Regards d'hier et d' aujourd'hui en Algérie
« Algérie, histoires à ne pas
dire »
à
lettre fermée de Brahim Senouci.
Jean-Pierre Lledo,
Paris, le 10 Avril 08
Une longue tournée de présentation
du film dans le Sud de la France m’a empêché de te répondre plus tôt.
Désolé.
Brahim, tu es donc allé au Cinéma
Reflet Médicis non pour voir mon film, pour te faire une opinion par ta propre
vision, tes propres sensations, mais « pour être
éclairé par le débat qui devait suivre la projection » ? Il
est triste pour un cinéaste de lire une chose pareille. Surtout quand juste
après, tu nous dis ton refus de participer à ce débat pourtant attendu. Que dire
alors de la raison avouée dans la Tribune même de la Ligue des Droits de
l’Homme ! Les « visages basanés » n’étant pas nombreux dans
la salle, ceci eut pour effet de « raviver mon inquiétude », dis-tu.
Est-ce je rêve ? Surtout venant d’un mascaréen à la peau laiteuse. Non,
malheureusement : le reste va nous le montrer.
Et comme tu n’es pas resté au débat,
souffres quand même que je « t’éclaire » de mes quelques petites
lanternes.
Tu dis être parti juste après le
film, mais à te lire je me suis demandé si tu avais vraiment vu, entendu le
film ? En voici 3 exemples :
·
« Diatribe d’Aziz, contre l’Algérie, l’indépendance, le 5
Juillet » ? Aziz dit autre chose ! « Qu’ils se la gardent
leur indépendance, leur 5 juillet, etc… ». Il ne s’en prend donc pas à
l’indépendance, mais à « leur » indépendance, celle des tenants du
système. Nierais-tu qu’il y a autant d’indépendances que de statuts sociaux,
l’écart entre les petits revenus et les grandes richesses étant sans doute
aujourd’hui encore plus grand qu’avant 62 ? Et Aziz qui a perdu 23 hommes
de sa famille, n’a-t-il pas une certaine légitimité à le crier ? Les
Algériens musulmans lorsqu’ils rejettent les islamistes, ne disent-ils pas
aujourd’hui : « On ne veut pas de leur Islam » ?
·
« D’un revers de caméra (j’aurais) rayé tous les Algériens qui
ne savent pas chanter en espagnol, ou danser le boléro » !!! Tu n’as
donc pas vu dans la 1ère partie (Skikda) la famille des Mouats
et celle des Khazri ? Dans la 2ème partie algéroise, Katiba et
Louiza Ighilahriz la maquisarde, le jeune de Bab el Oued, un des personnages le
plus évoqué dans les débats ? Dans la 3ème partie, tous ces
vieux qui forment le socle constantinois, à commencer par le musicien Cheïkh Darsouni, qui évoquant un mariage juif à M’sila nous dit ce que fut son
étonnement en arrivant dans cette famille : « c’étaient des Juifs ou
des Arabes ?! ». Ou alors tous ces jeunes qui n’ont jamais connu de
Juifs, puisque nés après 62, mais qui ne jurent que par Raymond ? Est-ce
donc moi ou toi qui d’un coup de stylo, te permets de rayer 3 parties d’un film
qui en a 4 ? !
Mais ne les rayes-tu pas parce qu’aveuglé par un
préjugé que tu exprimes clairement : « les Algériens musulmans qui ont
approché les non-musulmans (étaient) extrêmement rares » ? Mais c’est
archi-faux ! Que ce soit dans les villes ou les villages de campagne. Tu
peux vérifier cela, puisque la presse algérienne se tait, en allant sur le net
qui heureusement échappe aux Etats, dans ces centaines de sites de villes,
villages, d’écoles, de lycées, qui relatent notamment les retours de milliers de
Pieds Noirs et de Juifs dans tous les endroits d’Algérie.
· « Quasi absence de
référence à la colonisation ». T’es-tu aperçu que mon film n’était que
l’histoire de 4 individus, et non un film d’historien sur la colonisation ?
Et qu’au travers de ces 4 histoires, chaque spectateur, peut s’il n’est pas de
mauvaise foi, reconstituer un tableau complexe d’une époque qui ne peut
assurément pas se résumer, pas plus à ses « aspects négatifs » qu’aux
« positifs ». La directrice de Bab el Oued ne voulait pas d’Arabes
dans son école, mais l’instit Mme Dahan a quand même inscrit Katiba ! (et
si tu n’avais pas boycotté ce débat, tu aurais pu voir ce visage basané de juive
algéroise dire son bonheur que Katiba ait gardé la mémoire de sa mère… Et elle
l’a aussitôt contactée !)
Cette cécité et surdité, qui
t’empêchent de voir et d’entendre ce que le film montre et dit vraiment, et te
font écrire ce que toi tu en as retenu, prennent racine à mon avis dans ton
incapacité à concevoir qu’un système inégalitaire, même de type colonial, donc
fondé sur le racisme, n’empêche ni les contestations, ni les solidarités, ni les
membres de chaque communauté à pratiquer des relations de bon voisinage - voire
plus - fondées sur la stricte égalité. Ni mon film « Un Rêve
algérien », ni celui-là, ne t’ont donc fait comprendre que les femmes, les
hommes et les enfants ne sont pas des robots formatés par « la règle
d’airain » des systèmes, et qu’ils peuvent transgresser les barrières
communautaires, même les plus hautes, celles de la religion ? Serais-tu le
dernier adepte de cet affligeant déterminisme, qui au vécu des simples gens, n’a
à opposer… que des chiffres ? Pour te guérir de cela, je te conseillerai
juste d’interroger par ex. la maquisarde du film, Louisa Ighilahriz. Elle
t’expliquera que dans l’immeuble de la Casbah que possédait son père, sa famille
et les locataires, Juifs et Pieds-noirs formaient une grande famille !
Notre « société a été abrutie
par 132 ans de colonisation… » dis-tu. Si cela était vrai, faudrait que tu
expliques comment ont pu apparaître les artistes, intellectuels et dirigeants
politiques des générations qui nous ont précédé et qui ont mené le mouvement de
contestation à la colonisation. Mais si je te comprends bien, tu me reproches en
fait de n’avoir pas offert le spectacle de cet abrutissement. Désolé ! Mais
qu’y puis-je si mes personnages, qu’ils aient été militants indépendantistes ou
non, ont résisté à cet abrutissement ? Et ont même profité du commerce avec
des communautés un peu moins rigides, côté religieux, pour s’émanciper plus que
« le système » l’aurait désiré ? Ou profité encore d’un
pluralisme politique (partis, journaux, meetings, manifestations) qui leur a
même donné l’impression d’être plus citoyens qu’après l’indépendance, lorsque le
régime de parti unique, continuant à bourrer les urnes, a privé toute une
société du pouvoir de se penser de façon autonome et de disposer
d’elle-même ?
Ceci dit, comment as-tu pu voir dans
mon film la description d’un « paradis perdu » ? ! Bien au
contraire, et c’est pour cela que j’ai l’impression que tu ne l’as pas vu, mon
film montre comment les appareils, coloniaux et nationalistes, vont s’employer à
creuser des « fossés communautaires » selon l’expression en vogue chez
les uns et les autres. Et ils y arriveront malheureusement, à peu près de la
même manière : en faisant couler le sang, sur des critères raciaux,
indifféremment des opinions.
Les parachutistes font disparaitre
tous les Arabes de la mechta qui avaient pourtant protégé les agriculteurs
européens, au faciès. Et les nationalistes s’en prennent à ceux qui auraient pu
être leurs alliés, au faciès.
C’est cela que tu appelles un
paradis perdu ? !
N’es-tu pas en fait tout simplement
victime de la tournure d’esprit de tous les propagandistes – y compris ceux des
« bonnes causes » - qui ne peuvent percevoir la réalité qu’au travers
des simplifications, des caricatures et des généralisations ? Tu ne peux
imaginer un Pied Noir ou un Juif, que riche, impoli, malveillant, raciste, etc…
Et naturellement en face, l’Arabe, pauvre, vertueux, tolérant, sera donc
légitimé par avance quoi qu’il fasse et dise : il ne sera jamais qu’en
train de se libérer. Sartre en son temps était plus direct. Quand un Arabe tue
un Pied Noir, disait-il en substance, il fait d’une pierre deux coups : un
oppresseur disparaît et se libère un opprimé. (Préface aux « Damnés de la
Terre » - Fanon). Consternant.
Mais venons-en à tes autres
reproches principaux.
Je n’aurais évoqué que les exactions
de l’ALN ? C’est faux ! Par exemple, le 1er épisode de
Skikda commence, avec Aziz et ses cousins, par la description détaillée de la
répression parachutiste.
Dans la 2ème partie,
Katiba nous mène dans la Casbah à la Rue de Thèbes, là où des bombes des
services secrets français ont causé la mort à plus de 70 personnes.
Et dans la dernière, Oran,
contrairement à ce que tu dis, 3 habitants de la Marine évoquent l’OAS. L’un,
ex-chef scout, dit « elle a tué plus qu’il n’en faut ». L’autre
précise que les commandos OAS et FLN, venaient toujours d’autres quartiers.
Quant au 3ème, un fidaï
(commando) évoquant cette guerre OAS-FLN, dit : « c’était eux ou
nous ». Etais-tu sorti pour une clope à ces moments ?
De plus, il est assez malhonnête de
me reprocher d’avoir « fait silence sur la terrible répression »,
de 55, de la guerre, de 45, ou de la conquête, alors que tel n’est pas le sujet
du film !
Ta cécité dogmatique t’aurait-elle
empêché de comprendre que que je racontais des histoires, surgissant des
mémoires de 4 individus, inscrites dans le temps des 7 années qu’a duré la
guerre, et non l’Histoire ?
Ceci dit, apprendre dès le début du
film que dans la mechta du 1er personnage de Skikda, les paras ont
pris sans jamais les rendre 23 personnes, soit tous les hommes adultes à partir
de 15 ans, n’est-il pas suffisant pour donner idée de l’ampleur d’une
répression, à un spectateur moyennement voyant et entendant ?
Cette ampleur a-t-elle atteint le
chiffre canonique, toujours rond de 12 000 morts en 1955, 45 000 morts
en 1945, ou 1 million 500 000 morts pour toute la guerre, de 54 à 62, comme on
l’apprend dans les écoles algériennes et comme tu le répètes ? Tous les
historiens libres de s’exprimer savent qu’il n’en n’est rien.
Aussi Brahim, plutôt que de
reprendre les chiffres officiels, ne crois-tu pas que l’esprit critique citoyen
devrait plutôt s’étonner que l’Etat algérien n’ait pas profité des multiples
recensements depuis l’indépendance pour faire un décompte plus proche de la
vérité ? Chaque famille est quand même en mesure de dire au moins si le
père ou la mère, le grand-père ou la grand-mère a été tué ou est mort de mort
naturelle, non ?
Ton refus de prendre en compte le
film tel qu’il est et pour ce qu’il est, te permet donc de m’intenter une série
de Procès - atteintes aux « constantes nationales » comme on dit chez
nous - qui en des temps pas si reculés auraient mené à une mort certaine.
« Non seulement tu ne
manifestes pas de compassion pour les souffrances de ton peuple, mais encore tu
le mets en accusation pour son refus de l’Autre, du juif et du chrétien »,
me fais-tu dire.
Si je sais bien lire, Brahim,
« ton peuple » ce ne seraient que les Musulmans ? Le Juif et le
Chrétien, c’est « l’Autre », n’est-ce pas ? Je croyais savoir que
telle n’est pas ta pensée. C’est pourtant ce que tu dis. Sans doute, un lapsus,
mais qui en dit long sur cette idéologie dominante du mouvement national,
devenue celle officielle de l’Etat indépendant, le nationalisme, et dont à ton
corps défendant tu en es encore la victime.
Tu ne peux t’empêcher d’identifier
le courant nationaliste à l’ensemble des Musulmans, et ceux-ci à l’Algérie,
comme d’identifier les Juifs et les Chrétiens au système colonial. Normal,
puisque selon toi, ils bénéficiaient « de privilèges
exorbitants » !
As-tu conscience qu’ainsi tu ne fais
que répéter un des stéréotypes les plus éculés du nationalisme ? Un
stéréotype qui a cependant fondé le combat nationaliste, et qui a fait de
l’Autre un ennemi, ce qui explique l’ordre de tuer le « gaouri » ou le
« Ihoudi » au facies, à toutes les étapes de la guerre, avec le
couteau, la hache, le révolver ou la bombe.
Tu attribues à l’OAS la
responsabilité de l’épuration ethnique, et pour le prouver tu lui prêtes la
paternité du fameux slogan « La valise ou le cercueil ». (Tu ignores
sans doute qu’il fut celui du premier parti nationaliste, le PPA, dès les années
40 !).
Là encore, j’ai l’impression que tu
te trouvais en dehors de la salle au moment de la séquence d’El Alia.
Contrairement à ce que tu affirmes, le fidaï nous y explique qu’il n’a pas tué
de façon « aveugle » ou « barbare », comme tu m’accuses de
l’avoir suggéré, mais au nom d’une pensée explicitée par ses chefs : « Chez
les Français, ce sont les femmes qui commandent et quand elles verront qu’ici on
a tué des femmes et des enfants, elles diront à leurs maris, partout en Algérie,
allez on s’en va en France ».
Après une telle révélation, et les
repérages puis le tournage m’en firent découvrir bien d’autres, que peut-on
conclure sinon que les FLN-ALN-GPRA n’ont pas mené la guerre avec le seul
objectif, proclamé, de mettre fin au système colonial, mais aussi avec celui,
inavoué en public, de pousser les populations non-musulmanes à quitter
l’Algérie ?
Tu peux te référer à notre dossier
de presse pour y lire les nombreuses déclarations, après 1962, de dirigeants
nationalistes qui vont toutes dans ce sens, de Ben Tobbal à Réda Malek, en
passant par Ben Khedda. Et dans le site du film (http://algeriehistoiresanepasdire.com/)
tu pourras voir le débat avec notre historien Mohamed Harbi qui dit clairement,
et me semble-t-il pour la 1ère fois, qu’il y avait « des
dirigeants nationalistes partisans du nettoyage ethnique ».
Cette pensée ethnique, que l’on
pourrait ainsi résumer : « l’Algérie a été arabo-musulmane, avant la
colonisation, elle doit le redevenir après », a, comme tu ne devrais pas
l’ignorer, a trouvé sa pleine expression juridique avec le Code de la
Nationalité, adopté dès que le nouvel Etat s’est constitué, c'est-à-dire à une
époque où il n’y a plus d’OAS, et quasiment plus de non-musulmans en Algérie. Et
que dit ce Code ? Pour être Algérien (automatiquement), faut être
musulman !
Jusqu’à ce jour d’ailleurs, porter
un patronyme non arabe ne fait si peu « algérien », que toi-même
ressens le besoin de sur-souligner (des fois que…) : « Tous les Algériens,
et l’Algérien que tu es… », !
Est-ce à dire que le nationalisme
porte, seul, la responsabilité de ce gâchis humain qu’ont été la colonisation
puis la décolonisation ? Ne me fais pas dire ce que je ne dis jamais !
Avec « Un Rêve algérien », j’ai déjà mis en valeur la responsabilité
coloniale. Et si je fais un jour un film dans la nébuleuse OAS, j’essaierais de
découvrir aussi leur part de responsabilité. Mais Brahim, là, je faisais un
film, en Algérie, au milieu de la seule communauté musulmane, au cas où ta
malvoyance idéologique t’aurait empêché de le remarquer… Ignorerais-tu que le
travail artistique est fondé sur la métonymie ?
Tu trouves « contestable, voire
haïssable » le rapport entre le nationalisme et l’islamisme. Tu n’es pas le
seul, je le reconnais. Et pourtant toi qui a fui l’islamisme, tu sais
parfaitement que les « terroristes », comme on les appelle aujourd’hui
en Algérie, ne sont pas venus du ciel ! Ils se réclament eux aussi du
Djihad et ils vont au combat avec le même appel « Fi Sabil
Illah » (« Pour la Cause de Dieu »). 19 femmes et hommes du culte
chrétien ces dernières années, mais hier, combien de Juifs et de
Chrétiens ont-ils été assassinés comme tels ? Les uns et les autres
n’ont-ils pas recouru aux mêmes exercices pratiques : viols, égorgements,
éventrations, émasculations, étêtements, bombes au milieu des civils, massacres
de familles… ? N’ont-ils pas eu la même prétention à détenir la Vérité, et
à vouloir l’imposer par le glaive ? N’ont-ils pas été totalitaires, dans
l’action et dans la pensée ? La différence, la pensée autre, n’ont-elles
pas été passibles que d’un seul traitement : l’interdit et l’élimination
physique ? N’ont-ils pas les mêmes ennemis : l’Occident, la France, et
leurs habitants, les démocrates, les féministes, les socialistes et les
communistes, les intellectuels et les libres penseurs, les francophones et les
berbérophones, tout cela mis dans le même sac de « Hizb frança »
(« parti de la France »). Et bien que la liste soit déjà longue,
ajoutons aussi les laïcs, appelés « laïco-assimilationnistes » par le
chef du gouvernement du début des années 90, Bélaïd Abdeslem, vocable inventé
pour amalgamer à des anti-indépendantistes les anti-islamistes que toi et moi
sommes, à une époque où une telle stigmatisation appelait le meurtre. Au
fait, sais-tu que cet homme fort du pouvoir de l’époque de Boumedienne, fut
aussi ce dirigeant du FLN qui durant la guerre imposa aux étudiants algériens
d’ajouter le « M » de « musulman », au sigle de leur
organisation (UGEMA) ?
Dois-je te rappeler aussi le
brillantissime parcours de Mohammedi Saïd ? Soldat de l’armée nazie.
Officier supérieur de l’ALN et maître d’œuvre de l’assassinat de 300 femmes et
enfants (musulmans), en une seule nuit, coupables d’avoir eu des maris et pères
restés fidèles à Messali Hadj. Membre de l’Etat Major de l’ALN. Député de la
1ère Assemblée Nationale Constituante où il chercha à faire ajouter
l’épithète « islamique » au sigle RADP (République algérienne
démocratique et populaire). Ministre en 1962, et enfin en 1991, pour boucler la
boucle, député du FIS (mouvance qui a déclenché en 1992 une « lutte armée
de libération islamique », qui a déjà causé plus de 200 000 morts, et
dont on ne voit pas encore la fin).
Est-ce à dire pour autant que pour
moi, nationalisme = islamisme, ou que dans chaque camp tous pensaient de façon
identique ? C’est un raccourci dont je te laisse la paternité. Et la
généralisation, est pour moi une forme de racisme. Il y eut des nationalistes
éclairés et il y a des islamistes modérés (et nombre d’entre eux ont aussi été
étranglés, égorgés ou étêtés). Mais il faut avouer que les ressemblances sont
trop nombreuses, avec une même conséquence, l’exil, pour ne pas au moins
réfléchir à la question. Et j’aurais quand même préféré que ce soit ces
similitudes qui provoquent chez toi « un malaise », et non mon
film !
Ce malaise vient de ta crainte que
« les musulmans (soient vu comme) des barbares ». Mais disant cela,
t’aperçois-tu que tu identifies nationalisme et peuple algérien, musulmans et
islamisme, comme précédemment population non-musulmane et système colonial,
c.a.d que tu restes prisonnier de la pensée ethnico-religieuse du nationalisme ?
Ne pourrait-on pas enfin s’habituer à l’idée que l’on peut critiquer une
idéologie sans attenter à la dignité et aux croyances d’un peuple ?
N’est-ce pas cette difficulté à
penser la relation du nationalisme à l’islamisme qui, en Algérie fait désigner
« terrorisme islamiste » par le pudiquement correct « décennie
noire », que tu reprends à ton compte ? Cet embarras ne signale-t-il
pas le point aveugle, l’informulé de la pensée nationaliste ? Ne serait-il
pas temps d’y penser, toi et moi, qui sommes devenus ces nouveaux pieds-noirs
chassés à leur tour de leur pays ?! En attendant qu’historiens et
philosophes du bled arrachent au nationalisme l’indépendance de la pensée, et
s’attaquent à ce vaste chantier, ne crois-tu pas que nous, exilés de France
bénéficiant d’une plus grande liberté d’expression, avons un devoir particulier
de vigilance, surtout quand on voit ressurgir dans notre pays les vieux
démons ?
Nous avons signé récemment la même
pétition pour dénoncer le harcèlement quotidien de l’Eglise algérienne par les
autorités. Et saches que je signerai volontiers une pétition – s’il te venait
l’envie d’en lancer une - pour épingler notre Ministre de la Culture qui a
récemment annoncé dans un quotidien algérien qu’elle travaillait « avec
l’Espagne, à la déjudaïsation du patrimoine musical algérien » (le
patrimoine andalou est dans la foulée, lui aussi, « nationalisé »).
Rien de moins !
Venons-en à ta dernière grosse
objection : « Tu n’offres aucune grille de lecture à l’irruption de la
violence ».
Je pourrais te répondre tout
simplement que le cinéma que je pratique n’offre jamais aucune « grille de
lecture », car il est destiné à un spectateur supposé exercer son libre
jugement et capable de se construire sa propre opinion, mais je n’esquiverai
pas, car effectivement je pense que c’est précisément cette question de la
violence qui donne à ce film de mémoire, son actualité (malheureusement) et son
universalité.
Dans le film, je ne condamne
pas la violence, comme tu me le fais dire un peu malhonnêtement, mais je m’élève
contre la violence exercée sans limite, ce que Camus avait fait depuis
longtemps. De plus, je m’élève contre la violence exercée sur des bases
ethniques. La violence de l’armée française depuis la Conquête, dont ses
généraux n’ont fait aucun mystère, exercée collectivement et ethniquement,
autorisait-elle les « révolutionnaires » à agir pareillement ?
C’est la question que je pose dans le film à Louisa Ighilahriz. Pourquoi n’en
tiens-tu pas compte ? Pourquoi cette surdité à l’endroit de Fernand Iveton
(communiste) qui refuse de mettre une bombe dans son usine à l’heure programmée
pour tuer ses collègues ouvriers, démontrant qu’un simple soldat peut toujours
dire « non » aux ordres qui contredisent sa conscience, même lorsque
dans son cas, ce refus ne lui épargne pas le couperet de la guillotine.
Plutôt qu’un mauvais procès, n’aurait-il pas fallu
que tu t’interroges sur les 4 manifestations de violence ethnique que propose le
film ? En 55 on tue (au couteau) à Skikda pour « faire partir les
Français ». En 57, on vise (avec des bombes) « la population
étrangère ». En 61, en assassinant le musicien Raymond (au révolver), on
provoque le départ de toute sa communauté, juive. Et avec le massacre du 5
Juillet 62, le jour même de l’indépendance, on envoie un message clair à tous
les non-musulmans partis dans la précipitation : surtout ne revenez
plus !
Ce courant de pensée nationaliste ne fut sans doute
pas le seul, et Mohamed Harbi a raison de le rappeler dans notre site, mais
force est de reconnaître que c’est lui qui s’est imposé.
L’idée que tu donnes comme une évidence - la lutte
armée s’impose quand tous les moyens pacifiques ont été épuisés - n’est-elle pas
justement une idée à interroger ?
Plus d’un demi-siècle après, ne penses-tu pas qu’il
devrait être possible de le faire sans être considéré immédiatement comme
« un apologue du colonialisme » (dixit les nombreuses Voix de leurs
Maîtres) ?! Toi, tu préfères te raccrocher paresseusement à la justification
habituelle des créateurs du FLN. Mais tous les moyens pacifiques étaient-ils
vraiment épuisés ? Quand on examine l’histoire du mouvement national,
toutes tendances confondues, on constate plutôt que la lutte pacifique a permis
une croissance continue, surtout après les trucages d’élections de 1948 !
Et rien n’indique que cette courbe allait s’inverser ! Au contraire.
Le FLN n’aurait-il donc pas plutôt été créé - comme
l’ont dit aussi ses chefs - parce que le parti nationaliste radical d’où il est
issu, le MTLD, était en pleine crise politique ? Au lieu de sortir de cette
crise en élaborant une nouvelle pensée politique, de nouveaux concepts qui
tiennent compte de la complexité de la situation, une frange préféra tout
simplifier, tout abréger, en choisissant les armes. En politique, cela ne
s’appelle-t-il pas une « fuite en avant » ? Une fuite en avant
autoritaire, faut-il le préciser, car le FLN n’a pas attendu 1962, comme tu le
sais, pour devenir un parti unique totalitaire. Dès sa constitution, il somma
tous les autres partis de se dissoudre, et pour les y contraindre, n’hésita pas
à passer à l’acte ! (Tu évoques tranquillement le ralliement du « sage
et paisible Ferhat Abbas » ! Tu ignores sans doute le message qu’il
reçut du FLN le 20 Août 55, lorsque son neveu du même nom, Abbas, pharmacien à
Constantine et élu communiste, fut assassiné, ainsi sans doute que les autres
messages tout aussi « sages et paisibles » !).
Un groupe qui impose sa ligne, par les armes, à son
propre parti puis à tous les autres, enfin à toute la société, n’est-ce pas ce
que l’on peut appeler un putsch ? (Premier d’une longue suite,
car il est bien connu que lorsqu’on emprunte ce chemin, il n’y a plus de fin.
Quand sera le prochain ?).
Ne peut-on penser que la voie du putsch a été choisie
précisément par incapacité ou refus d’envisager qu’à cette époque, une solution
politique et humaine juste pose non pas un, mais 3 grands problèmes : mettre fin
au système colonial, mettre au point un système politique démocratique qui
tiennent compte de la diversité politique, mais aussi de la diversité
ethnique ?
Les dirigeants du FLN, de l’origine et de ce qu’il
deviendra durant la guerre, puis après, n’ont jamais vraiment envisagé que le
premier des problèmes. Avec deux terribles conséquences. D’abord, la dictature,
durant et après la guerre, avec la privation de liberté (Boudiaf, Ait Ahmed,
etc…) et l’élimination physique comme moyen naturel de régler les divergences (Abane Ramdane, Krim Belkacem, Khider, Mecili, etc…)? Ensuite, une conduite de
la guerre sur une base ethnique, avec l’objectif clair, sinon avoué, de
provoquer le départ des minorités ethniques avant même
l’indépendance ?
Plutôt donc que de reprendre, sans critique, la
version officielle de l’histoire du mouvement de libération, ne peut-on se
demander si au contraire le choix de la lutte armée, loin d’être la seule voie,
n’a pas été celle suicidaire de la destruction tout à la fois des élites
politiques qui avaient mis plus de 30 ans pour se constituer, du pluralisme
politique, et de la coexistence multiethnique ? On ne peut certes refaire
l’histoire, mais peut-on être fier de cette issue ?
Mise à mort d’une expérience de métissage qui
généralement est plutôt source de progrès car elle induit le pluralisme et la
démocratie, destruction des élites politiques et intellectuelles, militarisation
et lobotomisation de la société, gouvernance autoritaire, incompétence des
gestionnaires d’Etat n’ayant à répondre qu’à leurs supérieurs, corruption
généralisée, absence d’esprit citoyen, désespérance de la jeunesse, mise au pas
de la recherche, fuite des cerveaux, taux d’analphabétisme toujours très
important, indigence des infrastructures et de la production culturelles, une
indépendance formelle ayant accru la dépendance réelle et le retard de
développement, et au final un pays qui ne produit presque rien mais consomme
presque tout, (luxe rendu possible par une nature généreuse mais pas
inépuisable), ce triste bilan ne devrait-il pas nous pousser – surtout nous, qui
en avons été les partisans - à nous interroger sur la légitimité elle-même de la
violence pour changer le cours injuste des choses de l’Histoire ?
La violence qui se légitime
notamment par la difficulté du jeu politique pacifique, ne mène-t-elle pas à la
destruction du peu de culture politique qui a pu se constituer dans une
adversité tolérée, et une fois le pouvoir conquis, au recours systématique à la
violence pour contenir les soubresauts de la société ? La gouvernance
autoritaire par les castes dites en Algérie « famille
révolutionnaire » dont la seule « légitimité historique » est
transformée en rente à vie, n’a-t-elle pas pour résultat essentiel de
shunter les forces créatives, et d’accroître un retard qu’elle était censée
abréger ?
Combien de temps encore continuera-t-on à refuser de
voir des choses aussi évidentes ?
Quand nous poserons-nous enfin la question de savoir
si la violence est vraiment la seule réponse à la violence ? Quand nous
avouerons-nous qu’elle n’est que Loi du Talion ? N’est-il pas possible
d’imaginer des démarches de résistances plus modernes que celle qui consiste à
aller « tuer l’opposant » ? La résistance pacifique, plus lente, mais
qui transforme en profondeur les consciences et les mentalités, ne serait-elle
pas la seule voie pour qu’un peuple entier puisse durablement se refuser à la
servitude volontaire ?
Quel est le système, même le plus totalitaire comme
celui de l’apartheïd, quel est le Mur même armé du meilleur béton, qui pourrait
résister au refus d’obéissance de tout un peuple convaincu ?
La véritable libération n’est-elle pas en définitive
celle de la pensée, celle qui permet à chaque individu de se forger sa propre
opinion, et de s’engager sans aucune contrainte ? La violence n’est-elle
pas le signe d’une impatience, d’une impuissance intellectuelle, et en fait
d’une absence de confiance dans ceux que l’on se propose de
« libérer » ?
Et puis enfin - et ce n’est pas la moindre des
objections, par ces temps de violence généralisée ! - la première
obligation de ceux qui se donnent le projet de libérer, de sauver la vie,
n’est-elle pas de commencer par la préserver ? Dans une humanité
différenciée par des milliers de langues, religions, mystiques, idéologies,
philosophies, visions, dont toutes se croient, se disent « justes » et
« vraies », le seul dénominateur commun n’est-il pas justement l’être
humain lui-même, la première chose à respecter, la femme, l’homme, l’enfant et
le vieillard ? Que penser alors d’une éthique de la violence dont le but ne
peut-être que la destruction de cette humanité-là, en la personne du tué mais
aussi du tueur ?
Qui a raison, le kamikaze du Hamas ou le Cdt Markos
qui vient de déclarer à son peuple qu’il fallait changer d’abord ses propres
mentalités ? L’animateur d’une association pour la Palestine que tu es,
n’aurait-il pas intérêt à se poser aussi, de toute urgence, ce genre de
questions ?
Qui a intérêt à faire croire que la non-violence est
abdication, alors qu’au contraire elle fait appel à toutes les ressources
humaines de la pensée et de l’action pacifique ? Qui a intérêt à faire
croire en la supériorité du sang sur le travail de la raison, de la conviction,
et de la mobilisation ?
Se poser toutes ces questions serait donc, d’après
toi, manquer d’amour pour son pays ? Eh bien vois-tu, j’ai le point de vue
exactement inverse.
Contrairement à toi, je ne pense pas que le boulot
des intellectuels soit « de faire taire ces pulsions (morbides) de
leur société, et de l’éclairer pour qu’elle renoue avec l’estime d’elle-même
», encore moins celui des artistes qui tiennent à leurs pulsions,
même morbides ! En te lisant, moi l’athée, je prie même le Ciel que tu ne sois
jamais Ministre de la Culture ! L’actuelle, en comparaison, serait un enfant de
chœur, si tu me permets une référence chère à « mon univers
judéo-chrétien ». En un mot, et si tu préfères une référence plus proche de
notre univers à tous deux, Jdanov reconnaitrait en toi un digne héritier
(rien d’ailleurs dans ta lettre sur la censure que subit mon film en
Algérie).
Considérant qu’un intellectuel et un artiste n’ont
d’autres comptes à rendre qu’à leur propre conscience, et que dans l’ordre
des priorités, avant même sa patrie, il faut d’abord être en règle avec
l’Humanité, en balayant d’abord devant sa propre porte, je ne rivaliserai pas
avec tes prétentions patrioticardes.
L’absence de liberté intellectuelle qui relègue
l’Algérie aux derniers rangs de la recherche en sciences humaines sur elle-même
- laquelle se fait désormais en France, en Europe et en Amérique - est, oui, un
vrai crime contre l’humanité. Et ceux qui s’y complaisent devraient ne pas être
si fiers que ça, car ils auront, et bien plus vite que tu ne te l’imagines, des
comptes à rendre à leurs enfants et petits-enfants.
Pour ma part, l’Algérien, berbéro-judéo-chrétien
d’origine, arabo-musulman par contamination, et athée par conviction, que je
suis, ne t’a pas attendu pour dire en films, ce qu’à été la colonisation, le
racisme anti-arabe, et la répression de l’armée française. Et j’aurais été ravi,
qu’un cinéaste algérien d’origine berbéro-arabo-musulman, m’évite de faire
moi-même le travail que j’ai essayé de faire : voir comment le mouvement
nationaliste armé s’est comporté vis-à-vis de la population non-musulmane. Mais
46 ans après, conviens-en, on ne peut pas dire que ça se bouscule au
portillon pour voir de l’autre côté du miroir…
En conclusion, je te le disais au début, je viens
d’achever une tournée dans le Sud de la France, et tu pourras voir ça sur notre
site, dans quelques temps. Mais en attendant, puisque tu t’inquiètes que
« des assistances d’extrême-droite ait pu applaudir (mon film) »,
laisses-moi très vite te rassurer, bien qu’évidemment, les salles françaises
n’étant pas encore équipées en détecteurs d’idées, on n’est jamais
invulnérable.
Pour ma part et pour ce que j’ai
pu entendre, je n’ai vu que des Juifs et des Pieds-noirs, si ce sont bien eux
que tu vises, (des femmes et des hommes très basanés, tu sais), apaisés que
leurs « frères arabes d’Algérie » disent enfin ce que « ici en
France, les Français nous refusent : la reconnaissance de nos souffrances,
nous classant comme des fous, ou des fachos ».
Et quand une spectatrice se lève pour crier :
« Dites à Aziz qu’on l’aime ! », ou quand une autre, Algéroise,
vient me voir à la fin, pleurant en évoquant la scène d’Aziz ne trouvant que
« 3 cailloux » en lieu et place de la sépulture de l’oncle-héros, et
qu’à ses côtés, une Oranaise pleure, aussi parce que cette scène lui rappelle
son père disparu le 5 Juillet 62, j’y ai vu, moi, le signe que ce film pouvait
réussir là où les discours politiques avaient jusque-là échoué. M’étant
convaincu, entre le tournage et l’accueil du film, qu’il n’y a de guerres de
mémoire qu’entre les Etats et les partis, mais pas entre les simples gens,
puisse-t-il contribuer à réconcilier les frères hier pris en otage par les
conséquences des visions coloniales et nationalistes, et donner à leurs
enfants et petits-enfants l’espoir de nouveaux horizons, de nouvelles raisons
d’espérer en notre humanité !
PS.
A question indiscrète, autre
question indiscrète : Peux-tu m’expliquer comment, pour fuir son pays, un
anti-islamiste à l’étoffe nationaliste aussi épaisse peut choisir… le pays d’un
aussi impitoyable ex-colonisateur ? N’as-tu pas craint faire retourner dans
leurs tombes ces résistants de la première heure qui venaient justement de ta
région, Mascara ? Ca doit être dur à vivre non ?
Algérie, à l’Indépendance en 1962.
« Un jour, la France est partie.
Toute la France.
L’armée, les colons, les politiques, les
administrations, les documents de première importance, les pieds-noirs, les
harkis, les familles et leurs enfants, les meubles et les animaux. En 1962, tous
les Français sont partis pour la France, sauf moi et d’autres enfants laissés à
l’orphelinat, à ses murs, à ses nouveaux occupants. »
C’est comme ça que commence l’histoire
de Robert Palmade, né un soir de Juillet 1955, abandonné le lendemain par sa
mère, en Algérie Française, en pleine guerre. Pupille de la nation française,
Robert a été pris en charge, placé en pouponnière, puis dans des familles
d’accueil.
En 1962, à l’indépendance de l’Algérie, la nation
française a laissé ses pupilles sur place. Robert a été oublié, comme tous les
autres enfants de l’orphelinat, il n’a jamais été rapatrié en
France.
Combien sont-ils à avoir été abandonnés par la
France ? Combien de pupilles de la nation française restés en Algérie?
Impossible à dire. En 1969, un décret du gouvernement algérien ordonnait de
changer les noms des enfants à consonance étrangère. C’est comme ça que Robert
Palmade s’est appelé pendant des années Abdelkader Achli.
Abdelkader, Robert, Français,
Algérien, pupille, orphelin, c’est l’histoire d’une vie gâchée, d’une vie passée
à côté, d’une identité trouble, brouillée, toujours entre deux, jamais à sa
place, toujours seul.
C’est l’histoire d’un enfant, d’un
homme, qui s’est battu pour ne pas perdre son nom, Robert Palmade.
De ce nom, il dit, c’est une promesse, une fatalité,
c’est un héritage honni et chéri, Robert Palmade, c’est un mariage forcé entre
l’Algérien que je suis devenu et le Français que je suis.
Robert Plamade aujourd’hui n’espère
qu’une chose c’est la reconnaissance de la France.
Comme quoi il y a de grandes zones d'ombres dans la
fin de la France en Algérie et il est grand temps d'avoir accés aux archives
tant françaises (c'est pratiquement le cas pour presque toutes) qu'algériennes
(là on en est au début du tout début) pour les éclairer d'un jour nouveau. Moi
qui pensais "en savoir pas mal" sur le sujet, je découvre ce qui doit être loin
d'un épiphénomène avec des souffrances méconnues, comme j'ai découvert récemment
le drame des épouses et enfants de Harkis restés en Algérie, nombreux, qui de
par leur parenté, dans l'Algérie Indépendante et dans l'indifférence des
Autorités françaises bien au fait des choses, ont subi les pires tourments et
humiliations qui durent encore, témoignages à l'appui. Que le chemin de la Paix
est long...
Eric Wagner
"découvrir": vous m'avez mal lu ou bien lu avec vos
pensées. Quand je dis découvrir, il s'agit des orphelins abandonnés en Algérie,
par la France, au moment de l'Indépendance: cas de Robert Palmade obligé - entre
autres troubles d' identité dont il fait état - de changer de nom pour
l'arabiser...Donc c'est de cette découverte dont je parlais, de rien d'autre si
ce n'est du cas des familles de harkis restés sur place et sujettent aux pires
humiliations.
Pour le reste, dont les massacres d'Oran du 05/07/62, et de
bien d'autres encore de toutes parts dont la liste est tragiquement longue,
nulle découverte...car comme vous le dites, les choses sont connues, les
responsabilités affirmées même s'il y a encore à écrire, notamment du côté
algérien.
Pour autant, ne faisons pas une inutile surenchère de morts et
disparus en écrivant le chiffre de 45000 (vous avez du mettre un O de trop),
cela ne sert pas la vérité historique dont certains se servent
complaisament en parlant de "Sétif - Guelma 45" pour lequel les historiens les
plus avisés parlent de 9000 à 15 000 morts, et les idéologues faisant
"carrière", de 45 000! Au sujet de la fin sanglante de l'Algérie française, un
ouvrage de référence de l'historien Jean Monneret " la phase finale de la guerre
d'Algérie" l'Harmattan 2000.
Pour autant, l'Histoire devrait aider les hommes
à sortir des fractures du passé pour trouver les voies - dans la mesure de ce
qui est possible - de la concorde...mais là est une autre
histoire!
Eric Wagner

En ALgérie l' étoile jaune des Harkis se
porte de générations en générations. Que fait la France pour
cela.
Ci jointe demande d'aide.
Étant descendant direct d'un militaire supplétif de l'armée française, médaillé
de la seconde guerre mondiale mort pour la France dans la guerre d'Algérie en
combattant auprès de l'armée française.
Étant moi même orphelin de guerre de statut pupille de la nation lâchement
abandonné sur place en Algérie à l'âge de 04 ans et livré aux prévisibles
exactions.
Je
suis détenteur de la carte de ressortissant de l'onac "orphelin de
guerre".
Ayant formulé des demandes de réintégration dans la nationalité française
auprès du consulat général de France à Alger , je ne reçois que des refus
par le ministère de l'emploi de la cohésion sociale et du logement service de la
nationalité.
Pour cette raison je demande votre intervention auprès des services
concernés, pour ce faire ou dans le pire des cas, mon
rapatriement.
Je
porte à votre connaissance que je n'ai jamais bénéficié d'un logement ou de
prestations par l'État Algérien.
Je travaille comme infirmier en soins psychiatrique, et dernièrement je viens
d'être dégradé abusivement par les responsables hiérarchiques sans aucun motif
malgré mon diplôme d'IDE qui m'a été délivré par le ministère de la
santé.
Le motif et que je n'ai pas pu avoir mon certificat de nationalité
algérienne à temps, vu que le tribunal d'instance de Birmandrés dont je
dépendais, m'a demandé de déposer l'extrait de décès de mon père obligatoire
faute de quoi il serai refusé de le délivrer, et celui-ci portait la
mention harki.
Je
fus l'ojet de discrimination par l'article 14 de la convention de
sauvegarde des droits de l'homme, et dont la France est signataire.
La
question des harkis est franco Française, je n'ai aucun compte à rendre à
l'Algérie et je n'attends rien d'elle.
Pour cette raison je demande votre aide afin que que la mémoire de mon père soit
honorée lui qui a sacrifié sa vie pour une terre des droits d l'homme, son fils
ne mérite-il pas la reconnaissance des siens, pour retrouver ses droits de
citoyen Français?
je peux vous joindre les documents attestant
mes allégations.
Espérant vous lire dans les plus brefs délais et en comptant sur votre aide, je
vous prie d'agréer monsieur l'expression des salutations les plus
patriotiques.
Ben-Mohand Bekouche
Jean-Pierre Lledo Le réalisateur de
films.lledo2007
Description :
Via le souvenir, retrouver
une Algérie de fraternité. Henri Alleg
En compagnie du réalisateur
Jean-Pierre Lledo, Henri Alleg retourne en Algérie pour un pèlerinage aux
sources des combats qui ont trempé les idéaux de ce militant communiste
indépendantiste.
«Ne restent dans l'oued que ses
galets»
SUITE AUX ANNULATIONS DES 3 AVANT-PREMIERES
à
ALGER,CONSTANTINE, ET ORAN, les 13, 14, 15 juin 2007
JEAN-PIERRE LLEDO
ORGANISE les 29 et 30 juin 07
3 PROJECTIONS PRIVEES A
ALGER
Compte-rendus de 4 journalistes de la presse algérienne...
3
Projections privées du film de JP LLEDO, El Watan, 3 juillet
07
Edition du 3 juillet 2007 > Culture
Documentaire de
Lledo
Projections privées
Le réalisateur Jean Pierre Lledo a fini par
recourir à des projections privées pour montrer son film documentaire intitulé
Ne reste dans l'oued que ses galets.
Trois séances organisées vendredi
et samedi, réunissant lors de chaque projection une quarantaine de personnes,
ont permis à un public d'invités de découvrir le documentaire qui a déjà fait
couler beaucoup d'encre avant que son contenu ne soit connu. Le film d'une
durée de trois heures revient avec des témoignages d'Algériens vivant
actuellement en Algérie sur des périodes douloureuses de la lutte de
Libération nationale en s'attaquant à un tabou jusque-là inviolé : la guerre
d'Algérie n'a pas fait des victimes uniquement du côté des colonisés. De
nombreux civils d'origine européenne dont des femmes, des enfants et des
vieillards sont tombés soit lors d'attentats à la bombe perpétrés dans des
lieux publics, soit lors de massacres à grande échelle, comme ce fut le cas
lors des événements du 20 août 1955 dans la région de Skikda ou en juillet
1962 dans certains quartiers de la ville d'Oran. Et, fait encore plus
regrettable, certains parmi ces derniers vivaient en bonne intelligence avec
les musulmans, voire ont soit protégé des musulmans, soit aidé d'une manière
ou d'une autre la révolution. Une autre partie du film aborde, mais sans le
percer, le mystère de l'assassinat du chanteur constantinois d'origine juive
Raymond Leyris qui a été tué d'une balle dans la tête à Constantine en 1961.
J. P. Lledo est le premier réalisateur algérien à oser aborder des sujets qui
fâchent parce qu'ils évoquent des aspects de la révolution qui sont occultés
depuis l'indépendance. Le film, notamment concernant les événements de Skikda
d'août 55 et d'Oran le 5 juillet 1962, n'hésite pas à parler, à travers les
témoignages, de l'implication des responsables locaux (Zighoud Youcef pour le
cas de Skikda) dans le terrible sort fait à la population d'origine
européenne. Avant le début de la projection, J. P. Lledo a pris la parole pour
faire un rappel du conflit qui l'oppose depuis près de trois semaines aux
responsables de la manifestation culturelle Alger, capitale de la culture
arabe représentant le ministère dirigé par Mme Khalida Toumi. La projection de
samedi a été suivie d'un débat durant lequel le documentaire a été soumis à
des critiques parfois assez sévères qui ont porté aussi bien sur le contenu
que sur la manière avec laquelle a été mené le film. Ce que l'on peut retenir
notamment des réactions de ceux qui ont vu le film, c'est que les autorités
n'avaient pas à se substituer au public en recourant à la détestable pratique
de la censure.
A. Ancer
http://lledo2007.skyrock.com
«Ne restent dans l'oued que ses galets»
Sur les traces de
l'absent
Par Yacine Idjer
Histoire n
Une projection privée du long-métrage de Jean-Pierre Lledo a eu lieu, vendredi,
à la maison d'édition Lambda, à Hydra.
Le film, un documentaire long de
trois heures, s'ouvre d'emblée sur l'indépendance de l'Algérie. C'est aussi le
départ précipité, l'exode massif des pied-noirs. Plus de quarante ans après, le
réalisateur, Jean-Pierre Lledo, cherche à comprendre les raisons de cette
rupture – une tragédie historique.
«Le film traite de la mémoire», a dit le
réalisateur, avant de préciser : «je ne suis pas historien.» Et d'ajouter : «la
question de la mémoire m'intéresse», car elle permet de dépister les vérités et,
du coup, de comprendre, selon lui, les réalités du présent.
Le réalisateur
met en scène trois personnages. Aziz, Katiba et Hamid reviennent sur leur passé.
Ils évoquent avec nostalgie les lieux de leur enfance. Ils racontent leurs
rapports de bon voisinage avec l'autre, le pied-noir, chrétien ou juif,
d'origine française ou espagnole.
Ces trois personnages, à Skikda, à Alger ou
à Constantine, vont d'une rencontre à l'autre, d'un témoignage à l'autre. Des
personnes rencontrées évoquent les «bons rapports avec les pieds-noirs», et
nombreux sont ceux qui, parmi eux, ont soutenu la cause algérienne. Ils se
disaient Algériens.
Il se trouve, toutefois, que ces Français, chrétiens ou
juifs, eux aussi Algériens, sont absents de la mémoire collective algérienne.
D'où la question : pourquoi ?
Quant au quatrième personnage, Kheïredine, un
jeune Oranais, il va, lui, à la rencontre de l'ancienne génération, de ces
hommes et de ces femmes qui ont vécu en bon voisinage avec les pieds-noirs. Tous
disent qu'il existait, malgré le conflit armé, une entente entre musulmans,
chrétiens et juifs, entre algériens et européens (espagnols).
«On vivait bien
ensemble, on était heureux», dit un témoin. «On a pleuré leur départ», dit un
autre. Mais tous s'accordent à dire que «l'OAS a rompu les liens entre algériens
et pieds-noirs. «Cela revient à dire que si la France n'avait pas joué l'ultime
carte, celle de l'OAS, les pieds-noirs seraient restés en Algérie et seraient
devenus algériens», ont-ils dit. L'histoire aurait alors pris une autre tournure
et il y aurait eu moins de déchirements. Les témoignages recueillis, çà et là,
font état d'une cohabitation entre les trois communautés. Ce n'était certes pas
une cohésion sociale, mais une coexistence humaine.
En dépit des inégalités
sociales, chacune des communautés a pu transcender les préjugés ethniques, les
différences religieuses et les clivages culturels.
Info Soir
Yacine
Idjer
INTERDIT DE DIFFUSION, LLEDO LE PROJETTE QUAND
MÊME, L'Expression, 2 juillet 07
INTERDIT DE DIFFUSION, LLEDO LE PROJETTE
QUAND MÊME
Et la polémique est lancée...
Malgré le mauvais sort
qui lui est jeté, le film Ne restent dans l'oued que ses galets a été finalement
projeté en cercle fermé, samedi dernier, à Alger.
En présence de Mohamed
Harbi et quelques privilégiés curieux, le film qui fait près de 3 heures, a
soulevé autant de questions qu'il a suscité un vif débat au sein du public. Quoi
penser? L'auteur de ce film, entamé en 2005, dit d'emblée ne pas avoir voulu
recourir aux images d'archives qui peuvent prêter à manipulation. Or, ces
dernières n'apparaissent qu'au début. Il s'agit des Français, juifs ou
pieds-noirs que Lledo pose, d'emblée, comme des victimes. La caméra suit quatre
personnages algériens sur la trace de la «vraie vérité». Mais ce qui compte pour
Lledo est non pas l'histoire avec un grand H, mais les histoires...personnelles.
Les vérifier, dit-il, par souci de mémoire. Ne restent dans l'oued que ses
galets étant la dernière partie qui clôt une sorte de trilogie d'exil, qui a
pour unité temporelle, l'Histoire coloniale algéro-française, pour approche, la
fraternité et pour sujet principal, la mémoire et l'identité. Jean-Pierre Lledo
suit ses quatre alter ego, en quête de leur enfance ou jeunesse durant les
années de guerre qui furent aussi les dernières décennies de la colonisation
française...Aziz Mouats, à Skikda, se demande pourquoi 23 membres de sa famille
furent tués à l'époque, où son oncle, chef d'un groupe, veillait sur les colons
voisins...Il est aussi décrit, dans ce portrait, la manière sauvage dont on
assassinait les Français, femmes et enfants.
Cela rappelle un peu les actes
barbares du terrorisme...Fille de Bab El Oued, Katiba Hocine anime une émission
radiophonique sur l'histoire coloniale de l'Algérie et revient sur les lieux de
son enfance. Elle est mal accueillie, et confondue avec une gaouria.
L'ex-directeur de l'Oref, Hamid Bouhrour, retourne avec son petit-fils à
Constantine et soulève la polémique autour de l'assassinat de cheikh
Raymond.
Enfin, à Oran, le jeune metteur en scène qui s'apprêtait à adapter
Les justes d'Albert Camus, Kheïreddine Lardjam, n'a qu'une idée en tête:
confirmer les dires de sa cousine, selon lesquelles au moment des liesses du 5
juillet 1962, à Oran, on a tué des centaines de Français pour se venger.
Des
vérités que d'aucuns savent mais que tout le monde nie car n'ayant rien vu ni
entendu. Tchtitchi, de son nom de jeune premier de l'époque, est aujourd'hui un
vieux sur une chaise roulante. Il se remémore ses souvenirs et pleure le bon
vieux temps où il allait danser et chanter avec ses copains espagnols...«a-t-on
le droit de tuer n'importe qui, au faciès, c'est la problématique de mon film
qui porte essentiellement sur l'autre». Idéaliste et par-dessus tout humaniste, Lledo, cela justifie-t-il le fait de harceler une Louisa Ighil-Ahriz pour savoir
pourquoi tuait-on des civils innocents, devant une katiba confuse? Louisa,
n'est-elle pas non plus une victime innocente de cette bêtise humaine qu'on
appelle «la guerre»? Lledo part du constat qu'il y eut échec de la logique
coloniale qui a visé le fossé, selon lui. Aussi, lors du débat, s'agissant des
nationalistes, Lledo qualifie leur acte d'ethnocide.
«Le personnage principal
est mon alter ego, impliqué personnellement dans l'Histoire évoquée, et donc
sachant écouter d'une oreille active, non complaisante, comme un homme qui
cherche à comprendre plus qu'à juger, et dont la démarche est plus une quête
qu'une enquête...», explique dans le dossier de presse, Lledo. Je considère que
l'Algérie s'est fait déposséder d'une richesse extraordinaire: le mélange des
origines et des civilisations...et je vis cela comme un drame personnel. La
colonisation n'était certes pas la forme idéale pour que s'effectue ce mélange,
mais l'idéal n'est pas une catégorie de l'Histoire réelle.
De tout temps et
presque partout, le mélange s'est fait par la guerre, la conquête, les
migrations de la pauvreté et du désespoir. Les 4 couples du film, d'une certaine
manière, transforment l'échec de l'Histoire, en son contraire. Ils démontreront,
en tout cas, que l'Histoire aurait pu se faire autrement. Et de renchérir:
«J'aimerais que le film fonctionne comme une tragédie shakespearienne. Plus on
se rapproche les uns des autres et plus le sang coule et plus le sang coule,
plus on se rapproche...»
Cependant, au-delà des idéaux pacifistes incontestés
de l'intellectuel Lledo qui «rêve» de paix, de mélange et de fraternité, reste
le sentiment de gêne, de culpabilité et d'ambiguïté qui plane sur ce film en
étant aussi palpable que le sang sous-entendu.
Et comme toute vérité n'est
pas bonne à dire, selon le vieil adage, et d'autant plus vrai pour les
«officiels», il ne serait pas étonnant que Ne restent dans l'oued que ses galets
soit, effectivement, cette fois, censuré. Or, toutes les guerres sont sales par
essence! D'où la volonté du réalisateur d'inscrire ce film dans l'universel et
sortir de la dimension algéro-algérienne, ou algéro-française...Mais 43 ans
après l'indépendance, sommes-nous prêts réellement à tout entendre? La réponse
serait-elle seulement dans le camp de «Alger, capitale de la culture arabe?». Et
l'avis des autres Algériens alors? *
L' Expression
O.
Hind
________________________________________
Lledo accuse les
dirigeants de la révolution d'exterminer les civils européens.Ech Chourouq,1-7-07
Ceci est une traduction littérale d'un article d'un
quotidien arabophone à grand tirage, Ech Chourouk, connu pour cultiver le
sensationnel, et amalgamer antisionisme et antisémitisme.
Cet article est un
tissu de mensonges, du début à la fin.
Je l'ai dit à cette journaliste, Zahia Mancer, lors de la conférence de prese que j'ai tenue devant plus d'une dizaine
de journalistes, à Alger le 3 Juillet 07.
La « Villa » d'Hydra est une jeune
Maison d'édition qui nous a courageusement accueilli pour 3 projections non «
secrètes » mais « privées » où notamment tous les journaux sans exception
étaient invités.
Public : il y avait peut être des spectateurs affiliés à des
partis, mais ce sont des individus qui étaient invités. Quant aux « Pieds-noirs
», il y en avait 2 : la sœur d'Henri Maillot, communiste, tué dans les maquis
par l'armée française en 1956, et un compagnon de Fernand Yveton, communiste,
guillotiné en1957 à Alger. Mais la journaliste a reconnu ignorer l'identité de
ces 2 partisans de l'indépendance algérienne.
Contenu du film : personne ne
parle d'Amirouche dans le film !!! (pour Skikda Aout 55, c'est Zighout Youcef,
responsable de l'opération qui est cité)
Pour le reste, la journaliste est
libre de ses opinions, bien que peu étayées, et pour Toronto, chacun aura
rectifié. Jean-Pierre Lledo
lledo2007 4 REACTIONS de
JOURNALISTES ALGERIENS, après PROJECTIONS PRIVEES

Correspondances d'amis algériens
A : claude
Sujet : RE : Réf. :
fraternité et solidarité toujours et à jamais
Très cher Claude
C'est avec un réel plaisir
que j'ai lu ton dernier courriel, et je te confirme les propos de ton entourage,
effectivement, nombreux sont les natifs d'algerie qui suite a une traîtrise
historique ont du quitter leurs terres, leurs modestes travails et leurs
maisons, reviennent pour la mémoire et atténuer un tant soit peu la nostalgie
pour ne pas dire amertume naît de cette cruelle séparation.
Moi, je suis pour qu' ils prennent conscience de
leurs droits à la citoyenneté algérienne et qu' ils la réclament
(suppression des visas ,droits sociaux, liberté de commerce et d'
installation, droit de propriété ect...).
Pour cela,il faudra,impérativement faire faire aux
gens la distinction entre colons exploiteurs,et citoyens ordinaires que les
contingences de la vie ont fait algériens, comme d' autres français ou
arméniens.
" CE SONT LES RACINES DE L' ARBRE QUI
DETERMINENT L'ORIGINE DU FRUIT"
Et toi ainsi que NOS autres compatriotes vos
racines,sont içi, dans les terres de yughurta,massinissa,la kahina,et saint
augustin, c'est ça la vérité!!!!!!!!!!!!!!!
Les algériens ici, ne nourrissent aucune animosité
envers leurs compatriotes que le sort et la lâcheté des hommes a éloigné
,
mais un certain discours haineux provenant
surtout de la faune orientaliste algérienne,tente de faire l'amalgame entre
européen originaire d'algerie et OAS,.
C'EST CELA QU'IL FAUT
COMBATTRE.
Et le meilleur moyen c'est de multiplier les
contacts avec les compatriotes résidents en Algérie,organiser des conférences
historiques,des visites,des rencontres télévisuelles,informer le maximum de gens
que ce n'est pas tous les européens d' origine algérienne qui étaient OAS mais
juste une MINORITE QUI NE VOULAIT PAS PERDRE SES PREVILEGES
!!!!!!!!!!!!!!!!!!.
Dieu reconnaîtra les siens!
cher Claude,pourquoi attendre,jusqu'a l'année
prochaine,viens vite,tu as ton frère abdelkrim qui t' attend,j'ai mis la hrira
et le scabetch sur le feux,et je ne te souhaite pas la bienvenue car tu ne feras
que rentrer chez toi.
Bises pour toute la famille.
fraternellement Abdelkrim
cher claude.
je ne peux être qu'en faute de
n'avoir pas pu répondre promptement a ton dernier message,mais sache,que pas un
instant je n'ais cesse de me faire le reproche de cette indélicatesse,mais je te
pris de croire,qu'içi il faut se battre continuellement,et sur tout les fronts
pour s'assurer une vie décente,la vie étant extrêmement chère sur le plan
figure,et tellement quelconque sur le plan objectif,que cela fait oublier même
la raison de l'existence !!!!!.
Néanmoins, mes pensées ont été permanentes
pour toi,ta famille,et particulièrement notre amitié,qui transcende autant les
vicissitudes du passé, que les hypocritismes du présent.
cher Claude,ton
combat qui est mien est juste,donc il faut puiser dans la force de sa
justesse,le courage et la persévérance,qui un jour,et inéluctablement ,sera
couronnée,par le diadème flamboyant de la vérité!!!!!!!!.
le message de "la
croix du sud"reflète fidèlement l'etat d'esprit des algériens vis a vis de leurs
compatriotes exiles ,la qualité de leurs accueils par les algériens,l'émotion
qui entoure les retrouvailles n'ont besoin d'aucun commentaire,ni
justification,a part la force et la qualité du lien ombilical qui relie tout le
monde a cette bonne terre d'algerie .
Personne n'ignore ici,en algerie que
toute la nomenklature algérienne entretient des liens permanents avec la société
française,la majorité a des intérêts économiques en hexagone,et ils jouissent de
la nationalité française eux, ainsi que leurs familles qui y
résident
pourquoi refusent-ils au "petit peuple"ce que eux réclament,et en
profitent,en catimini!!!!!!!!!!!!!
les visites des algériens d'origines
européennes (je n'aime pas le terme pieds noirs),doivent se renouveler sans
cesse,car je suis sure que cela créera le déclic,qui fera q'un jour les liens se
retisseront pour un retour de ces derniers dans leur terre natale.
pourquoi
des centaines de milliers d'algériens de souche retournent a la nationalité
française,et si les algériens d'origines européennes,créaient un mouvement
inverse,par un dépôt massif de demande de nationalité algérienne (en gardant la
nationalité française).(il faut y réfléchir)
Cette nomenklature nourrie par
ailleurs,et dans les tribunes officielles un discours haineux et xénophobe,fermé
a tout universalisme pronant faussement et hypocritement le rejet de tout ce qui
est francais,alors qu'eux memes tètent le sein de la république de napoléon.
quelle honte,et quelle fourberie!!!!!!!!!!!!!!!
cher claude,si tu me marque
ton accord,l'essai que je suis en train de finalise sera publie sur la toile et
sur ton site sous la forme de chapitre,cela sera ma modeste contribution pour la
cause, notre cause !
cher claude je n'oublie pas de te souhaite de bonne
vacances,a toi ainsi qu'a toute ta famille,profitez bien et faites attention a
vous,car notre marche est longue!
je vous embrasse tous.
Bonjour,
Je suis algérien, habitant
d’Alger, je suis tombé un peu par hasard sur votre site, j’ai vu que vous êtes
d’Algérie et j’ai eu tout simplement un pincement au cœur.
Vous êtes mes frères, pour
moi tous ceux qui sont nés en Algérie sont mes frères, j’ai toujours eux ce
point de vue, et ça ne changera pas.
Depuis quelques années je
vois beaucoup de pieds noirs revenir en Algérie, et il faut dire qu’ils sont
magnifiquement reçus par la population, je sais que quitter son pays est
difficile, dans cette histoire tout le monde a pris sa part de souffrance.
Je voulais juste dire que
j’aime mon pays, mais que je dois reconnaitre que les représailles qui ont été
faites par des pseudos Algériens du FLN après les accords d’EVIAN sont
scandaleuses, les pieds noirs sont des Algériens et ils auraient dû rester.
Musulmans, juifs ou
chrétiens on est tous des enfants d’Algérie, d'ailleurs je pense que le peuple
Algérien à tout compris, c’est pour cela que les retrouvailles avec les pieds
noirs sont chaleureuses, peu importe les politiques qui se déchirent, le présent
et l’avenir et dans nos mains.
Sachez que si un jour vous
viendrez en Algérie, je me ferai un énorme plaisir de vous faire visiter ma
ville, Alger la blanche.
A vous lire.
L e soleil est toujours roi
dans l’algérois.
Fraternellement RYAD.
Avant toute chose, je vous
remercie de m’avoir répondu.
Entre nous il n ya jamais
eu de problèmes, les problèmes se constituent au niveau des politiques, et
personnellement cela ne m’intéresse pas, je sais qui sont les enfants de mon
pays.
Je ne sais pas pourquoi ils
cherchent à nous séparer, mais je sais aussi qu’ils ne pourront jamais le faire,
le lien qui nous unit est d’une solidité extraordinaire, c’est l’amour de
l’Algérie, alors ils peuvent faire ce qu’ils veulent, c’est une cause perdue
d’avance.
Je vais vous envoyer deux
chansons, la première est de Maurice El MEDIONI, un juif d’Oran, c’est un
mélange d’arabe et de français, tout un symbole, je la trouve
magnifique, quant à la deuxième elle est de Kamel MESSAOUDI, un enfant d’Alger,
malheureusement décédé, elle est intitulée « Noudjoum ellil » ce qui
veut dire « Les étoiles de la nuit » en français.
Je ne sais pas si vous
comprenez un peu l’arabe, car c’est une chanson à texte, elle parle d’un homme
déraciné qui a quitté son pays, qui a quitté l'algérie, mais qu’il ne l’a jamais
oublié, je la trouve très touchante.
La deuxième chanson, je
vous l’envoie dans un second mail, et dites moi ce que vous en pensez.
A vous lire.
Mes amitiés, enfant de mon
pays.
RYAD, d’Alger.
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claude, Posté le jeudi 12 juillet 2007 10:19
Il était temps que les consciences algériennes s'éveillent. Ne reste dans l'oued que ses galets est attendu en France par un peuple en exil : les Pieds noirs.
Voici quelques extraits de mon site Pieds noirs : comme les derniers des mohicans http://perso.orange.fr/pnmohican/index.htm
Nous étions un peuple conscient de nos différences, mais, partageant tant de points communs chargés d'histoire.
La guerre d'Algérie a été pour tous un déchirement, un drame.
La quête de la liberté est louable, c'est la manière d'y parvenir qui est blâmable.
Un système a remplacé un autre système aussi arbitraire, aussi, injuste lun que lautre.
Jai vécu toute mon enfance dans ce quartier de lextrême banlieue dORAN.
Sa population était constituée essentiellement douvriers dorigine espagnole et quelques rares métropolitains employés par le dépôt de la C F A qui fût baptisé après 1958 SNCFA.
Une tribu de Gitans vivait à la cantera (ancienne carrière).
Nous avions de très bonnes relations de voisinages et même damitiés avec les musulmans citadins.
Lorsque nos parents ou nous mêmes parlions deux, cétait sans aucune distinction, Monsieur Benamou le cordonnier, ou Ben abbou le cycliste, Mohamed le maçon, Ali le marocain espagnol, afin, de le distinguer des autres Ali ou Mohamed, puis Ben Krouf mon ami denfance, cela, avec la même considération que nous avions pour désigner, « José el valenciano, ou Miguel le réfugié espagnol ».
Mémoires Pieds noirs - Devoirs de mémoires - réconciliation des mémoires. fraternité tout simplement :
Un proverbe arabe dit : on peut s'échiner à détourner une rivière de son lit, mais sitôt les grandes pluies, elle le reprendra malgré la volonté des hommes..... donc vivement les grandes pluies!!!!!!. Abdelkrim.
Nous sommes nombreux sur le deux rives de la Méditerranée à souhaiter ce moment là.
Mes racines sont en Algérie, mon coeur est en France, mon esprit est comme un arc en ciel au dessus de la méditerranée.CG.
NOTRE ALGERIE
"J'ai aimé avec passion cette terre où je suis né. J'y ai puisé tout ce que je suis et je n'ai jamais séparé dans mon amitié aucun des hommes qui y vivent, de quelques races qu'ils soient. Bien que j'ai connu et partagé les misères qui ne lui manquent pas, elle est restée pour moi la terre du bonheur, de l'énergie et de la création."...... Albert CAMUS
Mon oncle R…a mené sa vie de militant communiste avec ses frères musulmans jusquau renoncement de sa liberté pour une cause quil croyait juste, celle de lAlgérie indépendante.
Un pays libre, juste et fraternel, dans lequel tous les enfants de ce pays quils soient musulmans, chrétiens, ou, juifs, auraient leurs places.
Il a été arrêté pour subversion, et condamnait à cinq ans dinterdiction de séjour, cela ne la pas empêché de rester à Oran, où, il a été caché par la famille jusquà lindépendance de lAlgérie.
Après le 5 juillet 1962, Il est resté en Algérie avec sa fille aînée Olga, jusquà la prise de pouvoir par Boumediene. A ce moment là, ses propres camarades, ses frères musulmans, lui ont dit :
- Maintenant, il faut que tu partes, tu nas plus rien à faire ici.
Lui qui espérait faire revenir au pays toute sa famille, nous y compris, a du être très déçu, mais je reste persuadé, que malgré cela, sa conviction, ses idéaux sont restés toujours intactes.
J'espère que l'oued recoulera et rendra fertile ce pays que nous avons tant aimé. claude