Pour mieux comprendre le 5 juillet 1962

 

Le 5 juillet 1962, une journée d’horreur, une page d’histoire longtemps occultée par l’état Français, une mémoire qui gène et qui dérange. Que certains, à gauche comme à droite, nous dénient au prétexte de voir à chaque commémoration l’ombre de l’OAS, le spectre de l’ Algérie Française.

Ce n’est pas parce qu’au mois d’avril et de mai 1962, tous les soirs les oranais tapaient sur leur casserole les cinq notes « Algérie Française » qu’ils étaient tous acquis à la cause de l’OAS NON ! C’était un cri de désespoir qu’ils lançaient au monde entier.  

 Seuls, abandonnés de tous subissant la barbarie du FLN, ils se disaient : ce n’est pas possible que personne ne vienne à notre secours, nous qui avons tant donné à la mère patrie et au monde libre dans les différents conflits mondiaux ? Mais rien en retour ! Et le silence est devenu horreur.  

Pour comprendre le 5 juillet 1962, il faut examiner la situation géostratégique, géopolitique dans laquelle se trouvait Oran.

 Oran l’andalouse appelée aussi le petit Paris de l’Afrique du nord, ville moderne et dynamique de 400.000 habitants majoritairement européenne 220.000 européens pour180.000 musulmans.

 Ville proche des frontières marocaines et d’Oujda où se trouvait l’état major de l’ ALN de Ben Bella et Boumedienne.  

La zone d’Oran Mers el Kebir pouvait constituer une enclave européenne comme il y en avait en méditerranée à Melia/Tanger pour les espagnols au Maroc, et Gibraltar en Espagne pour les britanniques.

 Une solution de repli des européens d’ algerie vers l’Oranie avait été préconisé par certains hommes politiques et ministres, seulement, ni de gaulle ni l’ OAS n’en ont voulu.

 Un combat à mort dont a été victime la population civile européenne d’ORAN, s’en ait suivi entre l’OAS menant sa guerre Franco/Française, sanglante et aveugle et un vieux général mégalomane et sa barbouzerie. Le de Gaulle de 1958 n’étant pas le même que celui que nous avons admiré et suivi en juin 1940.

 Par ailleurs, un Conflit pour le pouvoir entre un GPRA non préparé a l’indépendance, sous équipé, et l’armée des frontières de Boumedienne casquée, équipée de neuf., s’est engagé par la Provocation et un Coup d’état au prétexte que les partisans du GPRA n’étaient pas capables d’assurer l’ordre.

  La volonté islamique : Il fallait faire fuir les européens, les Gaouri (non musulman) conformément aux accords secrets de Tripoli (dixit Mohamed Harbi historien et ex responsable FLN, l’historien jean François Paya), pour cela, il fallait créer un climat de terreur et de barbarie s’en prenant aux civils, femmes et enfants.

 La fuite de l’ OAS dés le 27 juin 1962 laissa une population civile sans défense à la merci de provocateurs.

 Malgré la création d’un comité de réconciliation créé par des notables musulmans et européens le capitaine Bakhti de l’ ALN parachuté à Oran met sur le dos d’un chef de bande un pseudo Attou les exactions et horribles massacres qui se sont produits ce 5 juillet 1962 à oran. (Femmes et fillettes violées, égorgées, et pendues aux crochets des abattoirs d’Oran le petit lac).

 Au moins deux charniers sont recensés à Oran (Sud Est) : le petit lac et le cimetière de tamasouet

 Pour utiliser une terminologie très usitée dans certains partis politiques de gauche, c’étaient des travailleurs, des ouvriers des employés, de petits fonctionnaires, de petits artisans et commerçants. C’étaient des gens qui voulaient continuer à vivre et à travailler dans leur pays, sur leur terre natale, qui ont été lâchement enlevés et massacrés en présence de 18.000 soldats français qui se trouvaient à Oran et qui restèrent cantonnés dans leurs casernes sans intervenir.  

Seuls, quelques officiers que l’on peut compter sur les doigts d’une main désobéirent aux ordres du gouverneur militaire d’Oran le général Katz et sauvèrent des Français ainsi que l’honneur de l’armée française.

 Le devoir d’une nation, le rôle d’une armée, c’est de protéger tous ses citoyens.

 Le général Katz téléphona à de gaulle pour l’informer de l’ampleur du massacre. Le chef de l’état répondit « NE BOUGEZ PAS ».

C’est le seul exemple dans l’Histoire d’un massacre perpétré sur une communauté sans défense en présence d’une armée qui laisse assassiner ses ressortissants sans intervenir.

Les accords d'Evian prévoyaient la remise des pouvoirs à " l'exécutif provisoire " mis en place depuis le 19 Mars 1962 .Celui-ci devait maintenir l'ordre avec une " force locale " assistée de l'Armée Française ; et ce en principe jusqu'à la transmission de ses pouvoirs à une assemblée nationale élue au suffrage universel. Ceci ne fut effectif que le 27 Septembre 1962.

 Cette amnésie historique, ce silence imposé, Nous interdit notre droit légitime à une mémoire apaisée et à celui de disposer de lieux de mémoire que certains nous conteste encore aujourd’hui.

 Prés d’un demi siècle après les faits il est grand temps que toute la lumière soit faite sur ces disparitions, que l’on puisse véritablement étudier le sort des disparus et aider ainsi leurs familles à retrouver la paix à pouvoir faire leurs deuils, il est grand temps de connaître la vérité historique des faits, il est grand temps de rendre hommage à ces victimes et à leurs familles (propos de Nicolas Sarkozy candidat à l’élection présidentielle le 3 avril 2007).

 Dans tout conflit, des Justes trouvent la mort : ce sont eux qui méritent considération, pas leurs bourreaux

 Il existe dans de nombreuses villes de France des rues, des ronds points, des places, des squares, dédiés, comme à St Denis, une rue portant le nom d’une poseuse de bombes, à Rennes une place aux massacres du 8 mai 1945 de Setif, à Paris un quai à la mémoire des victimes de la répression d’octobre 1961, à valence et dans d’autres villes de France des places du 19 mars 1962.etc, etc.

 Je vous pose la question :Il y a-t-il à votre connaissance en France une seule rue, un seul rond point, une seule place, un seul square qui soit dédié aux victimes et disparus du 5 juillet 1962 ? NON !!!!

  Faut-il que la France se sente coupable pour faire preuve de tant d’amnésie, coupable d’avoir laissé des citoyens français lâchement massacrés.

Toutes les abominations de l'histoire ne peuvent trouver un prétexte une justification aux actes les plus odieux, les plus barbares.

Nous ne devons pas avoir une mémoire sélective qui ferait qu'il y ait de bons martyrs et de mauvaises victimes surtout lorsqu'elles sont civiles et désarmées comme le furent celles du 5 juillet 1962 à Oran.

La douleur et le chagrin sont là dans les coeurs de ceux qui ont perdu un proche qui ont survécu à la haine et la violence. Il ne faut pas que la haine constitue un clivage !

Il serait temps que dans certaines villes de France s’exprime ce courage citoyen, comme cela est fait pour les Harkis.

 L’ ARAPREM demande que chaque ville de France se souviennent des HARKIS, mais aussi des victimes et disparus du 5 juillet 1962 massacre d’ ORAN par l’appellation de rue, de rond point, de place et de square du 5 Juillet 1962 (Massacre d’ ORAN).

 CUERS serait une pionnière dans la reconnaissance des souffrances des Oranais, et de celle, qui perdure, des familles des victimes et disparus du 5 juillet 1962. Humanisme dont ont fait preuve des témoins algériens dans le film de JP Lledo « Algérie, histoires à ne pas dire » ou « ne reste dans l’oued que ses galets »

 Claude Garcia président de l’ ARAPREM Cuers le 16 juillet 2009.  

 

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