LES HARKIS et les Supplétifs

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Ils leurs appartient d’écrire leur propre histoire, Ceci est le regard objectif que peut avoir un pied noir, un roumi sur les Harkis, Outre l’amitié naturelle que je peux leurs porter.  

 Les Harkis peuvent se prévaloir de cette lignée de musulmans fidèles et loyaux  à leurs engagements comme le fut, L'émir Abd El-Kader (arabe : عبد القادر الجزائري) (né en 1808 à Mascara en Algérie - décédé le 24 mai 1883 à Damas Syrie), est un écrivain, poète, philosophe, résistant militaire et homme politique, fondateur de l'État algérien. Il se trouve aussi être un ami de Napoléon III.

Les tribus arabes ou berbères en Afrique du nord, ont de tous les temps eues des traditions guerrières, l’armée coloniale Française s’en ai servi naturellement, et ainsi est né à défaut de la reconnaissance de leurs citoyennetés Française ce sentiment francophone, francophile aux cours des générations, d’autant plus qu’ils ne pouvaient nullement avoir de sentiments nationalistes faute de contours précis d’un territoire ou d’un pays, ou bien d’histoire commune ; plusieurs ethnies ou tribus étant rivales se faisant la guerre.  

Traité avec les français  

Ce traité fut signé le 24 février 1834. Abd-el-Kader, satisfait, croyait son repos assuré, lorsque de nouveaux ennemis vinrent l'attaquer dans sa retraite. Mustapha-ben-Ismael, chef des douars, et qui avait été Aga avant la conquête, ne pouvait se résoudre à se soumettre à un usurpateur, ou, comme il disait, à un pâtre, fils de pâtre. Un autre chef, qui menait depuis longtemps une vie de brigandage, Kadour-ben-el-Morfy, placé à la tête des Bordja, ne pouvant s'accoutumer à la paix qui allait régner dans le pays, se réunit à Mustapha pour soulever les Beni-Amer, une des plus populeuses tribus de la province. Les Arabes de cette tribu se refusèrent à payer l'achour, alléguant que la cessation de la guerre rendait cet impôt inutile, et qu'ils ne reconnaissaient pas pour leurs maîtres les infidèles et leurs alliés. Les Douayers et les Zmelas, tribus accoutumées à vivre au XIXe siècle de pillage, se joignirent aux Beni-Amer et commencèrent les hostilités.

Abd-el-Kader rassemble au plus vite ses cavaliers dans les environs de Mascara, marche contre l'ennemi et surprend plusieurs villes laissées sans défense. Mais il eut l'imprudence d'établir son camp sur la lisière de la forêt de Zétoul, dans le pays des rebelles. Au milieu de la nuit, les Douayers mirent en fuite une partie de ses troupes, enlevèrent son camp au galop, et le forcèrent à rentrer presque seul à Mascara.

A cette nouvelle, Sidi-el-Arubi leva l'étendard de la révolte, les autres chefs des mécontents imitèrent son exemple, et Abd-el-Kader se vit entouré d'ennemis.

Au lieu de profiter de ces divisions qui commençaient à naître parmi les Arabes, et tirer parti du coup terrible qui venait d'être porté à l'émir, par les Beni-Amer, les français intervenaient si maladroitement qu'ils rendirent Abd-el-Kader plus puissant après cet échec qu'il ne l'était auparavant.

Mustapha-ben-Ismaè'l et Kadoïuvben-el-Morfy, instigateurs de la révolte, avaient écrit aux généraux Voirol et Desmichels qu'ils s'engageaient au nom des tribus insurgées à se reconnaître sujets de la France, à renverser Abd-el-Kader et à amener la soumission des troupes de l'émir. Mais le général Desmichels, au lieu d'accepter cette proposition, prit Abd-el-Kader sous sa protection

Une secte de fanatiques vint à se révolter contre Abd-el-Kader. Au lieu de favoriser les révoltés, les français prirent encore parti contre eux pour Abd-el-Kader.

Cette secte s'était soulevée en préchant la guerre sainte. D'importants personnages étaient à la tête de la ligue, et entre autres, le frère d'Abd-el-Kader, Sidi-Mustapha, ancien caïd dès Flittas.

Grâce à l'énergie de l'émir, grâce surtout à l'appui des Français, cette révolte fut bientôt complètement écrasée, anéantie.

Le tournant de la guerre fut la nomination du maréchal Bugeaud comme gouverneur général de l'Algérie en 1842. Celui-ci changea complètement de tactique de l'armée française, aidée de nombreuses troupes composées d'Algériens : troupes régulières (zouaves et spahis) et corps irréguliers : les goums). Il harcela les troupes d'Abd El-Kader, en cherchant à les couper de leur base. L'émir fut refoulé sur les hauts plateaux steppiques avec sa smala, capitale ambulante estimée à 30 000 personnes.

Abd El-Kader essuya un grave revers le 16 mai 1843, avec la prise de la smala par le duc d'Aumale dans la région de Boghar. Il rassembla le reste de ses troupes, sous le nom de déïra, et se tourna vers le sultan du Maroc. Celui-ci, qui avait des visées sur l'ouest algérien, intervint mais fut défait à la bataille de l'Isly (oued près d'Oujda) le 14 août 1844.

Malgré la trahison des gouvernants français (qui lui avaient assuré la liberté en échange de sa reddition), l’Emir est toujours resté un ami de la culture et du peuple français. Il eut aussi un défenseur d’une fidélité exemplaire tout au long de son emprisonnement en France : le premier évêque d’Alger, Mgr Antoine Dupuch. Les deux hommes de religion s’étaient connus et appréciés. Chacun avait reconnu en l’autre un serviteur de Dieu, malgré les différences de croyances. Il est vrai qu’avant d’être un résistant nationaliste, l’Emir Abd el-Kader était un grand mystique. Appartenant à une famille illustre faisant remonter sa généalogie jusqu’au Prophète Mohammed, il était aussi un descendant du grand saint musulman Abd el-Kader el-Djillali, et il pouvait se prévaloir du titre de “commandeur des croyants”.

 Ce n'est que le 16 octobre 1852, au retour d'une tournée en France que le futur Napoléon III vient annoncer solennellement sa liberté à l'émir. L'émir Abd El-Kader n'oubliera jamais ce geste. Par la suite les deux hommes se revoient régulièrement.

 En quelque temps, l'entente entre les deux hommes était devenue excellente.(exemple de ce que devrait être l'amitié entre la FRANCE et L'ALGERIE).

Après avoir fait serment, de sa propre initiative, de ne plus perturber les opérations françaises en Algérie (décembre 1852), il part pour Brousse puis Damas. Il enseigne la théologie à la mosquée des Omeyyades). En juillet 1860, les troubles confessionnels du Mont Liban se sont étendus à Damas. Des musulmans et des druzes attaquèrent les quartiers chrétiens, tuant plus de trois mille habitants. L'émir intervint pour arrêter le massacre et protégea, au péril de sa vie, la communauté des quinze mille chrétiens de Damas et les Européens qui y vivaient, grâce à son influence auprès des dignitaires de la ville. 

Il reçut la grand-croix de la Légion d'honneur et d'autres marques de reconnaissance venant du monde entier (notamment du Pape, du Tsar de Russie, etc.). Il consacre le reste de sa vie à des œuvres de bienfaisances, à l'étude des textes scientifiques et sacrés et à la méditation

Pour la France coloniale de l'époque, il était le modèle de « l'indigène » éclairé ayant compris la vocation civilisatrice de la colonisation et collaborant avec la France pour l'avoir combattu avec honneur. 

C'était, de la part de la France, reconnaître l'intelligence et la profonde liberté de l'homme d'honneur qu'il a été durant toute sa vie.                                                                       

Notes

Victor Hugo et la colonisation de l’Algérie

 [2] Toujours est-il que Hugo plaide nettement en faveur de la colonisation : « Je crois que notre nouvelle conquête est chose heureuse et grande. C’est la civilisation qui marche sur la barbarie. C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c’est à nous d’illuminer le monde. Notre mission s’accomp1it, je ne chante qu’Hosanna. Vous pensez autrement que moi c’est tout simple. Vous parlez en soldat, en homme d’action. Moi je parle en philosophe et en penseur. » [3]

Au regard de l'amitié qui liait l'empereur Napoléon III et  l'Emir Abdelkader, de la loyauté et de la fidélité dont celui-ci fit preuve par la suite, (Il reçut la grand-croix de la Légion d'honneur) . On pourrait dire qu'Abdelkader fondateur de l'État algérien. serait devenu le premier des Harkis qu'aurait connu la France, et, même que dans cet état d'esprit la guerre d'Algérie n'aurait jamais eu lieu.

De très nombreux musulmans ont combattu aux cours des différents conflits, sont morts pour une certaine Idée de la France. (Zouaves et tirailleurs Algériens de la garde Impériale, guerre contre la Prusse 1870, 1° conflit mondiale 1914/1919, seconde guerre 1939/45, Indochine, Algérie)

On ne peut être traite qu'à sa patrie, ou, traite à une cause. 
 

Or la patrie était La FRANCE jusqu'en juillet 1962

Une CAUSE imposée par la force, et, la violence de la terreur ne peut être une cause juste et acceptée par tous.

 

                                                  

                                                                          BACHAGHA SAÏD BOUALAM

La France leur a menti, les a trahi, et, les a abandonné, les a livré à leurs bourreaux.

Le devoir d'une Nation c'est de protéger tous ses citoyens, L'honneur d'une Armée c'est de récupérer tous ses soldats.

 

 

 Plutôt qu’un baratin fastidieux, je préfère vous faire parvenir 2 exemplaires de notre bulletin historique que je reçois semestriellement, et, qui relatent des témoignages de ce qui ont vécu cette grande aventure de « L’Algérie Française » que tout le monde voulait pieds noirs.

Hélas ! Malgré nos souffrances physiques et morales, cela, ne s’est pas passé comme nous l’espérions.

Quelques petites précisons que vous devez connaître : Les Harkis, Moghaznis, goumiers étaient des supplétifs que nous embauchions « au mois », et, qui étaient tout à fait libres de nous quitter lorsqu’ils le décidaient, ou, que nous pouvions licencier avec une raison valable.

De Mars 1956  au  2 juillet 1962, je n’ai jamais eu à faire à une telle situation ! Car ils nous étaient dévoués, tout comme nous envers eux, jusqu’à la mort, parce qu’ils étaient, et, voulaient rester Français.

En ce qui me concerne, j’ai servi comme sous-officier adjoint, et, chef du Maghzen (Harka) à la SAS de NECHMEYA département de Bône, à 65 Kms au sud de cette ville en allant vers Guelma.

De Mars 1956 à Décembre 1959, nous avions 30 moghaznis et 21 chevaux, nous étions presque en permanence sur le terrain, soit tous seuls, soit, dans le cadre d’une grosse opération militaire.

De Décembre 1959 au 2 juillet 1962, j’ai été muté à la SAS de MORSOTT, à 200 Kms au sud de Bône, et, à une trentaine de Kms au nord de Tébessa, cette SAS  était implantée sur la frontière Tunisienne dans l’inter barrage du réseau électrifié, la fameuse «  ligne MORICE » qui allait de La Calle au sud de Tébessa.

Pour terminer, ce qui est à savoir, c’est que pendant tout ce temps, ma petite famille, mon épouse, et, mes 2 enfants était avec moi, car nous n’avions plus de repli.

La Tunisie, où, nous sommes nés, venait d’accéder à l’indépendance, et, j’étais devenu « Personna non grata », mais comme nous étions en zone opérationnelle dangereuse le commandant m’a fait signé une déclaration comme quoi je dégageais sa responsabilité en cas de « Pépins », cela, je l’ai compris, et, tout s’est bien passé.

Moi j’ai été satisfait, surtout, parce que, ma femme a participé à beaucoup de choses.

Il faut que je vous dise que dans ces bordis (fortins), nous vivions les uns sur les autres, ils faisaient à peu prés 300 Mts de périmètre, contenaient 2 familles européennes, l’officier, et, le sous-officier (moi), 30 moghaznis, dont, une quinzaine étaient mariés, et, avaient 4 à 5 enfants chacun, cela, faisait beaucoup de monde dans cette petite surface, je passe sous silence les 21 chevaux, et, la vache qui nous donnait son lait.

Mon épouse s’occupait des femmes, et, enfants des Harkis, leur apprenant à coudre, et, à tricoter, et, surtout à parler de tout et de rien, tout cela, pour escamoter l’angoisse qui s’installait, car, sur 7 nuits de la semaine nous étions harcelés violemment 2 à 3 fois.

Lorsque, vers la fin des années 1959 « les comités de salut public » ont été créés, mon épouse s’est profondément investie.

Malgré, tout cela, le 2 juillet 1962, nous avons été canalisés par les troupes du FLN qui nous narguaient à l’aéroport de Bône.

Nous avons quitté cette terre qui sans être notre pays natal, puisque nés en Tunisie, nous était chère.

Je m’étais promis de ne pas faire de baratin, mais là, je n’ai pas pu résister, parce que, vous, et, nous ressentons la même amertume.   

                                              

 

 

    

 

            

  

PENDANT LA GUERRE , les pères de famille étaient rappelés et servaient généralement dans les unités territoriales qui étaient des formations supplétives et aucune distinction, d'équipements de tenue ou de contrat ne différenciaient les suppétifs de statut civil de droit commun de souche africaine ou de souche européenne, de leurs frères d'armes de statut civil de droit local.
Ceux-ci étaient affectés dans les missions de patrouilles, de gardes, contrôle dans ORAN VILLE surtout dans le village nègre, ils faisaient le travail que l'armée régulière française ne faisait pas.

             

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