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COMMÉMORATION DU 49° ANNIVERSAIRE DU MASSACRE D' ORAN DU 5 JUILLET 1962
« Contrairement à ce que l'on croit , les pieds-noirs étaient avant 1954 , date du début de la guerre d'Algérie, majoritairement à gauche. Toutes les opinions politiques existaient en Algérie mais la population française, essentiellement constituée de fonctionnaires et d’ouvriers, votait un peu moins à droite qu’en métropole. Au moment de la guerre, les hommes politiques de tous bords ont tergiversé. Les pieds-noirs ont fait preuve d’une certaine naïveté. Ils ont cru le « je vous ai compris » de de Gaulle en 1958. Ils se sont sentis trahis par la droite en 1959 lorsque de Gaulle a appelé à l’autodétermination du peuple algérien. Un nombre assez élevé de pieds-noirs étaient membres ou proches du PCF(PCA en Algérie). Certains militants du PCF et de la SFIO ont soutenu le FLN. Une minorité de pieds-noirs, les « pieds-rouges », a choisi de ne pas quitter le pays jusqu’en 1965, après le coup d’État de Boumedienne, qui a souhaité leur départ. Les autres se sont souvent éloignés, par déception, de la mouvance communiste. » « Les pieds-noirs ne se sont pas sentis bien accueillis par leurs concitoyens métropolitains et par l’État français. La génération qui s’est repliée en France en 1962 est la même que celle qui a participé à la libération de la Provence en 1944. Elle ne s’attendait vraiment pas à un tel rejet des métropolitains qui les percevaient comme de riches propriétaires terriens. L’image du gros colon faisant suer le burnous a encore la peau dure. Le gros colonat a certes existé, mais il était très loin d’être majoritaire en Algérie. les rapatriés d’Algérie, lorsqu’ils débarquent en Provence, en 1962, leur arrivée n’est pas une partie de plaisir. « Les journaux à l’époque ont parlé d’une invasion de gens douteux, Quarante cinq ans plus tard, alors que la plupart des grands acteurs politiques, militaires et civils de cet exode ont quitté le devant de la scène, les pieds noirs font encore l’actualité. De nombreux chercheurs s’interrogent sur leur place réelle dans la société contemporaine, sur leurs comportements politiques. Et l’on découvre une mémoire qui s’est secrètement transmise. « Le refus d’affronter la mémoire collective galvaudée par certains historiens fait qu'il y a la volonté de réécrire leur histoire. Celle du rapatriement, bien sûr, mais celle de la colonisation et de la décolonisation également. Beaucoup de Pieds Noirs veulent pourtant se démarquer de l’image du colonisateur. Autre image qui gêne : celle de l’ancien de l’OAS. » La volonté de De Gaulle de" tourner rapidement la page "« La brutalité de l’exil des pieds-noirs, pendant l’été 1962, tout comme les massacres de harkis, sont fondamentaux pour comprendre. Redécouvrir les pieds noirs, c’est décloisonner l’une des mémoires collectives qui s’est transmise presque secrètement pendant quarante ans. « On parle beaucoup des fils de harki. C’est parce que leurs pères ont été muselés, oubliés, qu’ils doivent aujourd’hui mener au grand jour un combat pour leur reconnaissance. Pour les pieds noirs, c’est l’inverse. Ce sont les pères qui se sont battus. Les fils n’ont pas vraiment de luttes à poursuivre ». « C’est clairement un cliché d’affirmer que les pieds-noirs votent massivement pour le Front National. Certains ne comprennent pas pourquoi les algériens veulent maintenant vivre en métropole après avoir voulu leur indépendance, ce qui a provoqué le départ des Français d’Algérie. Mais la grande majorité d’entre eux ne sont pas racistes, sont opposés au FN, attachés aux valeurs républicaines et hostiles à toute forme de fascisme. Le vote de reconnaissance a bénéficié à ceux qui ont su les accueillir, parfois même aux communistes. une mairie PCF (Échirolles) qui elle aussi a su gérer correctement leur arrivée. Ils votent en fonction de leur appartenance sociologique, Il n’y a donc pas que des pieds-noirs qui votent pour le FN, loin de là ! Quant à leurs enfants, leur positionnement politique est désormais assez comparable à celui des Français. On observe qu’ils sont nombreux à se rapprocher des partis de gauche. » Plus qu’un vote d’extrême droite, il s’agissait surtout d’un vote sanction à l’égard de de Gaulle. Plus globalement, durant ces années, ils sont passés majoritairement à droite, se sentant rejetés par la gauche prompte à les assimiler au colonialisme. » « Vis-à-vis de la politique, les pieds-noirs sont tiraillés entre deux attitudes : ils s’en méfient, comme l’ensemble des Français et aussi parce qu’ils ont toujours le sentiment de ne pas avoir été compris par les élus de tous bords, mais ils se souviennent aussi que tout s’est joué sur le terrain politique en Algérie. Ils participent donc aux consultations électorales « pour ne plus se faire avoir ». » « Aujourd’hui, ils ne forment plus véritablement une communauté. La plupart des pieds-noirs ont retrouvé au prix de nombreux efforts la position sociale qui était la leur avant 1962 même si, lors de l’arrivée en métropole, ils ont perdu un temps leurs emplois et leurs repères. Il n’y a pas eu, véritablement, de déclassement social.»
Extraits Le Monde, 30 juin 2002 Benjamin Stora, Jean Jacques Jordi, entretien avec Emmanuelle Comtat doctorante (LE RAVI octobre 2004).
Petit à petit les pieds noirs ont construit une mémoire hors-sol, abreuvée par une édition abondante de photos, de récits, de souvenirs " " on se demandait quel avenir on donnerait à nos enfants". Au début, on était déprimé. Plutôt que de se laisser aller, on a choisi de travailler, de se retrousser les manches, nous n'avons pas voulu leur transmettre le désespoir, et surtout pas de haine. On n'a jamais donné la parole aux Pieds noirs, si ce n'est pour les stigmatiser à travers des slogans, en les jugeant collectivement responsable et coupable.
En Algérie, la proclamation du cessez-le-feu, le 19 mars 1962, marque la fin de la guerre dans les mots, mais c’est le début d’un déchaînement de violence qui va déferler jusqu’en juillet.
Les multiples résurgences de la mémoire coloniale dans le débat public français des années 2000, en particulier depuis 2005, n’ont pas manqué de susciter de fort vives réactions. Qu’il s’agisse de la reconnaissance de l’esclavage dans les premières colonies françaises comme crime contre l’humanité (loi Taubira de mai 2001), des revendications répétées des anciens harkis et de leurs enfants, de l’« Appel des indigènes de la République » (janvier 2005), de la loi du 23 février 2005 reconnaissant le « rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » ou de la réaffirmation bruyante des nostalgiques extrémistes de l’Algérie française, les motifs de réactions n’ont pas manqué. Avec des points de vue souvent contrastés, les historiens ont tenu à réaffirmer leur propre rôle - et ses limites - dans ces débats (Gilles Manceron). Parce que l'air du temps était à l'anti - colonialisme, à la repentance , à l'auto flagellation, et que de repentances, en reniements de notre histoire la France ne savait plus où elle allait. La présidence Chirac ayant entamé le processus contesté de la repentance. les insultes du président Algérien Bouteflika en visite officielle en France à l'encontre de nos compatriotes les Harkis a scandalisé l'opinion publique Française. La surenchère électoraliste du parti socialiste sous la pression du lobbying FLNiste a incité les PN de gauche a s'élever contre la terreur des biens pensants des philosophiquement corrects, à exercer leur droits de " citoyenneté et du libre-arbitre". Lassé par ce climat de culpabilisation les pieds noirs et les harkis toutes appartenances politiques confondues ont réagi en répliquant par des oeuvres de mémoires. (scénario du téléfilm « Harki »de Dalila Kerchouche co-rédigé avec Arnaud Malherbe. téléfilm de gilles Perez : Les Pieds Noirs, Histoires d'une blessure.
il aura fallu attendre 40 ans pour que la presse commence à remettre en question les clichés et les amalgames que certains s'employaient à faire valoir comme certitudes de l'histoire, (Pieds noirs= Colons=OAS, et Harkis=traites=Collabos) et a s' intéresser au sort qui a été celui des rapatriés d' Algérie, aux pieds noirs et aux harkis. Parce que l'Histoire a besoin de mémoires, et, que les mémoires sans histoire ne peuvent satisfaire la juste vérité, C’est avec lucidité qu’il nous faut regarder l’histoire, et rechercher, ce que les historiens ont oubliés d’écrire. Parce que l' histoire s' écrit à partir de faits et que la compréhension de ces faits se fait à partir de témoignages (la Shoa) Il n'y a pas d'Histoire avec un H majuscule; il n'y a que des historiens. Un historien est une personne qui étudie ou communique sur l’histoire. Il a pour tâche de rapporter des faits passés, de les catégoriser, puis d'en proposer une interprétation équilibrée et justifiée par des sources, sous le contrôle de l'opinion publique[1]. (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Historien). L’historien est enfin un écrivain, parfois romancier de l'histoire. Aussi lorsque certains prétendent que : "La mémoire a essentiellement pour fonction de souder un groupe autour d'événements vécus et de représentations collectives, c’est la raison pour laquelle la mémoire est sélective et tend toujours à privilégier les données qui renforcent la cohésion des groupes. En ce sens, la mémoire participe du vivant, mais cette nécessité ne saurait se confondre avec le travail de l’analyse historique, qui relève de l’exercice de la citoyenneté et du libre-arbitre. Histoire et mémoire ne sauraient se confondre, parce qu’elles n’ont pas le même objet. Les mémoires, aussi respectables et souffrantes qu’elles puissent être, sont pour l’historien au premier chef des documents historiques ; en aucun cas, elles ne peuvent prétendre se substituer à la vérité historique" (F.Abecassis) Extraits correspondances colloque de Lyon 20-22 juin 2006. Ainsi, certains historiens refusent de " soumettre l'histoire à la mémoire ". Hors en ce qui concernent la guerre d'Algérie, Toutes les archives Française ne sont pas accessibles, elles le seront en 2060, quand aux archives Algériennes soit elles ont été détruites ou sont disparues, et probablement, si la nature du régime politique algérien ne change pas, elles ne seront jamais consultables. Pourquoi donc refuser cette mémoire là, alors que ces mêmes historiens ne la contestent pas lorsqu'il s'agit d'autres faits historiques. Certains historiens conscient de cette difficulté l'exprime dans leurs écrits :"le devoir qu’ont les historiens de refuser de croire aveuglément les idées reçues, et de ne rien affirmer sans en avoir vérifié l’exactitude". Refusant la dictature du « on dit » et du « chacun sait que : En effet, les historiens français ont eu trop tendance à croire qu’ils devaient "balayer devant leur porte", c’est-à-dire chercher à mettre au jour les fautes de leurs compatriotes, et laisser leurs collègues algériens faire de même de leur côté. Mais cette apparente symétrie n’était pas vraiment réalisée, dans la mesure où les historiens algériens n’étaient pas libres de contester ouvertement les dogmes officiels de leur État. De ce fait, les vaincus de la guerre d’Algérie persistaient dans leur impression que les prétendus historiens manquaient gravement à l’objectivité dont ils se réclamaient en évitant soigneusement certains sujets. Les historiens dont il s’agit croient sans doute que la disparition de la génération des dirigeants issus de la guerre d’indépendance mettra fin à la domination de la mémoire officielle sur l’histoire de l’Algérie, mais c’est un pari audacieux sur l’avenir que rien n’est venu confirmer jusqu’à présent, bien au contraire. Et si les Algériens ne sont pas encore libres de tout dire, il nous appartient au moins à nous de tout dire, pour nous et pour eux. La guerre d'Algèrie a été une triple guerre : Franco/Française, Franco/Algérienne et Algèro/Algérienne. (Guy Pervillé, Professeur d’histoire contemporaine à l’ Université de Toulouse - Le Mirail (France). Travaux de recherches et de publications.. concernant la COLONISATION et la DECOLONISATION de l’empire colonial français, et tout particulièrement celles de l’Algérie. http://guy.perville.free.fr/spip/article.php3?id_article=27 http://www.clionautes.org/spip.php?article2236 C’est l’homme qui fait l’histoire, mais, sans histoire l’homme ne serait rien. Les Pieds noirs ont été les victimes d'une décolonisation mal préparée, quand à nos compatriotes les Harkis Ils ont été marginalisés, frappés d’ostracisme, victimes du racisme, comme si la France les reniait, en avait honte, après les avoir utilisés." Les accords d'Évian signés le 18 mars 1962 prévoient que :
Les accords d’Évian ne prévoient aucune disposition particulière quant à la protection ou l’avenir des loyalistes et de leurs familles, qu’ils soient Pieds-noirs, Juifs séfarades ou harkis, mais incluent une amnistie pour les actes effectués et les opinions émises avant l’indépendance. La loi française du 23 février 2005, dans son article 2 dénoncera le non-respect des accords d’Évian qui prévoyaient pour le futur gouvernement algérien d’assurer la sécurité des harkis. Cet article de la loi ne sera pas critiqué par le président algérien Bouteflika. Le FLN prétendra qu’il ne s’agissait que d’une « déclaration » qui ne l’engageait pas. Ce qui, d’après des associations de rapatriés, donnera tout son sens au slogan de certains nationalistes algériens : « La valise ou le cercueil »[2]. http://fr.wikipedia.org/wiki/Harki La France leur a menti, les a trahi, et, les a abandonné, les a livré à leurs bourreaux. Le devoir d'une Nation c'est de protéger tous ses citoyens, L'honneur d'une Armée c'est de récupérer tous ses soldats. http://pagesperso-orange.fr/pnmohican/harkis.htm L' ARAPREM demande la réouverture de toutes les archives, y comprises les minutes des conseils des Ministres de l'époque, ainsi que la création d'une commission d'enquête parlementaire droite / gauche genre Outreau. A notre avis seul espace pour un débat historique serein.
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Commentaires
L'apport de la colonie algérienne à l'économie nationale, longtemps limité à une agriculture commerciale dynamique, s'est transformé grâce aux découvertes de pétrole et de gaz qui se multiplient après 1951. En Juin 1956. Hassi Messaoud, un lieudit dans l’immensité désertique du Sahara, est sortie de l’anonymat, la ruée vers l'Or Noir le 7 janvier 1958 ouvre les appétits. Le dogme islamiste du FLN était de chasser le Gaouri (non musulman) d'Algérie.
Les négociations d’Evian seront dures après que De Gaulle eut affiché sa volonté de garder le Sahara dans le giron français pour des raisons que l'on connait, le pétrole, mais aussi, poursuivre les essais nucléaires et avoir ainsi "sa bombe atomique". Les accords d'EVIAN, le cessez le feu du19 Mars 1962 radicalise les populations.
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