime parcours de Mohammedi Saïd ? Soldat de l’armée nazie. Officier supérieur de l’ALN et maître d’œuvre de l’assassinat de 300 femmes et enfants (musulmans), en une seule nuit, coupables d’avoir eu des maris et pères restés fidèles à Messali Hadj. Membre de l’Etat Major de l’ALN. Député de la 1ère Assemblée Nationale Constituante où il chercha à faire ajouter l’épithète « islamique » au sigle RADP (République algérienne démocratique et populaire). Ministre en 1962, et enfin en 1991, pour boucler la boucle, député du FIS (mouvance qui a déclenché en 1992 une « lutte armée de libération islamique », qui a déjà causé plus de 200 000 morts, et dont on ne voit pas encore la fin).
 
Est-ce à dire pour autant que pour moi, nationalisme = islamisme, ou que dans chaque camp tous pensaient de façon identique ? C’est un raccourci dont je te laisse la paternité. Et la généralisation, est pour moi une forme de racisme. Il y eut des nationalistes éclairés et il y a des islamistes modérés (et nombre d’entre eux ont aussi été étranglés, égorgés ou étêtés). Mais il faut avouer que les ressemblances sont trop nombreuses, avec une même conséquence, l’exil, pour ne pas au moins réfléchir à la question. Et j’aurais quand même préféré que ce soit ces similitudes qui provoquent chez toi « un malaise », et non mon film !
Ce malaise vient de ta crainte que « les musulmans (soient vu comme) des barbares ». Mais disant cela, t’aperçois-tu que tu identifies nationalisme et peuple algérien, musulmans et islamisme, comme précédemment population non-musulmane et système colonial, c.a.d que tu restes prisonnier de la pensée ethnico-religieuse du nationalisme ? Ne pourrait-on pas enfin s’habituer à l’idée que l’on peut critiquer une idéologie sans attenter à la dignité et aux croyances d’un peuple ?
N’est-ce pas cette difficulté à penser la relation du nationalisme à l’islamisme qui, en Algérie fait désigner « terrorisme islamiste » par le pudiquement correct « décennie noire »,  que tu reprends à ton compte ? Cet embarras ne signale-t-il pas le point aveugle, l’informulé de la pensée nationaliste ? Ne serait-il pas temps d’y penser, toi et moi, qui sommes devenus ces nouveaux pieds-noirs chassés à leur tour de leur pays ?! En attendant qu’historiens et philosophes du bled arrachent au nationalisme l’indépendance de la pensée, et s’attaquent à ce vaste chantier, ne crois-tu pas que nous, exilés de France bénéficiant d’une plus grande liberté d’expression, avons un devoir particulier de vigilance, surtout quand on voit ressurgir dans notre pays les vieux démons ?
Nous avons signé récemment la même pétition pour dénoncer le harcèlement quotidien de l’Eglise algérienne par les autorités. Et saches que je signerai volontiers une pétition – s’il te venait l’envie d’en lancer une - pour épingler notre Ministre de la Culture qui a récemment annoncé dans un quotidien algérien qu’elle travaillait « avec l’Espagne, à la déjudaïsation du patrimoine musical algérien » (le patrimoine andalou est dans la foulée, lui aussi, « nationalisé »). Rien de moins !
 
Venons-en à ta dernière grosse objection : « Tu n’offres aucune grille de lecture à l’irruption de la violence ».
Je pourrais te répondre tout simplement que le cinéma que je pratique n’offre jamais aucune « grille de lecture », car il est destiné à un spectateur supposé exercer son libre jugement et capable de se construire sa propre opinion, mais je n’esquiverai pas, car effectivement je pense que c’est précisément cette question de la violence qui donne à ce film de mémoire, son actualité (malheureusement) et son universalité.
Dans le film, je ne condamne pas la violence, comme tu me le fais dire un peu malhonnêtement, mais je m’élève contre la violence exercée sans limite, ce que Camus avait fait depuis longtemps. De plus, je m’élève contre la violence exercée sur des bases ethniques. La violence de l’armée française depuis la Conquête, dont ses généraux n’ont fait aucun mystère, exercée collectivement et ethniquement, autorisait-elle les « révolutionnaires » à agir pareillement ? C’est la question que je pose dans le film à Louisa Ighilahriz. Pourquoi n’en tiens-tu pas compte ? Pourquoi cette surdité à l’endroit de Fernand Iveton (communiste) qui refuse de mettre une bombe dans son usine à l’heure programmée pour tuer ses collègues ouvriers, démontrant qu’un simple soldat peut toujours dire « non » aux ordres qui contredisent sa conscience, même lorsque dans son cas, ce refus ne lui épargne pas le couperet de la guillotine.
Plutôt qu’un mauvais procès, n’aurait-il pas fallu que tu t’interroges sur les 4 manifestations de violence ethnique que propose le film ? En 55 on tue (au couteau) à Skikda pour « faire partir les Français ». En 57, on vise (avec des bombes) « la population étrangère ». En 61, en assassinant le musicien Raymond (au révolver), on provoque le départ de toute sa communauté, juive. Et avec le massacre du 5 Juillet 62, le jour même de l’indépendance, on envoie un message clair à tous les non-musulmans partis dans la précipitation : surtout ne revenez plus !
Ce courant de pensée nationaliste ne fut sans doute pas le seul, et Mohamed Harbi a raison de le rappeler dans notre site, mais force est de reconnaître que c’est lui qui s’est imposé.
 
L’idée que tu donnes comme une évidence - la lutte armée s’impose quand tous les moyens pacifiques ont été épuisés - n’est-elle pas justement une idée à interroger ?
Plus d’un demi-siècle après, ne penses-tu pas qu’il devrait être possible de le faire sans être considéré immédiatement comme « un apologue du colonialisme » (dixit les nombreuses Voix de leurs Maîtres) ?! Toi, tu préfères te raccrocher paresseusement à la justification habituelle des créateurs du FLN. Mais tous les moyens pacifiques étaient-ils vraiment épuisés ? Quand on examine l’histoire du mouvement national, toutes tendances confondues, on constate plutôt que la lutte pacifique a permis une croissance continue, surtout après les trucages d’élections de 1948 ! Et rien n’indique que cette courbe allait s’inverser ! Au contraire.
Le FLN n’aurait-il donc pas plutôt été créé - comme l’ont dit aussi ses chefs - parce que le parti nationaliste radical d’où il est issu, le MTLD, était en pleine crise politique ? Au lieu de sortir de cette crise en élaborant une nouvelle pensée politique, de nouveaux concepts qui tiennent compte de la complexité de la situation, une frange préféra tout simplifier, tout abréger, en choisissant les armes. En politique, cela ne s’appelle-t-il pas une « fuite en avant » ? Une fuite en avant autoritaire, faut-il le préciser, car le FLN n’a pas attendu 1962, comme tu le sais, pour devenir un parti unique totalitaire. Dès sa constitution, il somma tous les autres partis de se dissoudre, et pour les y contraindre, n’hésita pas à passer à l’acte ! (Tu évoques tranquillement le ralliement du « sage et paisible Ferhat Abbas » ! Tu ignores sans doute le message qu’il reçut du FLN le 20 Août 55, lorsque son neveu du même nom, Abbas, pharmacien à Constantine et élu communiste, fut assassiné, ainsi sans doute que les autres messages tout aussi « sages et paisibles » !).
Un groupe qui impose sa ligne, par les armes, à son propre parti puis à tous les autres, enfin à toute la société, n’est-ce pas ce que l’on peut appeler un putsch ? (Premier d’une longue suite, car il est bien connu que lorsqu’on emprunte ce chemin, il n’y a plus de fin. Quand sera le prochain ?).
Ne peut-on penser que la voie du putsch a été choisie précisément par incapacité ou refus d’envisager qu’à cette époque, une solution politique et humaine juste pose non pas un, mais 3 grands problèmes : mettre fin au système colonial, mettre au point un système politique démocratique qui tiennent compte de la diversité politique, mais aussi de la diversité ethnique ?
Les dirigeants du FLN, de l’origine et de ce qu’il deviendra durant la guerre, puis après, n’ont jamais vraiment envisagé que le premier des problèmes. Avec deux terribles conséquences. D’abord, la dictature, durant et après la guerre, avec la privation de liberté (Boudiaf, Ait Ahmed, etc…) et l’élimination physique comme moyen naturel de régler les divergences (Abane Ramdane, Krim Belkacem, Khider, Mecili, etc…)? Ensuite, une conduite de la guerre sur une base ethnique, avec l’objectif clair, sinon avoué, de provoquer le départ des minorités ethniques avant même l’indépendance ?
Plutôt donc que de reprendre, sans critique, la version officielle de l’histoire du mouvement de libération, ne peut-on se demander si au contraire le choix de la lutte armée, loin d’être la seule voie, n’a pas été celle suicidaire de la destruction tout à la fois des élites politiques qui avaient mis plus de 30 ans pour se constituer, du pluralisme politique, et de la coexistence multiethnique ? On ne peut certes refaire l’histoire, mais peut-on être fier de cette issue ?
 
Mise à mort d’une expérience de métissage qui généralement est plutôt source de progrès car elle induit le pluralisme et la démocratie, destruction des élites politiques et intellectuelles, militarisation et lobotomisation de la société, gouvernance autoritaire, incompétence des gestionnaires d’Etat n’ayant à répondre qu’à leurs supérieurs, corruption généralisée, absence d’esprit citoyen, désespérance de la jeunesse, mise au pas de la recherche, fuite des cerveaux, taux d’analphabétisme toujours très important, indigence des infrastructures et de la production culturelles, une indépendance formelle ayant accru la dépendance réelle et le retard de développement, et au final un pays qui ne produit presque rien mais consomme presque tout, (luxe rendu possible par une nature généreuse mais pas inépuisable), ce triste bilan ne devrait-il pas nous pousser – surtout nous, qui en avons été les partisans - à nous interroger sur la légitimité elle-même de la violence pour changer le cours injuste des choses de l’Histoire ?
La violence qui se légitime notamment par la difficulté du jeu politique pacifique, ne mène-t-elle pas à la destruction du peu de culture politique qui a pu se constituer dans une adversité tolérée, et une fois le pouvoir conquis, au recours systématique à la violence pour contenir les soubresauts de la société ? La gouvernance autoritaire par les castes dites en Algérie « famille révolutionnaire » dont la seule « légitimité historique » est transformée en rente à vie,  n’a-t-elle pas pour résultat essentiel de shunter les forces créatives, et d’accroître un retard qu’elle était censée abréger ?
Combien de temps encore continuera-t-on à refuser de voir des choses aussi évidentes ?
Quand nous poserons-nous enfin la question de savoir si la violence est vraiment la seule réponse à la violence ? Quand nous avouerons-nous qu’elle n’est que Loi du Talion ? N’est-il pas possible d’imaginer des démarches de résistances plus modernes que celle qui consiste à aller « tuer l’opposant » ? La résistance pacifique, plus lente, mais qui transforme en profondeur les consciences et les mentalités, ne serait-elle pas la seule voie pour qu’un peuple entier puisse durablement se refuser à la servitude volontaire ?
Quel est le système, même le plus totalitaire comme celui de l’apartheïd, quel est le Mur même armé du meilleur béton, qui pourrait résister au refus d’obéissance de tout un peuple convaincu ?
La véritable libération n’est-elle pas en définitive celle de la pensée, celle qui permet à chaque individu de se forger sa propre opinion, et de s’engager sans aucune contrainte ? La violence n’est-elle pas le signe d’une impatience, d’une impuissance intellectuelle, et en fait d’une absence de confiance dans ceux que l’on se propose de « libérer » ?
 
Et puis enfin - et ce n’est pas la moindre des objections, par ces temps de violence généralisée ! - la première obligation de ceux qui se donnent le projet de libérer, de sauver la vie, n’est-elle pas de commencer par la préserver ? Dans une humanité différenciée par des milliers de langues, religions, mystiques, idéologies, philosophies, visions, dont toutes se croient, se disent « justes » et « vraies », le seul dénominateur commun n’est-il pas justement l’être humain lui-même, la première chose à respecter, la femme, l’homme, l’enfant et le vieillard ? Que penser alors d’une éthique de la violence dont le but ne peut-être que la destruction de cette humanité-là, en la personne du tué mais aussi du tueur ?
Qui a raison, le kamikaze du Hamas ou le Cdt Markos qui vient de déclarer à son peuple qu’il fallait changer d’abord ses propres mentalités ? L’animateur d’une association pour la Palestine que tu es, n’aurait-il pas intérêt à se poser aussi, de toute urgence, ce genre de questions ?
Qui a intérêt à faire croire que la non-violence est abdication, alors qu’au contraire elle fait appel à toutes les ressources humaines de la pensée et de l’action pacifique ? Qui a intérêt à faire croire en la supériorité du sang sur le travail de la raison, de la conviction, et de la mobilisation ?
 
Se poser toutes ces questions serait donc, d’après toi, manquer d’amour pour son pays ? Eh bien vois-tu, j’ai le point de vue exactement inverse.
Contrairement à toi, je ne pense pas que le boulot des intellectuels soit « de faire taire ces pulsions (morbides) de leur société, et de l’éclairer pour qu’elle renoue avec l’estime d’elle-même  », encore moins celui des artistes qui tiennent à leurs pulsions, même morbides ! En te lisant, moi l’athée, je prie même le Ciel que tu ne sois jamais Ministre de la Culture ! L’actuelle, en comparaison, serait un enfant de chœur, si tu me permets une référence chère à « mon univers judéo-chrétien ». En un mot, et si tu préfères une référence plus proche de notre univers à tous deux, Jdanov reconnaitrait en toi un digne héritier (rien d’ailleurs dans ta lettre sur la censure que subit mon film en Algérie).
Considérant qu’un intellectuel et un artiste n’ont d’autres comptes à rendre qu’à  leur propre conscience, et que dans l’ordre des priorités, avant même sa patrie, il faut d’abord être en règle avec l’Humanité, en balayant d’abord devant sa propre porte, je ne rivaliserai pas avec tes prétentions patrioticardes.
L’absence de liberté intellectuelle qui relègue l’Algérie aux derniers rangs de la recherche en sciences humaines sur elle-même - laquelle se fait désormais en France, en Europe et en Amérique - est, oui, un vrai crime contre l’humanité. Et ceux qui s’y complaisent devraient ne pas être si fiers que ça, car ils auront, et bien plus vite que tu ne te l’imagines, des comptes à rendre à leurs enfants et petits-enfants.
Pour ma part, l’Algérien, berbéro-judéo-chrétien d’origine, arabo-musulman par contamination, et athée par conviction, que je suis, ne t’a pas attendu pour dire en films, ce qu’à été la colonisation, le racisme anti-arabe, et la répression de l’armée française. Et j’aurais été ravi, qu’un cinéaste algérien d’origine berbéro-arabo-musulman, m’évite de faire moi-même le travail que j’ai essayé de faire : voir comment le mouvement nationaliste armé s’est comporté vis-à-vis de la population non-musulmane. Mais 46 ans après, conviens-en, on ne peut pas dire que ça se bouscule au portillon pour voir de l’autre côté du miroir…
 
En conclusion, je te le disais au début, je viens d’achever une tournée dans le Sud de la France, et tu pourras voir ça sur notre site, dans quelques temps. Mais en attendant, puisque tu t’inquiètes que « des assistances d’extrême-droite ait pu applaudir (mon film) », laisses-moi très vite te rassurer, bien qu’évidemment, les salles françaises n’étant pas encore équipées en détecteurs d’idées, on n’est jamais invulnérable.
Pour ma part et pour ce que j’ai pu entendre, je n’ai vu que des Juifs et des Pieds-noirs, si ce sont bien eux que tu vises, (des femmes et des hommes très basanés, tu sais), apaisés que leurs « frères arabes d’Algérie » disent enfin ce que « ici en France, les Français nous refusent : la reconnaissance de nos souffrances, nous classant comme des fous, ou des fachos ».
Et quand une spectatrice se lève pour crier : « Dites à Aziz qu’on l’aime ! », ou quand une autre, Algéroise, vient me voir à la fin, pleurant en évoquant la scène d’Aziz ne trouvant que « 3 cailloux » en lieu et place de la sépulture de l’oncle-héros, et qu’à ses côtés, une Oranaise pleure, aussi parce que cette scène lui rappelle son père disparu le 5 Juillet 62, j’y ai vu, moi, le signe que ce film pouvait réussir là où les discours politiques avaient jusque-là échoué. M’étant convaincu, entre le tournage et l’accueil du film, qu’il n’y a de guerres de mémoire qu’entre les Etats et les partis, mais pas entre les simples gens, puisse-t-il contribuer à réconcilier les frères hier pris en otage par les conséquences des visions coloniales et nationalistes, et donner  à leurs enfants et petits-enfants l’espoir de nouveaux horizons, de nouvelles raisons d’espérer en notre humanité !
 
PS.
A question indiscrète, autre question indiscrète : Peux-tu m’expliquer comment, pour fuir son pays, un anti-islamiste à l’étoffe nationaliste aussi épaisse peut choisir… le pays d’un aussi impitoyable ex-colonisateur ? N’as-tu pas craint faire retourner dans leurs tombes ces résistants de la première heure qui venaient justement de ta région, Mascara ? Ca doit être dur à vivre non ?

 

Extrait de : http://piedsnoirs.viabloga.com/ 

Robert Palmade ! Vous connaissez ?

Algérie, à l’Indépendance en 1962.

« Un jour, la France est partie.

Toute la France. 

L’armée, les colons, les politiques, les administrations, les documents de première importance, les pieds-noirs, les harkis, les familles et leurs enfants, les meubles et les animaux. En 1962, tous les Français sont partis pour la France, sauf moi et d’autres enfants laissés à l’orphelinat, à ses murs, à ses nouveaux occupants. »

C’est comme ça que commence l’histoire de Robert Palmade, né un soir de Juillet 1955, abandonné le lendemain par sa mère, en Algérie Française, en pleine guerre. Pupille de la nation française, Robert a été pris en charge, placé en pouponnière, puis dans des familles d’accueil.

En 1962, à l’indépendance de l’Algérie, la nation française a laissé ses pupilles sur place. Robert a été oublié, comme tous les autres enfants de l’orphelinat, il n’a jamais été rapatrié en France.

Combien sont-ils à avoir été abandonnés par la France ? Combien de pupilles de la nation française restés en Algérie? Impossible à dire. En 1969, un décret du gouvernement algérien ordonnait de changer les noms des enfants à consonance étrangère. C’est comme ça que Robert Palmade s’est appelé pendant des années Abdelkader Achli.

Abdelkader, Robert, Français, Algérien, pupille, orphelin, c’est l’histoire d’une vie gâchée, d’une vie passée à côté, d’une identité trouble, brouillée, toujours entre deux, jamais à sa place, toujours seul.

C’est l’histoire d’un enfant, d’un homme, qui s’est battu pour ne pas perdre son nom, Robert Palmade.

De ce nom, il dit, c’est une promesse, une fatalité, c’est un héritage honni et chéri, Robert Palmade, c’est un mariage forcé entre l’Algérien que je suis devenu et le Français que je suis.

Robert Plamade aujourd’hui n’espère qu’une chose c’est la reconnaissance de la France.

Commentaires

Comme quoi il y a de grandes zones d'ombres dans la fin de la France en Algérie et il est grand temps d'avoir accés aux archives tant françaises (c'est pratiquement le cas pour presque toutes) qu'algériennes (là on en est au début du tout début) pour les éclairer d'un jour nouveau. Moi qui pensais "en savoir pas mal" sur le sujet, je découvre ce qui doit être loin d'un épiphénomène avec des souffrances méconnues, comme j'ai découvert récemment le drame des épouses et enfants de Harkis restés en Algérie, nombreux, qui de par leur parenté, dans l'Algérie Indépendante et dans l'indifférence des Autorités françaises bien au fait des choses, ont subi les pires tourments et humiliations qui durent encore, témoignages à l'appui. Que le chemin de la Paix est long...

Eric Wagner

"découvrir": vous m'avez mal lu ou bien lu avec vos pensées. Quand je dis découvrir, il s'agit des orphelins abandonnés en Algérie, par la France, au moment de l'Indépendance: cas de Robert Palmade obligé - entre autres troubles d' identité dont il fait état - de changer de nom pour l'arabiser...Donc c'est de cette découverte dont je parlais, de rien d'autre si ce n'est du cas des familles de harkis restés sur place et sujettent aux pires humiliations.
Pour le reste, dont les massacres d'Oran du 05/07/62, et de bien d'autres encore de toutes parts dont la liste est tragiquement longue, nulle découverte...car comme vous le dites, les choses sont connues, les responsabilités affirmées même s'il y a encore à écrire, notamment du côté algérien.
Pour autant, ne faisons pas une inutile surenchère de morts et disparus en écrivant le chiffre de 45000 (vous avez du mettre un O de trop), cela ne sert pas la vérité historique dont certains se servent complaisament en parlant de "Sétif - Guelma 45" pour lequel les historiens les plus avisés parlent de 9000 à 15 000 morts, et les idéologues faisant "carrière", de 45 000! Au sujet de la fin sanglante de l'Algérie française, un ouvrage de référence de l'historien Jean Monneret " la phase finale de la guerre d'Algérie" l'Harmattan 2000.
Pour autant, l'Histoire devrait aider les hommes à sortir des fractures du passé pour trouver les voies - dans la mesure de ce qui est possible - de la concorde...mais là est une autre histoire!

Eric Wagner

 l'étoile jaune des Harkis :

En ALgérie l' étoile jaune des Harkis se porte de générations en générations. Que fait la France pour cela. 
Ci jointe demande d'aide.
 

Cher Monsieur,

             Étant descendant direct d'un militaire supplétif de l'armée française, médaillé de la seconde guerre mondiale mort pour la France dans la guerre d'Algérie en combattant auprès de l'armée française.
            Étant moi même orphelin de guerre de statut pupille de la nation lâchement abandonné sur place en Algérie à l'âge de 04 ans et livré aux prévisibles exactions.
            Je suis détenteur de la carte de ressortissant de l'onac "orphelin de guerre".
            Ayant formulé des demandes de  réintégration dans la nationalité française auprès du consulat général de France à Alger ,  je ne reçois que des refus par le ministère de l'emploi de la cohésion sociale et du logement service de la nationalité.
            Pour cette raison je demande votre intervention  auprès des services concernés,  pour ce faire ou dans le pire des cas, mon rapatriement.
            Je porte à votre connaissance que je n'ai jamais bénéficié d'un logement ou de prestations par l'État Algérien.
             Je travaille comme infirmier en soins psychiatrique, et dernièrement je viens d'être dégradé abusivement par les responsables hiérarchiques sans aucun motif malgré mon diplôme d'IDE qui m'a été délivré par le ministère de la santé.
             Le motif  et que  je n'ai pas pu avoir mon certificat de nationalité algérienne à temps, vu que le tribunal d'instance de Birmandrés dont je dépendais, m'a demandé de déposer l'extrait de décès de mon père obligatoire faute de quoi il serai refusé de le délivrer, et celui-ci  portait la mention  harki.
            Je fus l'ojet de discrimination par l'article 14 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme, et dont la France est signataire.
            La question des harkis est franco Française, je n'ai aucun compte à rendre à l'Algérie et je n'attends rien d'elle.
            Pour cette raison je demande votre aide afin que que la mémoire de mon père soit honorée lui qui a sacrifié sa vie pour une terre des droits d l'homme, son fils ne mérite-il pas la reconnaissance des siens, pour retrouver ses droits de citoyen Français?
   je peux vous joindre les documents attestant mes allégations.
            Espérant vous lire dans les plus brefs délais et en comptant sur votre aide, je vous prie d'agréer monsieur l'expression des salutations les plus patriotiques.
                   Ben-Mohand  Bekouche

 

 

Photo de lledo2007

Jean-Pierre Lledo Le réalisateur de films.lledo2007

Description :

Via le souvenir, retrouver une Algérie de fraternité. Henri Alleg
En compagnie du réalisateur Jean-Pierre Lledo, Henri Alleg retourne en Algérie pour un pèlerinage aux sources des combats qui ont trempé les idéaux de ce militant communiste indépendantiste.

«Ne restent dans l'oued que ses galets»

SUITE AUX ANNULATIONS DES 3 AVANT-PREMIERES
à ALGER,CONSTANTINE, ET ORAN, les 13, 14, 15 juin 2007
JEAN-PIERRE LLEDO ORGANISE les 29 et 30 juin 07
3 PROJECTIONS PRIVEES A ALGER
Compte-rendus de 4 journalistes de la presse algérienne...

3 Projections privées du film de JP LLEDO, El Watan, 3 juillet 07


Edition du 3 juillet 2007 > Culture

Documentaire de Lledo
Projections privées
Le réalisateur Jean Pierre Lledo a fini par recourir à des projections privées pour montrer son film documentaire intitulé Ne reste dans l'oued que ses galets.

Trois séances organisées vendredi et samedi, réunissant lors de chaque projection une quarantaine de personnes, ont permis à un public d'invités de découvrir le documentaire qui a déjà fait couler beaucoup d'encre avant que son contenu ne soit connu. Le film d'une durée de trois heures revient avec des témoignages d'Algériens vivant actuellement en Algérie sur des périodes douloureuses de la lutte de Libération nationale en s'attaquant à un tabou jusque-là inviolé : la guerre d'Algérie n'a pas fait des victimes uniquement du côté des colonisés. De nombreux civils d'origine européenne dont des femmes, des enfants et des vieillards sont tombés soit lors d'attentats à la bombe perpétrés dans des lieux publics, soit lors de massacres à grande échelle, comme ce fut le cas lors des événements du 20 août 1955 dans la région de Skikda ou en juillet 1962 dans certains quartiers de la ville d'Oran. Et, fait encore plus regrettable, certains parmi ces derniers vivaient en bonne intelligence avec les musulmans, voire ont soit protégé des musulmans, soit aidé d'une manière ou d'une autre la révolution. Une autre partie du film aborde, mais sans le percer, le mystère de l'assassinat du chanteur constantinois d'origine juive Raymond Leyris qui a été tué d'une balle dans la tête à Constantine en 1961. J. P. Lledo est le premier réalisateur algérien à oser aborder des sujets qui fâchent parce qu'ils évoquent des aspects de la révolution qui sont occultés depuis l'indépendance. Le film, notamment concernant les événements de Skikda d'août 55 et d'Oran le 5 juillet 1962, n'hésite pas à parler, à travers les témoignages, de l'implication des responsables locaux (Zighoud Youcef pour le cas de Skikda) dans le terrible sort fait à la population d'origine européenne. Avant le début de la projection, J. P. Lledo a pris la parole pour faire un rappel du conflit qui l'oppose depuis près de trois semaines aux responsables de la manifestation culturelle Alger, capitale de la culture arabe représentant le ministère dirigé par Mme Khalida Toumi. La projection de samedi a été suivie d'un débat durant lequel le documentaire a été soumis à des critiques parfois assez sévères qui ont porté aussi bien sur le contenu que sur la manière avec laquelle a été mené le film. Ce que l'on peut retenir notamment des réactions de ceux qui ont vu le film, c'est que les autorités n'avaient pas à se substituer au public en recourant à la détestable pratique de la censure.

A. Ancer

  http://lledo2007.skyrock.com

«Ne restent dans l'oued que ses galets»
Sur les traces de l'absent
Par Yacine Idjer



Histoire n Une projection privée du long-métrage de Jean-Pierre Lledo a eu lieu, vendredi, à la maison d'édition Lambda, à Hydra.

Le film, un documentaire long de trois heures, s'ouvre d'emblée sur l'indépendance de l'Algérie. C'est aussi le départ précipité, l'exode massif des pied-noirs. Plus de quarante ans après, le réalisateur, Jean-Pierre Lledo, cherche à comprendre les raisons de cette rupture – une tragédie historique.
«Le film traite de la mémoire», a dit le réalisateur, avant de préciser : «je ne suis pas historien.» Et d'ajouter : «la question de la mémoire m'intéresse», car elle permet de dépister les vérités et, du coup, de comprendre, selon lui, les réalités du présent.
Le réalisateur met en scène trois personnages. Aziz, Katiba et Hamid reviennent sur leur passé. Ils évoquent avec nostalgie les lieux de leur enfance. Ils racontent leurs rapports de bon voisinage avec l'autre, le pied-noir, chrétien ou juif, d'origine française ou espagnole.
Ces trois personnages, à Skikda, à Alger ou à Constantine, vont d'une rencontre à l'autre, d'un témoignage à l'autre. Des personnes rencontrées évoquent les «bons rapports avec les pieds-noirs», et nombreux sont ceux qui, parmi eux, ont soutenu la cause algérienne. Ils se disaient Algériens.
Il se trouve, toutefois, que ces Français, chrétiens ou juifs, eux aussi Algériens, sont absents de la mémoire collective algérienne. D'où la question : pourquoi ?
Quant au quatrième personnage, Kheïredine, un jeune Oranais, il va, lui, à la rencontre de l'ancienne génération, de ces hommes et de ces femmes qui ont vécu en bon voisinage avec les pieds-noirs. Tous disent qu'il existait, malgré le conflit armé, une entente entre musulmans, chrétiens et juifs, entre algériens et européens (espagnols).
«On vivait bien ensemble, on était heureux», dit un témoin. «On a pleuré leur départ», dit un autre. Mais tous s'accordent à dire que «l'OAS a rompu les liens entre algériens et pieds-noirs. «Cela revient à dire que si la France n'avait pas joué l'ultime carte, celle de l'OAS, les pieds-noirs seraient restés en Algérie et seraient devenus algériens», ont-ils dit. L'histoire aurait alors pris une autre tournure et il y aurait eu moins de déchirements. Les témoignages recueillis, çà et là, font état d'une cohabitation entre les trois communautés. Ce n'était certes pas une cohésion sociale, mais une coexistence humaine.
En dépit des inégalités sociales, chacune des communautés a pu transcender les préjugés ethniques, les différences religieuses et les clivages culturels.
Info Soir
Yacine Idjer

INTERDIT DE DIFFUSION, LLEDO LE PROJETTE QUAND MÊME, L'Expression, 2 juillet 07
INTERDIT DE DIFFUSION, LLEDO LE PROJETTE QUAND MÊME

Et la polémique est lancée...

Malgré le mauvais sort qui lui est jeté, le film Ne restent dans l'oued que ses galets a été finalement projeté en cercle fermé, samedi dernier, à Alger.

En présence de Mohamed Harbi et quelques privilégiés curieux, le film qui fait près de 3 heures, a soulevé autant de questions qu'il a suscité un vif débat au sein du public. Quoi penser? L'auteur de ce film, entamé en 2005, dit d'emblée ne pas avoir voulu recourir aux images d'archives qui peuvent prêter à manipulation. Or, ces dernières n'apparaissent qu'au début. Il s'agit des Français, juifs ou pieds-noirs que Lledo pose, d'emblée, comme des victimes. La caméra suit quatre personnages algériens sur la trace de la «vraie vérité». Mais ce qui compte pour Lledo est non pas l'histoire avec un grand H, mais les histoires...personnelles. Les vérifier, dit-il, par souci de mémoire. Ne restent dans l'oued que ses galets étant la dernière partie qui clôt une sorte de trilogie d'exil, qui a pour unité temporelle, l'Histoire coloniale algéro-française, pour approche, la fraternité et pour sujet principal, la mémoire et l'identité. Jean-Pierre Lledo suit ses quatre alter ego, en quête de leur enfance ou jeunesse durant les années de guerre qui furent aussi les dernières décennies de la colonisation française...Aziz Mouats, à Skikda, se demande pourquoi 23 membres de sa famille furent tués à l'époque, où son oncle, chef d'un groupe, veillait sur les colons voisins...Il est aussi décrit, dans ce portrait, la manière sauvage dont on assassinait les Français, femmes et enfants.
Cela rappelle un peu les actes barbares du terrorisme...Fille de Bab El Oued, Katiba Hocine anime une émission radiophonique sur l'histoire coloniale de l'Algérie et revient sur les lieux de son enfance. Elle est mal accueillie, et confondue avec une gaouria. L'ex-directeur de l'Oref, Hamid Bouhrour, retourne avec son petit-fils à Constantine et soulève la polémique autour de l'assassinat de cheikh Raymond.
Enfin, à Oran, le jeune metteur en scène qui s'apprêtait à adapter Les justes d'Albert Camus, Kheïreddine Lardjam, n'a qu'une idée en tête: confirmer les dires de sa cousine, selon lesquelles au moment des liesses du 5 juillet 1962, à Oran, on a tué des centaines de Français pour se venger.
Des vérités que d'aucuns savent mais que tout le monde nie car n'ayant rien vu ni entendu. Tchtitchi, de son nom de jeune premier de l'époque, est aujourd'hui un vieux sur une chaise roulante. Il se remémore ses souvenirs et pleure le bon vieux temps où il allait danser et chanter avec ses copains espagnols...«a-t-on le droit de tuer n'importe qui, au faciès, c'est la problématique de mon film qui porte essentiellement sur l'autre». Idéaliste et par-dessus tout humaniste, Lledo, cela justifie-t-il le fait de harceler une Louisa Ighil-Ahriz pour savoir pourquoi tuait-on des civils innocents, devant une katiba confuse? Louisa, n'est-elle pas non plus une victime innocente de cette bêtise humaine qu'on appelle «la guerre»? Lledo part du constat qu'il y eut échec de la logique coloniale qui a visé le fossé, selon lui. Aussi, lors du débat, s'agissant des nationalistes, Lledo qualifie leur acte d'ethnocide.
«Le personnage principal est mon alter ego, impliqué personnellement dans l'Histoire évoquée, et donc sachant écouter d'une oreille active, non complaisante, comme un homme qui cherche à comprendre plus qu'à juger, et dont la démarche est plus une quête qu'une enquête...», explique dans le dossier de presse, Lledo. Je considère que l'Algérie s'est fait déposséder d'une richesse extraordinaire: le mélange des origines et des civilisations...et je vis cela comme un drame personnel. La colonisation n'était certes pas la forme idéale pour que s'effectue ce mélange, mais l'idéal n'est pas une catégorie de l'Histoire réelle.
De tout temps et presque partout, le mélange s'est fait par la guerre, la conquête, les migrations de la pauvreté et du désespoir. Les 4 couples du film, d'une certaine manière, transforment l'échec de l'Histoire, en son contraire. Ils démontreront, en tout cas, que l'Histoire aurait pu se faire autrement. Et de renchérir: «J'aimerais que le film fonctionne comme une tragédie shakespearienne. Plus on se rapproche les uns des autres et plus le sang coule et plus le sang coule, plus on se rapproche...»
Cependant, au-delà des idéaux pacifistes incontestés de l'intellectuel Lledo qui «rêve» de paix, de mélange et de fraternité, reste le sentiment de gêne, de culpabilité et d'ambiguïté qui plane sur ce film en étant aussi palpable que le sang sous-entendu.
Et comme toute vérité n'est pas bonne à dire, selon le vieil adage, et d'autant plus vrai pour les «officiels», il ne serait pas étonnant que Ne restent dans l'oued que ses galets soit, effectivement, cette fois, censuré. Or, toutes les guerres sont sales par essence! D'où la volonté du réalisateur d'inscrire ce film dans l'universel et sortir de la dimension algéro-algérienne, ou algéro-française...Mais 43 ans après l'indépendance, sommes-nous prêts réellement à tout entendre? La réponse serait-elle seulement dans le camp de «Alger, capitale de la culture arabe?». Et l'avis des autres Algériens alors? *
L' Expression
O. Hind
________________________________________

Lledo accuse les dirigeants de la révolution d'exterminer les civils européens.Ech Chourouq,1-7-07

Ceci est une traduction littérale d'un article d'un quotidien arabophone à grand tirage, Ech Chourouk, connu pour cultiver le sensationnel, et amalgamer antisionisme et antisémitisme.
Cet article est un tissu de mensonges, du début à la fin.
Je l'ai dit à cette journaliste, Zahia Mancer, lors de la conférence de prese que j'ai tenue devant plus d'une dizaine de journalistes, à Alger le 3 Juillet 07.
La « Villa » d'Hydra est une jeune Maison d'édition qui nous a courageusement accueilli pour 3 projections non « secrètes » mais « privées » où notamment tous les journaux sans exception étaient invités.
Public : il y avait peut être des spectateurs affiliés à des partis, mais ce sont des individus qui étaient invités. Quant aux « Pieds-noirs », il y en avait 2 : la sœur d'Henri Maillot, communiste, tué dans les maquis par l'armée française en 1956, et un compagnon de Fernand Yveton, communiste, guillotiné en1957 à Alger. Mais la journaliste a reconnu ignorer l'identité de ces 2 partisans de l'indépendance algérienne.
Contenu du film : personne ne parle d'Amirouche dans le film !!! (pour Skikda Aout 55, c'est Zighout Youcef, responsable de l'opération qui est cité)
Pour le reste, la journaliste est libre de ses opinions, bien que peu étayées, et pour Toronto, chacun aura rectifié. Jean-Pierre Lledo

lledo2007 4 REACTIONS de JOURNALISTES ALGERIENS, après PROJECTIONS PRIVEES

claude, Posté le jeudi 12 juillet 2007 10:19

Il était temps que les consciences algériennes s'éveillent. Ne reste dans l'oued que ses galets est attendu en France par un peuple en exil : les Pieds noirs.
Voici quelques extraits de mon site Pieds noirs : comme les derniers des mohicans http://perso.orange.fr/pnmohican/index.htm
Nous étions un peuple conscient de nos différences, mais, partageant tant de points communs chargés d'histoire.
La guerre d'Algérie a été pour tous un déchirement, un drame.
La quête de la liberté est louable, c'est la manière d'y parvenir qui est blâmable.
Un système a remplacé un autre système aussi arbitraire, aussi, injuste lun que lautre.
Jai vécu toute mon enfance dans ce quartier de lextrême banlieue dORAN.
Sa population était constituée essentiellement douvriers dorigine espagnole et quelques rares métropolitains employés par le dépôt de la C F A qui fût baptisé après 1958 SNCFA.
Une tribu de Gitans vivait à la cantera (ancienne carrière).
Nous avions de très bonnes relations de voisinages et même damitiés avec les musulmans citadins.
Lorsque nos parents ou nous mêmes parlions deux, cétait sans aucune distinction, Monsieur Benamou le cordonnier, ou Ben abbou le cycliste, Mohamed le maçon, Ali le marocain espagnol, afin, de le distinguer des autres Ali ou Mohamed, puis Ben Krouf mon ami denfance, cela, avec la même considération que nous avions pour désigner, « José el valenciano, ou Miguel le réfugié espagnol ».

Mémoires Pieds noirs - Devoirs de mémoires - réconciliation des mémoires. fraternité tout simplement :

Un proverbe arabe dit : on peut s'échiner à détourner une rivière de son lit, mais sitôt les grandes pluies, elle le reprendra malgré la volonté des hommes..... donc vivement les grandes pluies!!!!!!. Abdelkrim.

Nous sommes nombreux sur le deux rives de la Méditerranée à souhaiter ce moment là.

Mes racines sont en Algérie, mon coeur est en France, mon esprit est comme un arc en ciel au dessus de la méditerranée.CG.

NOTRE ALGERIE
"J'ai aimé avec passion cette terre où je suis né. J'y ai puisé tout ce que je suis et je n'ai jamais séparé dans mon amitié aucun des hommes qui y vivent, de quelques races qu'ils soient. Bien que j'ai connu et partagé les misères qui ne lui manquent pas, elle est restée pour moi la terre du bonheur, de l'énergie et de la création."...... Albert CAMUS

Mon oncle R…a mené sa vie de militant communiste avec ses frères musulmans jusquau renoncement de sa liberté pour une cause quil croyait juste, celle de lAlgérie indépendante.

Un pays libre, juste et fraternel, dans lequel tous les enfants de ce pays quils soient musulmans, chrétiens, ou, juifs, auraient leurs places.

Il a été arrêté pour subversion, et condamnait à cinq ans dinterdiction de séjour, cela ne la pas empêché de rester à Oran, où, il a été caché par la famille jusquà lindépendance de lAlgérie.

Après le 5 juillet 1962, Il est resté en Algérie avec sa fille aînée Olga, jusquà la prise de pouvoir par Boumediene. A ce moment là, ses propres camarades, ses frères musulmans, lui ont dit :

- Maintenant, il faut que tu partes, tu nas plus rien à faire ici.

Lui qui espérait faire revenir au pays toute sa famille, nous y compris, a du être très déçu, mais je reste persuadé, que malgré cela, sa conviction, ses idéaux sont restés toujours intactes.

J'espère que l'oued recoulera et rendra fertile ce pays que nous avons tant aimé. claude

[ Ajouter un commentaire ] [ Fermer cette fenêtre ]
 

Correspondances d'amis algériens

A : claude

Sujet : RE : Réf. : fraternité et solidarité toujours et à jamais
Très cher Claude

C'est avec un réel plaisir que j'ai lu ton dernier courriel, et je te confirme les propos de ton entourage, effectivement, nombreux sont les natifs d'algerie qui suite a une traîtrise historique ont du quitter leurs terres, leurs modestes travails et leurs maisons, reviennent pour la mémoire et atténuer un tant soit peu la nostalgie pour ne pas dire amertume naît de cette cruelle séparation.
Moi, je suis pour qu' ils prennent conscience de leurs droits à la citoyenneté algérienne et qu' ils la réclament  (suppression des visas ,droits  sociaux, liberté de commerce et d' installation, droit de propriété ect...).
Pour cela,il faudra,impérativement faire faire aux gens la distinction entre colons exploiteurs,et citoyens ordinaires que les contingences de la vie ont fait algériens, comme d' autres français ou arméniens.
"   CE SONT LES RACINES DE L' ARBRE QUI DETERMINENT L'ORIGINE DU FRUIT"
Et toi ainsi que NOS autres compatriotes vos racines,sont içi, dans les terres de yughurta,massinissa,la kahina,et saint augustin, c'est ça la vérité!!!!!!!!!!!!!!!
Les algériens ici, ne nourrissent aucune animosité envers leurs compatriotes que le sort et la lâcheté des hommes a éloigné ,
mais un certain discours haineux  provenant surtout de la faune orientaliste algérienne,tente de faire l'amalgame entre européen originaire d'algerie et OAS,.
C'EST CELA  QU'IL FAUT COMBATTRE.
Et le meilleur moyen c'est de multiplier les contacts avec les compatriotes résidents en Algérie,organiser des conférences historiques,des visites,des rencontres télévisuelles,informer le maximum de gens que ce n'est pas tous les européens d' origine algérienne qui étaient OAS mais juste une MINORITE QUI NE VOULAIT PAS PERDRE SES PREVILEGES !!!!!!!!!!!!!!!!!!.
Dieu reconnaîtra les siens!
cher Claude,pourquoi attendre,jusqu'a l'année prochaine,viens vite,tu as ton frère abdelkrim qui t' attend,j'ai mis la hrira et le scabetch sur le feux,et je ne te souhaite pas la bienvenue car tu ne feras que rentrer chez toi.
Bises pour toute la famille.
fraternellement Abdelkrim


 cher claude.
je ne peux être qu'en faute de n'avoir pas pu répondre promptement a ton dernier message,mais sache,que pas un instant je n'ais cesse de me faire le reproche de cette indélicatesse,mais je te pris de croire,qu'içi il faut se battre continuellement,et sur tout les fronts pour s'assurer une vie décente,la vie étant extrêmement chère sur le plan figure,et tellement quelconque sur le plan objectif,que cela fait oublier même la raison de l'existence !!!!!.
Néanmoins, mes pensées ont été permanentes pour toi,ta famille,et particulièrement notre amitié,qui transcende autant les vicissitudes du passé, que les hypocritismes du présent.
cher Claude,ton combat qui est mien est juste,donc il faut puiser dans la force de sa justesse,le courage et la persévérance,qui un jour,et inéluctablement ,sera couronnée,par le diadème flamboyant de la vérité!!!!!!!!.
le message de "la croix du sud"reflète fidèlement l'etat d'esprit des algériens vis a vis de leurs compatriotes exiles ,la qualité de leurs accueils par les algériens,l'émotion qui entoure les retrouvailles n'ont besoin d'aucun commentaire,ni justification,a part la force et la qualité du lien ombilical qui relie tout le monde a cette bonne terre d'algerie .
Personne n'ignore ici,en algerie que toute la nomenklature algérienne entretient des liens permanents avec la société française,la majorité a des intérêts économiques en hexagone,et ils jouissent de la nationalité française eux, ainsi que leurs familles qui y résident
pourquoi refusent-ils au "petit peuple"ce que eux réclament,et en profitent,en catimini!!!!!!!!!!!!!
les visites des algériens d'origines européennes (je n'aime pas le terme pieds noirs),doivent se renouveler sans cesse,car je suis sure que cela créera le déclic,qui fera q'un jour les liens se retisseront pour un retour de ces derniers dans leur terre natale.
pourquoi des centaines de milliers d'algériens de souche retournent a la nationalité française,et si les algériens d'origines européennes,créaient un mouvement inverse,par un dépôt massif de demande de nationalité algérienne (en gardant la nationalité française).(il faut y réfléchir)
Cette nomenklature nourrie par ailleurs,et dans les tribunes officielles un discours haineux et xénophobe,fermé a tout universalisme pronant faussement et hypocritement le rejet de tout ce qui est francais,alors qu'eux memes tètent le sein de la république de napoléon. quelle honte,et quelle fourberie!!!!!!!!!!!!!!!
cher claude,si tu me marque ton accord,l'essai que je suis en train de finalise sera publie sur la toile et sur ton site sous la forme de chapitre,cela sera ma modeste contribution pour la cause, notre cause !
cher claude je n'oublie pas de te souhaite de bonne vacances,a toi ainsi qu'a toute ta famille,profitez bien et faites attention a vous,car notre marche est longue!
je vous embrasse tous.
 

A : claude.garcia-pap@wanadoo.fr

Sujet : Bonjour

    Bonjour,

Je suis algérien, habitant d’Alger, je suis tombé un peu par hasard sur votre site, j’ai vu que vous êtes d’Algérie et j’ai eu tout simplement un pincement au cœur.
 Vous êtes mes frères, pour moi tous ceux qui sont nés en Algérie sont mes frères, j’ai toujours eux ce point de vue, et ça ne changera pas.
 Depuis quelques années je vois beaucoup de pieds noirs revenir en Algérie, et il faut dire qu’ils sont magnifiquement reçus par la population, je sais que quitter son pays est difficile, dans cette histoire tout le monde a pris sa part de souffrance.
 Je voulais juste dire que j’aime mon pays, mais que je dois reconnaitre que les représailles qui ont été faites par des pseudos Algériens du FLN après les accords d’EVIAN sont scandaleuses, les pieds noirs sont des Algériens et ils auraient dû rester.
 Musulmans, juifs ou chrétiens on est tous des enfants d’Algérie, d'ailleurs je pense que le peuple Algérien à tout compris, c’est pour cela que les retrouvailles avec les pieds noirs sont chaleureuses, peu importe les politiques qui se déchirent, le présent et l’avenir et dans nos mains.
 Sachez que si un jour vous viendrez en Algérie, je me ferai un énorme plaisir de vous faire visiter ma ville, Alger la blanche.
 A vous lire.
 L e soleil est toujours roi dans l’algérois.
 Fraternellement RYAD.

A : claude.garcia-pap@wanadoo.fr

Sujet : Salam
 
  Avant toute chose, je vous remercie de m’avoir répondu.
 Entre nous il n ya jamais eu de problèmes, les problèmes se constituent au niveau des politiques, et personnellement cela ne m’intéresse pas, je sais qui sont les enfants de mon pays.
 Je ne sais pas pourquoi ils cherchent à nous séparer, mais je sais aussi qu’ils ne pourront jamais le faire, le lien qui nous unit est d’une solidité extraordinaire, c’est l’amour de l’Algérie, alors ils peuvent faire ce qu’ils veulent, c’est une cause perdue d’avance.
 Je vais vous envoyer deux chansons, la première est de Maurice El MEDIONI, un juif d’Oran, c’est un mélange  d’arabe et de français, tout un symbole, je la trouve magnifique, quant à la deuxième elle est de Kamel MESSAOUDI, un enfant d’Alger, malheureusement décédé, elle est intitulée « Noudjoum ellil » ce qui veut dire « Les étoiles de la nuit » en français.
 Je ne sais pas si vous comprenez un peu l’arabe, car c’est une chanson à texte, elle parle d’un homme déraciné qui a quitté son pays, qui a quitté l'algérie, mais qu’il ne l’a jamais oublié, je la trouve très touchante.
 La deuxième chanson, je vous l’envoie dans un second mail, et dites moi ce que vous en pensez.
 A vous lire.
 Mes amitiés, enfant de mon pays.
 RYAD, d’Alger.

 

Retour page d' accueil