DIALOGUE ENTRE HISTORIENS

 

Parce que l'Histoire a besoin de mémoires, et, que les mémoires sans histoire ne peuvent satisfaire la juste vérité.

la mémoire a essentiellement pour fonction de souder un groupe autour d'événements vécus et de représentations collectives. Vous l’exprimez de façon parfaite dans une des phrases placée en exergue sur votre site : « la mémoire est une drôle de chose qui nous fait oublier les durs moments, la vie difficile, et ne retenir que les bons cotés de notre vécu en Algérie. » Je me suis permis d’y souligner deux termes : nous, notre vécu, qui renvoient à ce groupe au nom duquel vous nous interpellez. C’est la raison pour laquelle la mémoire est sélective et tend toujours à privilégier les données qui renforcent la cohésion des groupes. En ce sens, la mémoire participe du vivant. Personne ne songe à contester que des commémorations puissent être célébrées au nom d'un devoir de mémoire, souvent nécessaire. Mais cette nécessité ne saurait se confondre avec le travail de l’analyse historique, qui relève de l’exercice de la citoyenneté et du libre-arbitre.

 Pour le dire autrement, et de façon peut-être plus claire : histoire et mémoire ne sauraient se confondre, parce qu’elles n’ont pas le même objet. Les mémoires, aussi respectables et souffrantes qu’elles puissent être, sont pour l’historien au premier chef des documents historiques ; en aucun cas, elles ne peuvent prétendre se substituer à la vérité historique.  

Nous ne saurions admettre que des artisans de mémoire, de quelque côté qu’ils se situent, croient et disent détenir la vérité et prétendent imposer telle vision unilatérale manichéenne : pas plus les entrepreneurs d’idéologie qui veulent faire de la colonisation en Algérie le tableau d’un jardin d’Éden, que ceux qui la travestissent en génocides comparables aux entreprises nazies : j’avoue avoir été consterné de propos en ce sens entendus à la télévision algérienne à propos de la commémoration des massacres de Sétif et de Guelma qui ont suivi le 8 mai 1945. Mais je ne saurais pas davantage souscrire à la qualification de génocide concernant les massacres perpétrés à Oran en juillet 1962.  

Extraits correspondances colloque de Lyon 20/22 Juin 2006

Des massacres épouvantables (si c'est bien d'Oran en juillet 1962 qu'il veut parler), dont les historiens ne sauront ni ressusciter les morts, ni vraisemblablement retrouver la trace des disparus ; des massacres qui selon toute vraisemblance, auraient pu être qualifiés de crimes de guerre s'ils avaient été jugés, mais certainement pas un génocide. Une telle qualification suppose, selon les termes de la Convention internationale pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée le 9 décembre 1948, " l'intention de détruire en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel".
Le travail des historiens a montré que ce n'est pas cette intention qui animait les commanditaires de ces massacres, mais plutôt, de la part de l'armée des frontières, une volonté de discréditer le FLN oranais dans sa capacité à assurer l'ordre à Oran.
Ce refus de voir ces massacres qualifiés de génocide n'enlève rien à l'horreur qu'on peut éprouver à leur simple évocation, ni à la compassion que l'on peut avoir pour les victimes - nous autres historiens n'avons pas grand chose de plus à leur donner...

Gilbert Meynier a immédiatement répondu et complété ma réponse avec celle de notre collègue algérien :
    Je viens à l'instant d'avoir Krima Rouina au téléphone. Il m'a bel et bien assuré qu'il parlerait lors de son intervention des tragiques massacres d'Européens à Oran le 5 juillet 1962. Il évalue, lui, le nombre de mort à environ 700 (soit près du double des estimaitons officielles françaises). Et il m'a dit qu'on pouvait dire cela au "Progrès".
    Amitiés,
    Gilbert

Les historiens savent bien que la page ne se tourne pas aussi facilement qu’on dit, que parmi les enfants de l’immigration des Algériens, des Pieds-Noirs ou des Harkis, les mémoires sont encore à vif, que beaucoup de sang a coulé et que les morts habitent encore les mémoires.

C’est avec cette matière complexe que nous devons travailler, de façon à écrire une histoire qui soit audible par tous et enseignable à tous : des deux côtés de la Méditerranée, en centre-ville et en banlieue, en Amérique ou en Chine pour peu que des gens cherchent à y savoir ce qui s’est joué entre la France et l’Algérie de 1830 à 1962, et jusqu’à aujourd’hui encore. C’est le propre des ambitions scientifiques que d’essayer de se placer au-delà des émotions, un peu comme des médecins légistes ou des étudiants en médecine qui dissèquent des cadavres, sans jamais pour autant imaginer ressusciter le défunt.

l faut que nous puissions trouver des endroits où il est possible de dire et d'expliquer ce qu'on a trouvé devant d'autres historiens pour qu'ils puissent dire, avec leurs connaissances et leurs points de vue différents du nôtre si à leur avis on s'est "fait avoir" ou non par les sources qu'on a utilisées, sans se faire reprocher ce qu'on a trouvé, ni menacer parce qu'on a envie de dire ce qu'on a trouvé.

Frédéric Abécassis
Maître de conférences en histoire contemporaine
Ecole normale supérieure Lettres et Sciences humaines - UMR 5190 LARHRA

Parce que ma démarche s’inscrit dans un souci de vérité, et, que ma vérité n’est pas forcément celle des autres. 

Ceci est un espace mis à la disposition de tous ceux qui veulent oeuvrer pour la réconciliation des mémoires, et, enfin franchir les obstacles idéologiques, politiques, citoyens, afin, de créer les conditions d'une mémoire apaisée.

De : MalletDaniele

Date : 06/16/07 12:06:18
A : claude.garcia-pap@wanadoo.fr
Sujet : Fw: Article "el Watan"du 29 Mai
 
----- Original Message -----
From: MalletDaniele
To: postmaster@notrejournal.info
Cc: garciachristiane82@neuf.fr
Sent: Friday, June 15, 2007 8:32 PM
Subject: Fw: Article "el Watan"du 29 Mai

 Copie de mon méssage à l'auteur de l'article d'"el Watan" du 29 Mai dans la rubrique "actualité-international-Algérie"
 que vous pouvez reproduire Bien cordialement  JF Paya
----- Original Message -----
From:Jean-François Paya
To: alitehami@yahoo.fr
Sent: Friday, June 08, 2007 3:06 PM
Subject: Article "el Watan"du 29 Mai

Cher compatriote j'ai bien apprécié votre article judicieux "le FLN aprés 62" dans "el Watan" du 29 Mai 07 avec votre critique
de l'installation du parti unique ;d'autant plus que j'avais vu et critiqué cette turpitude dés son origine sur le térrain à Oran où
je me trouvai ;ce qui m'a contraint comme beaucoups à l'exil Mais dans votre article vous sacrifiez à la langue de bois en
parlant "de la reconstruction du Pays dévasté par l'OAS"il ne faut rien exagérer la catastrophe fut en réalité le départ massif des
Algériens d'origine européenne (voir citation d'Hait Ahmed) 90% des installations et industries fonctionnaient ainsi que les
administrtions dans les campagnes beaucoup de cultivateurs en Oranie etaient méme revenu faire les vendanges en Sept 62
mais n'epiloguons pas Le départ du drame fut la lutte pour le pouvoir de Juillet 62 avec le putch de l'Armée des frontieres qui
en réalité n'avait jamais combattu mais préparé au coup de force qui établi le parti unique que vous déplorez justement
en voici la genése sur laquélle j'avais enquété et toujours occultée dans les deux Pays Bien cordialement J F PAYA
     Suit un dossier sur le drame du 5 Juillet qui aidas à la prise de controle de l'ALN extérieure qui établi le parti unique
                        
Un des dossiers le plus occulté de l'histoire de la Guérre d'Algérie
                    Bien cordialement Jean-François Paya Auteur AC/Algérie classe 54/2 présent sur
                            le térrain jusqu'a fin 64 (collaborateur du livre "l'Agonie d'Oran " )
             

                      Le 5 juillet 1962

       
 
Pour plus d'informations, voir le site remarquable de Geneviève de Ternant : http://oran1962.free.fr/
 

 

                                             
 
 
Je suis retourné en 1985 à Oran pour vérifier certaines données et j'ai eu des informations complémentaires de certains témoins Algériens de ma génération et plus jeunes aussi qui confirment mon enquête,par contre difficile d'obtenir des témoignages de Militaires Français présents sur le terrain en 1962  
 Jean-François Paya
 

 LES CAUSES DU MASSACRE

 
Source : "Cet article a eté mis sur le site Oran 5 juillet de G de Ternant avec références et sources
que vous pouvez utiliser." JF Paya, cercle algérianiste du Poitou
(publié aussi dans "les dossiers secrets de l'histoire "n 42 sept 2002)

Cinq Juillet 1962.

Cette date est celle de l'indépendance pour les Algériens.

Cependant pour les Français d'Oran, seule ville où ils étaient majoritaires, elle évoque une journée d'horreur où près d'un millier d'entre eux furent massacrés en présence d'une garnison Française de 18000 hommes strictement consignée dans ses cantonnements. (1) (2)
Ces forces françaises avaient cependant un rôle théorique de protection de leurs ressortissants, d'après les déclarations publiques et les promesses faites par écrit et diffusées en Algérie comme en métropole. Les accords d'Evian prévoyaient la remise des pouvoirs à "
l'exécutif provisoire " mis en place depuis le 19 Mars 1962. Celui-ci devait maintenir l'ordre avec une " force locale " quasiment volatilisée à Oran, assistée de l'Armée Française ; et ce en principe jusqu'à la transmission de ses pouvoirs à une assemblée nationale élue au suffrage universel .
Ceci ne fut effectif que le 27 Septembre 1962. Mais les accords d'Evian ne faisaient nullement référence au GPRA et à l'ALN dans ce processus…

Les dits accords ayant été ratifiés par la population algérienne dans la question posée au référendum du 1er Juillet 62, cela déterminait le droit, y compris sur le plan international puisqu'ils figurent au rang des traités internationaux à l'ONU ; ils contenaient aussi une clause d'amnistie générale réciproque qui fut violée sous la responsabilité du FLN pour les harkis.

En réalité l'indépendance de l'Algérie fut proclamée officiellement le 3 Juillet 1962 avec l'arrivée du GPRA et de son président Ben Khedda à Alger. Ce dernier entérina la date historique du 5 Juillet (prise d'Alger en 1830) qui avait été choisie par le comité inter-willayas de l'intérieur (la willaya V d'Oranie étant volontairement absente) opposé à l'Etat-major de l'ALN extérieure basée à Oujda au Maroc et à son chef, le colonel Boumédiène. Le 30 Juin cet état -major avait été dissous et son chef destitué par le GPRA mais rejoint par Ben-Bella lui aussi opposé au GPRA d'Alger.

La lutte pour le pouvoir commençait.
Selon Mohamed Harbi, historien et ex-responsable FLN avec la France, la Tunisie et le Maroc, " il faut bien manœuvrer car si ces Etats apportent leur soutien au GPRA et bloquent l'ALN à l'extérieur, c'en est fini de la coalition benbelliste ". En Oranie la willaya V appendice de l'ALN d'Oujda, était surtout composée de ralliés de la dernière heure et de déserteurs de la Force locale musulmane. Il faut souligner qu'en Oranie les katibas de l'intérieur avaient été pratiquement anéanties par l'Armée Française. .Le chef de cette willaya, le colonel Othmane acquis à Boumédiène, préconisa des défilés de manifestations encadrés dés le 3 Juillet, y compris à Oran où 4 à 5 katibas(compagnies) de l'ALN locale reconstituée après le 19 Mars, défilèrent à la limite des quartiers musulmans. Il en fut de même dans toute l'Oranie sans incident notable.

A Oran un "comité de réconciliation " avait été créé avec des notables Européens, et les derniers commandos de l'OAS voguaient vers l'Espagne avec l'accord tacite des autorités, tandis que les Européens, résignés participaient en majorité au référendum du 1er Juillet pour des raisons évidentes de sécurité.
Armée des frontières contre GPRA

Mais pour radio Alger, de nouvelles manifestations furent demandées par le GPRA pour le 5 Juillet, destinées à le
" faire valoir ". Cette manifestation à Alger devait ètre présidée par Ben Khedda et Krim Belkacem les ennemis jurés de Boumédiene et de Ben Bella.
Pour les conjurés d'Oujda qui allaient ensuite s'installer à Tlemcen, cela ne pouvait se passer ainsi. Ils leur fallait démontrer que les partisans du GPRA n'étaient pas capables d'assurer l'ordre tout en conjurant le risque d'une enclave européenne dans la zone Oran - Oran-Mers-el-Kébir. Mais surtout ils préféraient avoir un prétexte pour faire intervenir massivement cette armée des frontières sans paraître faire un coup d'Etat .
Bien sur la population ne comprenait rien à ce qui se passait et nous l'avons vue après le 5 Juillet, le long de la route Tlemcen-Oran. ,acclamer ces troupes, casquées, équipées de neuf, qui étaient supposées
" aller combattre l'OAS à Oran ". Mais une fois sur place, elles mirent surtout au pas leurs opposants et les éléments musulmans perturbateurs que la provocation avait déchainés (3)
Au départ un défilé pacifique

Il faut signaler qu'à l'intérieur de l'Oranie bien tenue en main par les Ben-bellistes, aucune manifestation pour le 5 juillet n'était prévue ; mais difficile de contrecarrer l'appel du GPRA diffusé par Radio Alger ;surtout à Oran, où les éléments anti-Etat-major étaient influents parmi certains cadres intellectuels FLN, syndicalistes UGTA et scouts Musulmans avec un vieux fond messaliste persistant et une question lancinante :
"Où était cette armée de parade pendant les années de braises ? " Aussi ces responsables s'empressèrent-ils de suivre les consignes d'Alger, alors que le capitaine Bakhti représentant la willaya V et parachuté à Oran après le 19 Mars, avait prétendu " que rien n'était prévu à Oran " où l'activité reprenait. Des banderoles significatives furent préparées, telles " Non au culte de la personnalité " " Un seul héros le peuple " parmi les slogans habituels aux " martyrs de la révolution " allusions à peine voilées contre le groupe dissident d'Oujda, sibyllines pour la population mais moins pour les journalistes qui couvraient l'événement dont beaucoup se réfugièrent ensuite dans le batiment de " l'Echo d'Oran " durant le reste de la journée.
Une provocation qui conduira au massacre des Européens

Il est aujourd'hui acquis, et nos enquêtes le prouvent, que les agents de Boumédienne et certains partisans de Ben Bella eurent pour mission de saboter cette manifestation par des tirs venant de certaines terrasses sur le défilé dès son arrivée au centre ville. un scout musulman sera tué, d'autres sont blessés dont un agent temporaire ATO. Des comparses se répandent alors dans la foule en hurlant
"C'est l'OAS ! c'est l'OAS ! " (4).
Et le massacre des Européens commence, anarchique ou structuré après enlèvement vers les quartiers périphériques.
Il n'est pas possible, dans cet article, de démonter entièrement le puzzle de cette tragédie. Mais nous l'avons fait avant d'autres, dans un ouvrage :
L'Agonie d'Oran, ignoré des médias depuis près de vingt ans et dont le troisième volume, qui contient le rappel des faits, de nouveaux témoignages et les résultats de l'enquéte qui fut menée sur le terrain et poursuivie jusqu'à nos jours .
Nous avons pu éliminer la cause purement fortuite de la provocation en nous basant sur l'analyse des témoignages, y compris de militants algériens, sur les rares archives militaires, sur le déroulement des incidents et sur quelques images filmées au début de la provocation. De source privée, nous avons aussi eu accès à des textes inédits, classées " secret confidentiel " par l'armée française et émanant de l'Etat Major de l'ALN, datés du 5 juillet 1962, jour du drame. Des textes qui démontrent la virulence de l'opposition avec le GPRA et préparent les troupes à intervenir, pour rétablir l'ordre, alors que personne ne savait ce qui se passait à Oran ! (5)
Les pompiers pyromanes de l'ALN

Bien sûr , nous n'aurons jamais un ordre de mission signé de Boumédienne. Mais Mohamed Harbi a écrit :
L'Etat -major a une vue cynique des choses ; il désire ruiner l'autorité du GPRA ; avec Ben Bella, il ne reculera devant aucun procédé pour se saisir du pouvoir.
Et le garder…La suite l'a prouvé ! S'il etait besoin d'autres preuves de ces assertions, la crise ayant éclaté au grand jour, nous avons retrouvé dans la presse des communiqués moins confidentiels que le nôtre : tandis que le " groupe de Tlemcen " faisait appel à l'Etat major " pour rétablir l'ordre et la sécurité à Alger ", un communiqué des willayas III et IV " accusait un réseau dirigé par Yacef Saadi
" de tirer sur les djounouds, espérant profiter de la confusion pour occuper la capitale et préparer l'arrivée des bataillons de l'ex Etat major " (Le Monde). Ils ne purent y pénétrer que le 9 septembre . Idem un message " géné-super " de l'armée française signale des tirs et des provocations dans les quartiers de l'Agha et des facultés à Alger ; des cris incriminant l'OAS auraient aussi été entendus ! Mais le procédé qui avait si bien réussi à Oran fit long feu…Dans cette ville, l'avancée de l'ALN du Maroc (qui dût cependant réquisitionner camions et bus privés) venue " rétablir l'ordre " en pompiers pyromanes avait été avalisée par un GPRA abusé qui, dans un communiqué du 6 juillet, annonce " une attaque de l'OAS " avancée dans un premier temps par les benbellistes d'Oran, argument vite abandonné pour incriminer ensuite des " des bandes anarchiques "(6)
Les victimes du 5 juillet boutées hors de l'histoire

Ce troisième volume de l'Agonie d'Oran se veut plus technique que les précédents, chiffrant les effectifs, énumérant les unités des forces Françaises présentes à Oran, situant leurs cantonnements imbriqués dans la ville, à proximité des premières exactions : 18000 hommes strictement consignés, comme le rappellent plusieurs fois les journaux de marche (JMO) de certaines unités, qui relatent avec parcimonie ce qu'elles ont pu voir de " leurs balcons " Certaines sont intervenues parfois pour ouvrir leurs portes aux fugitifs ou en cas de légitime défense patente, comme à la gare d'Oran.
(7)
Il faut tout de même signaler une initiative remarquable : celle du lieutenant Khéliff qui intervint avec son unité loin de sa base. Le général Katz, chef du secteur autonome d'Oran se raccrochera plus tard à ces quelques rares mais précieuses interventions d'initiatives " humanitaires " en se couvrant derrière des " ordres supérieurs ", venus du sommet de l'Etat. Il n'en reste pas moins que madame de Ternant, ordonnatrice de l'ouvrage, a raison d'écrire :
C'est le seul exemple dans l'Histoire, d'un massacre perpétré sur une communauté sans défense en présence de son armée qui laisse assassiner et enlever ses ressortissants sans intervenir.
Et elle pouvait ajouter d'une armée invaincue !
Selon le vote unanime de l'Assemblée Nationale, la guerre d'Algérie a officiellement cessé le 2 juillet 1962.
Ce n'est pas une raison pour bouter hors de l'histoire les victimes du 5 juillet à Oran

Par Jean-François PAYA Ancien combattant d'Algérie classe :/54
En service à la Base de Mers-el -Kébir jusqu'à fin 1964

(1) Victimes tuées sur place où enlevées et déclarées " disparues " 800 selon JP Chevènement, attaché militaire au consulat d'Oran dans un ouvrage en 1977 / 440 plaintes déposées à ce consulat sachant q'une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes. Plus (+) de nombreux hommes non déclarés ( isolés ; familles déjà parties en France )

(2) 12 000 militaires Français intra-muros + garnisons extérieures Marine et Air détail des unités dans le livre 3 " l'Agonie d'Oran "
(3) Il faut préciser que dépourvue de moyens logistiques de transport après réquisition de camions et bus privés et publics dans la zone intérieure, l'ALN des frontières arriva le Dimanche 8 Juillet à Oran.

(4) Premiers tirs sur le défilé à 11h15 précise, selon plusieurs témoins militaires et Algériens dont le commandant du service social des Armées Bd Joffre (livre 1 " agonie d'Oran ")

(5) Note de renseignement 1226 B2 classifiée secret /confidentiel /Communiqué de l'Etat Major de l'ALN du 5 Juillet 1962 (texte intégral dans "agonie d'Oran " 3 )
(6) Le capitaine de l'ALN Bakhti organisa le 10 juillet un montage médiatique pour tout mettre sur le dos d'un chef de bande pseudo Attou qui évoluait après le 19 mars dans les quartiers sud-est d'Oran ;

(7) Seul accrochage sérieux avec une section du 8ème Rima en faction à la gare qui fit plusieurs victimes du côté Musulman (très édulcoré des 2 cotés)

Autres sources :
(8) Note aux chefs de Corps n°99 /saor/3/ope du 20 juin signée général Katz qui prévoit l'usage de la " légitime défense " y compris pour les ressortissants Français après le 3 juillet (non appliquée sur l'ordre du pouvoir central la veille de l'indépendance, avec l'ordre strict de consigner les troupes)
(9) Bulletin de rens n° 1512 du 12 /7/62 classé/secret révélant enfouissement de cadavres au bull-dozer avec photos d'hélicoptère zone du petit lac sud-est d'Oran Mais aucune enquête officielle ; 44 ans après on procède enfin à une recherche du nombre des victimes sur la base de documents partiels en sachant que certain
s historiens algériens reconnaissent au moins 2 charniers au " Petit Lac " et au cimetière Tamazouet .
COMPLEMENT TRANSMIS PAR L'AUTEUR (avec autorisation de publier)
Pour mémoire : article cité "pour en savoir plus" p 81 du n° 231 d'Avril 1999, revue l'HISTOIRE, sans aucun démenti depuis cette diffusion
ref : / note de rens 1266:B2:sec-conf /odj EMG ALN du 5 juillet 62 prouvant le complot (voir ci dessous)
ref :/ bulletin rens 1512 du 12/7/62 class/secret/enfouissement cadavres bull-dozer zone du petit lac Oran /
Photos d'hélicoptère, note 99 du 20 juin /Katz citée avec liste unités. Par contre aucune trace d'enquête officiélle.
La mienne ne fut pas agréée (resté à la base de Mers-el Kébir jusqu'en 1965)
JF PAYA Historien (tous documents disponibles)
" Difficile de trouver un chat noir dans une pièce noire surtout lorsqu'il n'y a pas de chat "
proverbe chinois à propos des archives

Les Forces françaises en présence à Oran le 5 juillet 1962, passibles de non-assistance à personnes en danger
En fonction des Archives militaires et des destinataires des circulaires du Commandement du " Secteur Autonome d'Oran " nous pouvons donner la liste des unités et des effectifs (18 000 hommes) présents à Oran ce jour-là. Lorsque l'on pense que sur presque un millier d'officiers présents on peut compter sur les doigts d'une ou deux mains maximum ceux qui ont eu le courage de transgresser les ordres, on reste sidéré, car certes, il y eut le Général Katz obéissant avec zèle à De Gaulle mais le reste ne fut pas particulièrement glorieux, le plus hardi étant le lieutenant FSNA Kheliff commandant de Compagnie du 30è BCP qui mena une action longue et loin de sa base sans bien connaître la ville d'Oran. Pourtant les risques pour la "carrière" étant moins graves (avec en plus un prétexte d'assistance à personne en danger) que ceux pris par d'autres précédemment en rupture de ban avec l'Armée gaullienne ! (comme le lieutenant Kheliff qui passa bien Capitaine après une mutation en métropole).
Liste des unités présentes à Oran, et à proximité, le 5 juillet 1962
Secteur Oran Ville
----- 3 Régiments d'Infanterie + 1 bataillon : 5è RI - 21è - 67è - 3/43è RI -
----- 3 Régiments d'Infanterie de marine + 3 Bataillons : 8è RIMA - 22è - 66è -1/2è - 1/75è - RIMA - 1/2è RAMA
----- 2 Régiments de Zouaves : 2è et 4è Zouaves
------ 1 Régiment de Cuirassiers : 3è Cuirassier
----- 3 Bataillons de Chasseurs Portés 10è - 29è - 30è BCP
----- 2 Bataillons RA : 1/27è et 324è RA
----- 2 Groupements GAAL : 452è et 457è
----- Enfin 23 escadrons de Gendarmerie Mobile
A cela il faut ajouter les éléments de l'Armée de l'Air basés à la Sénia et de la Marine à Mers-el-Kébir, Arzew et Tafaraoui (Aéro-Navale).
-----Soit une garnison totale de 18 000 hommes dont 12 000 sur le seul secteur d'Oran -Ville cantonnés sur plusieurs sites, casernes, lycées, collèges, stades, écoles imbriqués dans la ville à proximité immédiate des événements tragiques qui ont eu lieu.

En fait ce 5 juillet à Oran fut ponctuellement la journée la plus sanglante depuis le début de la guerre d'Algérie à nos jours malgré ce qui s'y passe encore en 1998.
Mais elle a surtout le triste privilège d'être un cas unique dans l'histoire où une armée sur le terrain en place à proximité de ses ressortissants civils désarmés et pacifiques les laisse se faire massacrer par des éléments étrangers sans intervenir (sauf cas rares et isolés).
Si on doit reparler du 17 octobre 61 à Paris qui a eu lieu en pleine guerre d'Algérie alors que le FLN était encore " l'ennemi officiel " pourquoi, pas de cette journée occultée par l'historiographie gaullienne et FLN, qui a eu lieu après la fin supposée de toutes les hostilités et en voie d'effacement de notre histoire avec son millier de victimes identifiables et appelées hypocritement "disparus".
D'autre part cette journée fut un des actes fondateurs de l'Etat Algérien dans sa composante militaro-mafieuse manipulatoire et provocatrice dont les effets sont plus que jamais présents à ce jour.

Le communiqué de l'Etat Major Général de l'ALN diffusé au matin du 5 Juillet aux cadres ne fait aucune référence à cette journée comme historique. Sur 3 pages, il explique pourquoi le GPRA qui l'a dissous "a failli à sa mission en bafouant la légalité sur tous les plans "aprés une référence appuyée aux accords d'Evian ! Il cite la date du 1er Juillet "où le peuple s'est prononcé" comme historique proclamant que le GPRA "est incapable de maintenir l'ordre" .
Il se propose de le faire en allant "protéger la minorité Européenne" alors qu'on ne sait pas encore ce qui se passe à Oran !
Il faut préciser que dépourvu de moyens logistiques de transports aprés réquisitions de camions et bus privés dans la zone Tlemcen-Ain-Témouchent, l'ALN des frontiéres arriva à Oran le dimanche 8 Juillet et rétablit effectivement l'ordre tout en prenant le pouvoir. Pour Alger, ce fut une autre histoire. Elle n'y entra qu'en Septembre aprés des combats avec les willayas 3et 4 au niveau d'Orléanville et une négociation.
NB : Personnellement j'adhère à la thése défendue aussi par certains historiens Algériens selon laquelle De Gaulle avait choisi de favoriser l'accession au pouvoir du clan d'Oujda. (Surtout par la crainte présumée d'une certaine "Marxisation" au sein
du GPRA et la présence de son ami F Abbas évincé peu avant de la présidence de cet organisme)
J-F PAYA

COLLOQUE GUERRE D'ALGERIE - UNIVERSITE DE JUSSIEU - PARIS NOVEMBRE 2002

 A propos de la communication de l'historien algérien FOUAD SOUFI, enregistré par nous et publication écrite sur le site de la LDH (Ligue des Droits de l'Homme) Toulon en février 2007.article de la rubrique les deux rives de la Méditerranée > Oran 1962
date de publication : mardi 20 février 2007

l’histoire face à la mémoire : Oran, le 5 juillet  1962 par Fouad Soufi

extrait de texte publié par la LDH Toulon

Cette communication a été présentée par Fouad Soufi [*] au colloque La guerre d’Algérie dans la mémoire et l’imaginaire, organisé à Paris par Anny Dayan-Rosenman et Lucette Valensi les 14, 15 et 16 novembre 2002, et publié en 2004 par les Editions Bouchène, Saint-Denis (pp. 133-147).

Les événements qui marquèrent ce 5 juillet 1962 à Oran appartiennent à ces blessures de l’histoire de l’Algérie contemporaine et plus particulièrement de l’histoire de la guerre de libération nationale.

Ces événements – que la presse locale avait d’abord qualifiés d’incidents graves, de tragique journée – ont eu pour cadre une ville d’Oran à peine remise des effets de la férocité des actions de l’OAS. Aussi, les interrogations n’ont-elles pas manqué qui ont porté tout à la fois sur leur localisation dans la seule ville d’Oran, sur leur intensité et leurs motifs, sur leurs conséquences, sur l’interprétation qui leur a été donnée et sur leur place dans l’histoire commune de l’Algérie et de la France.

On ne peut que partager les interrogations de Michèle Villanueva, qui vivait à Oran avant et qui y est restée après :

« Qui a voulu ce 5 juillet et pourquoi ? Simple écho sanglant de ce que fut la terreur imposée par l’OAS ? Vengeance sauvage ? Éléments de la lutte qui s’affirme au sein des combattants algériens ? Justifications à rebours de la tiédeur d’hier ? Désir ou manière de chasser les Européens... Pari de l’OAS... ? Ces raisons s’entremêlent sans doute, non liées à l’indépendance, mais plutôt au contrecoup des mois terribles que la population algérienne venait de vivre. » [1]

Alors, au-delà de l’hypothétique mais nécessaire construction historique de l’événement, quelques questions de principe se posent.

Quelques questions de principe : histoire, mémoire et violence.

Pour l’historien, la prise en charge, aujourd’hui, de ces événements, ouvre trois pistes de recherche. La première, celle de cette singulière relation qui lie la mémoire à l’histoire. Elle s’inscrit certes dans l’air du temps mais n’en est pas moins féconde, sauf lorsque la mémoire cherche à soumettre l’histoire. Deuxièmement, celle de la non moins singulière histoire de la violence, et, enfin, l’histoire du sentiment de peur qu’il faudra bien faire un jour, surtout lorsque l’on devine combien la peur, dans le cas qui nous préoccupe, a structuré la mémoire.

[LDH-Toulon] l'histoire face à la mémoire Oran, le 5 juillet 1962 par Fouad Soufi

Fouad Soufi (FS) s'embrouille un peu comme beaucoup dans cette affaire car il évacue le triptyque permanent dans le conflit algérien, présent aussi à Oran le 5 Juillet 1962 :

Contradictions :
1° Algéro-Française, dans ce cas, Français d'Oran/Mulsumans
2° Franco-Française : pouvoir gaulliste/Français d'Oran
3° Algéro-Algérienne : dans ce cas : GPRA, intérieur / ALN, extérieur
On voit que les Français d'Oran sont soumis aux deux premières composantes et instrumentalisés par la troisième.

F.S n'évoque à aucun moment le défilé structuré, organisé par les militants locaux proches du GPRA, même s'il reconnaît leur opposition à l'Etat Major d'Oujda et s'il avance que certains auraient été ensuite " évacués " par l'Armée Française ! Ce qui n'est confirmé par aucune source ni témoignage, dont le mien puisque présent à la base de Mers El Kébir. On peut plutôt penser que certains aient été " liquidés " par l'ALN extérieure après son arrivée à Oran.

F.S évoque ensuite l'existence après le 19 Mars (cessez le feu) de " groupes autonomes " et des exactions en marge du FLN ! Mais ces groupes de quartiers étaient le seul " bras armé " du FLN à Oran pendant plusieurs mois avec une direction (OPA) intellectuelle tributaire d'eux pour l'action contre l'OAS et une ALN intérieure en voie de reconstitution (récupération des déserteurs de la Force Locale) avec un capitaine BAKHTI " parachuté " par l'ALN d'Oujda. En tout cas, il n'y a pas eu de désaveu public de ces actions, comme l'avait fait l'OAS avec les débordements (communiqués et tracts) de certains sympathisants.

Par contre, il a raison lorsqu'il avance " pourquoi Oran ? " alors que des situations identiques, qu'il cite, existaient ailleurs. Il ne fait que tenter d'expliquer pourquoi les conditions de la réussite d'une provocation étaient réunies, prenant l'effet pour la cause. Quant à la théorie du complot de l'Etat Major de l'ALN, elle a éclaté au grand jour, pour prendre le pouvoir, à Constantine comme à Alger, mais à Oran il y avait une majorité d'Européens et la base de Mers El Kébir concédée à la France, avec crainte de la création d'une enclave Française. Mais cela F.S l'évacue totalement.

Néanmoins Soufi est le premier historien Algérien a avoir reconnu publiquement l'existence d'au moins deux fosses communes au cimetière Tamazouet et dans la zone du " petit lac " (enregistré par nous) à la sortie Est d'Oran que nous connaissions depuis toujours par des témoignages, rapports classifiés secrets et photos dans les archives de l'armée à Vincennes. F.S a aussi le mérite d'évoquer l'importance des " disparus " sans se risquer à faire une évaluation, ce que les autorités Algériennes n'ont jamais reconnue, avec il faut le dire, la complicité des autorités Françaises qui n'ont jamais demandé une commémoration comme pour la manifestation FLN du 17 Octobre 1961 à Paris en faisant remarquer que les Européens d'Oran ne manifestaient pas contre le nouveau pouvoir et que beaucoup au contraire voulaient tenter de rester et se rendaient à leur travail.

Enfin, notre auteur refuse de " soumettre l'histoire à la mémoire " mais faute d'archives en Algérie, il ne peut se servir que de cette dernière pour ses recherches et encore bien érodée 40 ans après ! Aussi bien qualitativement que quantitativement bien sûr ! Heureusement que nous l'avons fait sur le terrain et puis en France dès l'origine de ce drame et aussi avec des témoins musulmans parfois membres du FLN.


F.S met en doute la volonté de " chasser les Européens " par les " putchistes " ALN d'Oujda (avec un double langage permanent), mais il suffit de se reporter à certaines clauses à l'époque secrètes du Congrès FLN de Tripoli et aux déclarations ultérieures de Ben Bella et d'autres dirigeants.

Enfin F.S n'évoque à aucun moment l'inertie calculée des Forces Françaises, ni leur importance à Oran, ni la disparition de la " Force Locale " seule habilitée avec l'aide des précédents à maintenir l'ordre d'après les accords d'Evian.

La seule intervention importante d'un élément des ces Forces Françaises en légitime défense à la gare d'Oran reste inconnue pour F.S. Ce fut cependant l'origine principale des victimes musulmanes ramenées en " ville nouvelle " au début de l'après-midi, mais il faut souligner que l'armée Française a aussi édulcoré cet " incident ".

En définitive, le conflit étant terminé au profit du FLN, on ne peut évacuer après celle des autorités Françaises sa responsabilité fondamentale car comme pour toute idéologie, les intentions à supposer qu'elles soient bonnes, comptent moins que les effets provoqués ! qu'il faut assumer et que l'Algérie paye encore aujourd'hui avec la menace endémique du terrorisme islamique.

Intervention enregistrée par nous en Novembre 2002.Certaines données orales ne se retrouvent pas dans la 
Publication écrite sur le site de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH- Toulon) en Février 2007
Jean-François PAYA, Historien

REPONSE AU JOURNAL ALGERIEN : LE QUOTIDIEN D'ORAN

 UN ARTICLE SIGNIFICATIF SUR LE CINQ JUILLET 1962

 

Le journal algérien " Le Quotidien d'Oran " du 20 Septembre 2006 qui avait longtemps occulté le sujet s'est senti obligé devant nos diverses manifestations et publications en France de publier un article sous un titre de diversion " Oran de nouveau dans l'engrenage de la peste de l'OAS " (voir sur internet) pour parler " des massacres contre les Européens à Oran entre le 5 et 7 Juillet 1962 " . Stigmatisant " la littérature des ultras du colonialisme, il utilise un article de l'Express du 14 Septembre et le livre de notre compatriote Jean Monneret " la Tragédie Dissimulée " qui table sur un total de 365 personnes disparues pour faire remarquer " qu'on est loin des chiffres avançés dans la littérature des ultras de l' OAS ".
Comme nous l'avons signalé à l'auteur, ce chiffre qui serait basé sur une publication aléatoire du quai d'Orsay et sur des documents archivés du 2ème Bureau (références non données dans les annexes du livre) est relatif à un recensement non exhaustif de certaines disparitions signalées par certaines unités dans les rapports de routine au 2ème bureau de leur secteur, mais pas le fruit de recherches approfondies.
Pour avoir eté sur le terrain en Oranie à cette époque, je puis témoigner qu'aucune enquête sur les causes et les conséquences du 5 Juillet n'a eté sérieusement entreprise. D'ailleurs J. Monneret n'a rien trouvé dans les archives.
On peut même dire que des consignes pour ne pas enquêter ont eté données dés le premier jour du massacre. I
l aurait fallu signaler que ceci se faisait dans le désordre d'une population affolée qui tentait de quitter le territoire et que de nombreuses personnes isolées (surtout masculines, familles étant parties) n'ont pu être signalées et ciblées plus tard le 5 Juillet en France. De même le fait que JP Chevènement, attaché militaire au consulat d'Oran a déclaré dans un ouvrage " avoir été chargé de rechercher les 800 disparus du 5 Juillet " sans en retrouver aucun à Oran ! (mission qui semble de pure forme).

Se souvenir aussi que le consul M. Herly a déclaré plusieurs années après, que ses services avaient enregistré 440 plaintes mais selon certains témoignages dont le mien, une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes d'une même famjlle (deux amis en ce qui me concerne).

Le quotidien Algérien sur la défensive déclare ensuite que des coups de feu ont eté tirés sur la manifestation (ce que nous n'avons jamais nié vu les témoignages recueillis tome I de l'Agonie d'Oran) " provoquant l'émeute puis la vendetta " en les impliquant bien sûr à des desesperados européens issus de l'OAS, thése non retenue en 1962 où les nouvelles autorités parlaient de " bandits de grand chemin musulmans " en éludant les responsabilités dues à la crise interne du FLN en Juillet 62 (voir notre enquête dans le Volume 3 de l'AGONIE D'ORAN ) et sans évoquer les complots pour la prise du pouvoir du groupe dissident Boumédienne - Ben Bella opposé au GPRA qui avait ses partisans dans l'organisation FLN d'Oran.

Comme aucun européen n'avait eté pris, il etait évident qu'il etait très facile pour des provocateurs algériens de se fondre parmi les miliciens en civil ou en treillis militaires armés (il existe des films) .

Toutes choses dont Jean Monneret ne tient pas compte. Par contre, il suggére dans son livre p 96 et 111 que ce seraient les Européens d'Oran qui auraient été provoqués par la pose des drapeaux Algériens sur les bâtiments publics : ici on sort de l'histoire pour entrer dans la pure subjectivité.

Enfin il faudrait souligner l'importance de la présence des unités militaires françaises (12000 hommes intra- muros) consignées par le général KATZ sur ordre du pouvoir central à Paris. C' est ce qui fait la spécificité de ce drame et le fait que sous prétexte de rétablir l'ordre, l'ALN du Maroc est entrée en masse le 8 juillet à Oran pour prendre le pouvoir tout en liquidant ses opposants.

Un autre objectif de la provocation fut de faire fuir un maximum d'européens d'Oran , ville où ils étaient les plus nombreux. Provoquer ce départ en masse était tout à fait dans la ligne du congrés FLN de Tripoli en avril 1962.
Mohammed Harbi a affirmé qu'au delà de fausses contradictions idéologiques (marxistes /Islamistes par ex)
c'etait surtout l'envie de postes de places et de butin qui animait certains de "l'extérieur" !

Voilà toute chose dont le quotidien d'Oran ne pouvait bien entendu pas parler

Jean-François PAYA
NB : Bien vouloir se reporter pour notre enquête au volume N° III de " l'Agonie d'Oran " sous la direction de Geneviéve de TERNANT

 


 
                             

Source Wikipédia 

Les accords d'Évian 

Les accords d'Évian sont le résultat de négociations entre les représentants de la France et du Gouvernement provisoire de la république algérienne formé par le Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d'Algérie. Ces accords sont signés le 18 mars 1962 à Évian et se traduisent immédiatement par un cessez-le-feu applicable sur tout le territoire algérien dès le lendemain.

Ces accords mettaient fin à huit ans d'une guerre qui n'en portait pas encore le nom et pour laquelle la France avait déployé environ 400 000 hommes et durant laquelle de 250 000 à 400 000 algériens furent tués (plus d'un million selon le FLN).

L'application des accords

Le 19 mars 1962 à 12 heures il est mis fin aux opérations militaires et à toute action armée sur l'ensemble du territoire algérien.

Si la partie française respecte scrupuleusement le texte des accords, l'appliquant même avec plusieurs années d'anticipation en ce qui concerne le retrait des forces militaires, le FLN de son côté, et le gouvernement algérien qui lui succède, ne se considèrent pas engagés par ce texte, qui après tout ne porte que le titre de « déclaration ».

En particulier, le cessez-le-feu, appliqué immédiatement et scrupuleusement par l'armée française qui est « rentrée dans ses casernes » et consacre dans un premier temps l'essentiel de ses efforts à la lutte contre l'Organisation armée secrète (OAS), ne met pas fin au terrorisme. Aux attentats de l'OAS, qui prétend empêcher l'application des accords, succède dès le mois d'avril une vague d'attentats, notamment les enlèvements de personnes, qui se déchaînent contre les civils français et les harkis, connaissant d'ailleurs leur apogée après l'indépendance, si bien que le nombre de victimes civiles européennes et surtout musulmanes de la guerre d'Algérie est bien plus élevé après le 19 mars qu'avant. 300 militaires français sont tués par le FLN en Algérie entre mars et juillet 1962.

Quant aux dispositions censées assurer la protection des Pieds-Noirs, elle n'ont pas plus de valeur qu'un « chiffon de papier ». Abandonnés au sens strict du terme par l'État français, un million de citoyens français doivent se réfugier en France métropolitaine.

 La libre circulation des personnes entre la France et l'Algérie ne fonctionne après l'indépendance que dans le sens sud-nord.

 Les accords d'Evian ont été bafoué par le FLN, et, le 5 juillet 1962 à Oran 1500 européens des travailleurs : ouvriers, petits fonctionnaires, artisans et petits commerçants qui voulaient vivre dans leur pays ont été lâchement massacrés.
 

 Réponse aux questions d’un    Historien     Algérien par Jean-François Paya 

                              Message   du     15   Mai    2007

  1er    /      Les Accords d’Evian prévoyaient l’ouverture des frontières Est (« Ligne Morice » Tunisie) et Ouest (Maroc) dés la proclamation de l’Indépendance (12 H / 3 Juillet 62)

Donc passage des réfugiés Algériens de Tunisie et du Maroc et des éléments de la puissante ALN extérieure précieusement préservée par son État Major en vue de ces Journées (quelques harcèlements factices de propagande début Mars 62) Certains ont Prétendu  « que les représentants du GPRA avaient demandé l’aide de l’armée Française contre l’ALN « (voir communiqué de l’EMG d’ Oujda du 5 Juillet  cité P158 De «l’ Agonie Oran » volume 3 et archives M Harbi ) et même de bloquer les frontières temporairement en sachant que les accords d’Evian ne prévoyaient pas l’intervention de cette ALNà l’intérieur mais seulement de « la force locale » sous les ordres de « l’exécutif provisoire » jusqu’à l’election d’une Assemblée Nationale Constituante.

Pour ce que nous savons à l’Ouest l’ALN ne disposait pas d’une logistique de transport suffisante  et comme nous l’avons signalé dans notre enquête du réquisitionner des véhicules divers (camions ;bus  )   pour aller sur Oran (certains témoins avancent même   avoir vu des  camions militaires Français de nuit ? ) confirmé par certains films archivés notamment entrée de ces troupes à Alger en Sept 62 et par moi même le 8 Juillet à Oran.

Alors « arrangements entre l’EMG et Paris « ?  Plusieurs témoignages (mais pas d’archives bien sur)  avancent que De Gaulle préférait la prise du pouvoir par « l’extérieur «  (présence de son ami F Abbas et de l’ex adjudant Ben Bella) par rapport au GPRA  jugé par les services Français plus « Marxisant » Son président Ben Khedda est donné même « comme un admirateur de la Chine et de la Yougoslavie »(ouvrage « la guerre d’Algérie » du Colonel Le Goyet  du service historique de l’ Armée) alors que c’est un Musulman pratiquant !   On sait aussi que l’EMG d’Oujda comme nous l’avons dit craignait la création «  de facto » d’une enclave Française dans la région d’Oran provoqué par l’afflux des européens dans la seule ville où ils étaient majoritaires et que par ailleurs les autorités Françaises voulaient s’assurer du respect  des accords d’Evian pour le contrat sur la base de MersEl Kébir et sur la zone d’essais du Sud signé par d’autres que ceux qui allaient prendre le pouvoir Alors Deal ? on a aucune preuve pour l’instant :mais tout ce passe comme si !….. et  on en revient A LA TRAGIQUE JOURNÉE DU 5 JUILLET A ORAN et à l’immobilisme ordonné à l’Armée Française par le pouvoir central qui permit à l’ALN extérieure de jouer un rôle de premier plan à Oran et d’étouffer toute opposition pendant que Ben Bella s’installait à Tlemcen avec le « Bureau Politique »  crée pour la circonstance.

2em  /   Ferhat Abbas nommé Président du GPRA dés sa création Le 19 Sept 58 était connu comme « l’homme de De Gaulle » au sein de la « rébellion » il fut évincé par Ben Khedda et son équipe le 26 Août 61 après avoir amorcé les négociations avec le gouvernement Français (Evian et Lugrin) Il en conserva une amertume profonde et en désaccord  avec les tendances apparemment  gauchistes de la nouvelle direction Il préféra rallier la tendance plus islamiste ;dés  Juillet 62   qui avait plus de chance de l’emporter. Premier président de l’Assemblée Nationale èlue le 20 Sept 62 il fut assigné a résidence par Ben Bella chef de l’État  après sa démission le 14 Août 63

 ( voir son ouvrage « La Révolution confisquée «  )

Il faut remarquer que l’ALN des frontiéres  devenue ANP (armée nationale populaire) ne put entrer  à Alger que le 9 Sept 62 après des accrochages sérieux avec certaines Willayas  de l’intérieur

       On peut en déduire que l’appui de la France fut décisif                                                            

J Chirac à rendu à Bouteflika ( qui était acteur auprès de Boumediene à cette époque)

          le sceau du Dey d'Alger mais les clefs de la ville sont toujours exposées au musée

           des Invalides à Paris   Bien cordialement    JF Paya

                                                                              

                                                              

    Point de vue d'un Algérien 

Sujet : commentaire
bonjour,
j'ai visite le site que vous consacrez à la mémoire des populations algériennes d'origine européenne qui ont quitté précipitamment leur pays (l'Algérie) pour se réfugier en territoire pour beaucoup d'entre eux inconnue, qu'était la France à cette époque ci.

Sincèrement,et sans préambule, j'ai la conviction que sans la perche qui a été tendue, par l'OAS aux opportunistes FLN infiltres de la dernière heure, par les exactions aveugles qu'ils ont commis sur les populations civiles les choses auraient pris une toute autre tournure, il n'y aurait eu ni exode, ni massacre, et l' Algérie serait maintenant un pays moderne et développé, avec sa composante multiethnique.


je pense aussi, que les décideurs de la république française avaient à l'époque adopté le profil le plus lâche vis a vis de ces populations, car, si il y aurait eu une réaction énergique de leur part pour une application stricte des accords d'Evian les choses auraient aussi évolué différemment.


Néanmoins, l'Algérie demeure a ce jour, votre terre natale, vous y avez des droits, et je vous assure que vous pourrez y vivre tranquillement il suffit juste de décider.


je suis en train d'écrire un livre qui relate de manière, parfois romancée, et parfois réelle, le vécue, et la triste destinée de ces populations, je vous en communiquerai certains passages à la réception de votre réponse.

Chaleureuses salutations de votre compatriote algérien Abdelkrim.
.

  Point de vue sur : MASSACRE D'ORAN ! RAISON ÉTAT …

de J. ARNAU & J. PATERNA     

Date : 03/16/07 10:10:55
Sujet : 5 JUILLET 1962 MASSACRE D'ORAN OU RAISON D'ETAT
    
Je voudrais apporter ma pierre, si vous le permettez.
  

MASSACRE D'ORAN ! RAISON ÉTAT …

 

Je cite : « Les forces coloniales avaient éreinté les nationalistes internes afin de permettre à Houari Boumediene et son groupe de prendre le pouvoir à Alger sans coup férir.

 

Cette phrase est terrible! Elle détermine à elle seule la raison majeure du massacre d'Oran, car  il faut savoir que depuis près de 18 mois, l'armée de Houari Boumediene, stationne à la frontière Algéro-Marocaine. Véhicules, équipements et armes neufs, hommes parfaitement entraînés, impatients de jouer enfin, en Algérie, le rôle promis par De Gaulle.

Boumediene, qui se veut alors, et qui sera par la suite, l'un des prochains  Présidents de la République  Algérienne, sait que les caméras de la presse internationale l'observent, et que de son attitude dépendra le crédit que les nations occidentales et le monde Arabe lui accorderont.

Pour l'instant il se doit de respecter les accords d'Evian qui l'obligent d'attendre à Oujda les ordres de l'exécutif Algérien, dont l'installation est prévue courant septembre à Alger. Hors nous découvrons dans « EL WATTAN » du 26 décembre 2006 le texte suivant :

Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1962, Ben Khedda prit la décision de dénoncer publiquement les « activités criminelles de trois membres de l'ex-état major général » et de dégrader le colonel Houari Boumediene et les commandants Ali Mendjeli et Ahmed Kaïd. La raison de cette destitution était l'appel lancé au GPRA par le Comité inter Wilayas. Le limogeage par Ben Khedda des membres de l' l'Etat Major Général  provoqua l'implosion du gouvernement. Khider remit sa démission, et craignant pour sa vie, Ben Bella quitta précipitamment Tunis pour Tripoli où il se désolidarisa du GPRA. La démission de Khider et la prise de position de Ben Bella en faveur de l' l'Etat Major Général  enclenchèrent le processus de destitution du gouvernement au profit du Groupe de Tlemcen en formation.   (26.12.06)

Dans l'urgence et probablement en accord avec les services Secrets Français, Houari Boumediene obtient  l'assurance que le Général Katz ne viendra pas contrarier ses plans et qu'il s'engage à contraindre ses 18.000 hommes présents dans le centre d'Oran, à rester l'arme au  pied en cas de problèmes, Ceci dans le but de passer outre la déchéance prononcée par le G.P.R.A.

 

Boumediene envoie dans le même temps une équipe « d'hommes de mains » à Oran, prête à déclencher des désordres suffisamment importants pour justifier son entrée rapide en Algérie. Il fera ainsi la preuve que le GPRA est incapable de maîtriser   une crise majeure, et pourra s'emparer du pouvoir, mettant en avant « son ami Ben Bella » Nous connaissons désormais les raisons pour lesquelles le Général Katz assiste impassible,  depuis son hélicoptère entre 13 heures et 14 heures, le 5 juillet 1962, à la chasse et à l'assassinat de ses compatriotes.

 

Plus de 3.000 personnes furent massacrées en quelques heures, avec la complicité du Général Katz, de l'armée Française et des services secrets Français.

 

L'armée de Boumediene, roule pendant la nuit du 5 au 6 juillet, arrive et s'installe à Oran…..dès le matin du 6 juillet 1962, pour ramener le « calme » dans la ville… !

 

Personne ne pourrait croire, et les militaires encore moins, que l'on peut mettre en marche une armée de plusieurs milliers d'hommes et de véhicules au repos, sur un simple appel téléphonique, et la propulser dans ce temps record, à plus de 200 kilomètres de distance, malgré l'interdiction signée à Evian. Nous pouvons penser que tout cela à été prévu, organisé, orchestré, minuté, par les hommes des services secrets Français. Nous pouvons penser que l'armée de Boumediene :

 

 roulait déjà dans les camions avant le déclenchement du massacre à Oran

 

La série d'ouvrages écrits par Geneviève De Ternant « l'Agonie d'Oran 1-2-3 relate mieux que je ne saurais le faire, l'intensité dramatique de ces évènements où domine une indicible horreur.

 

J. ARNAU & J. PATERNA     

 

 

 

Commentaire de claude Garcia. : 5 JUILLET 1962 MASSACRE D'ORAN OU RAISON D'ETAT
 Avec les causes du massacre de JF PAYA Oran 5 juillet 1962, Bien évidement c'est une des nombreuses pistes à explorer, mais, en l'absence d'archives rien ne peut l' infirmer et ne peut être traité que comme point de vue, ou, thèse possible ou plausible. Ce sont ces raisons qui m' ont fait demander la création d'une commission d' enquêtes parlementaires droite gauche genre Outreau . 

Ce sont nos politiques qui nous gouvernent et décident par conséquent, et, en l' occurrence tout et son contraire étaient possible d'autant plus qu'un certain de gaulle régnait en maître absolu, sa mégalomanie et son racisme étaient connus. (c'était de gaulle Alain Peyreffite) (expression ramassis de races).

La Liberté des peuples était inéluctable. La France a donné l'indépendance même à des pays qui n'en voulaient pas. Pourquoi? pas alors à l'Algérie?????. 

Face à la rébellion en 1954  il a  donné aux roumis ( européens) même si l’issue de l’indépendance ne faisait pas de doute dans l’évolution du contexte international,

« l’illusion de l’Algérie Française », générant ainsi de nombreuses victimes civiles et militaires inutiles.  

En Mai 1958, l'homme tant attendu du recours, le libérateur de la France créait les conditions de cette Utopie de l'Algérie Française entraînant dans cette folle espérance cotes à cotes les pieds noirs et les musulmans, pour finalement brader l'Algérie aux plus fanatiques des FLN sans aucune garantie pour les minorités.

La précipitation dans laquelle cela a été fait (3 mois, 19 mars 1 juillet 1962) a occasionné bien plus de victimes que durant les 8 années de la guerre d'Algérie.

Gouverner c'est prévoir. 


L’un de mes aînés m’a dit un jour
, j’en veux plus à la France qu’aux arabes parce que celle-ci nous a menti puis trahi

 
De : MalletDaniele
Date : 06/16/07 11:49:58
A : claude.garcia-pap@wanadoo.fr
Sujet : Fw: Article El Watan du 12 Mars 07

  
 Bien souvent la presse Algérienne où gauchiste en France stigmatise les amnisties relatives à la 
guerre d'Algérie en "oubliant" leurs genèses et leurs réciprocités pour les exactions du FLN et 
crimes de guerre de l'ALN dont les massacres et tortures sur ses propres ressortissants
 pour info et utilisation éventuelle  Cordialement  JF Paya

                                                                                           secrétariat   malletdaniele@wanadoo.fr 
----- Original Message ----- 
Lettre  au journal "el watan"
Subject: Article El Watan du 12 Mars 07
Étudiant en ce moment la presse Algérienne ;j'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre(suite aux dires du Général Aussaresse)
article sur l'assassinat du colonel Larbi Ben M'HIDI  "prisonnier de guerre" j'en conviens avec vous , même si 
celle ci  n'a été reconnue que tardivement par la France qui nous a octroyé la carte du combattant jusqu'à 
la date limite du 2 Juillet 62 considérée comme la fin officielle de cette Guerre (et non le 19 Mars/ loi du 
10 Juin 99 ) de toutes les façons même en tant que prisonnier de droit commun (du point de vue Français à l'époque)
Larbi Ben M'Hidi relevait d'une procédure judiciaire dans un État supposé de droit .

Vous avez aussi entièrement raison de stigmatiser "les décideurs politiques" de l'époque qui si je ne m'abuse étaient de gauche. 
Mais où vous n'etes pas complet c'est quand vous écrivez sans commentaire "que les infractions liées à la répression étaient 
amnistiées par les décrets du 21 Mars 1962". 
Pour être objectif, Il faudrait ajouter que ces décrets découlaient des "accords d'Evian" signé par les deux parties qui impliquaient
une Amnistie réciproque (décret no 62-327 amnistie des exactions et bavures des membres du FLN/ALN
et no  62-328  idem pour celles des Forces de l'Ordre Françaises).
Mais surtout ces dispositions furent ratifiées par deux référendums des Peuples concernés du 8 Avril 62 en France et du 1er Juillet 62 
en Algérie .
Quant à la Loi du 31 Juillet 68 que vous citez promulguée par le Général De Gaulle après les événement que
l'on sait en France elle ne fait surtout qu'amnistier les exactions de l'OAS pour certains militaires et civils 
réciproquement aussi /pour les bavures des forces de l'ordre dans la répression contre cette organisation
et où le général Aussaresse plutôt Gaulliste historique ne jouât aucun rôle d'aucun cotés à notre connaissance !
Pour compléter le tableau juridique (et non sur le fond) en 1982 sous l'impulsion du président Mitterrand une loi
votée par le parlement Français réhabilitait les militaires condamnés pour avoir appartenus à cette organisation 
Mais L'Algérie n'avait rien à voir dans cette affaire cependant 'elle doit bien avoir pris des dispositions 
concernant ces propres luttes et règlements de compte internes durant sa Guerre de libération ? pour ne citer
que l'assassinat d'Abane Ramdane et d'autres Militants . 
                                 
 Bien cordialement  Jean-François Paya   AC/ Algérie /classe 54/2 

  

Guerre d'Algérie Magazine No 8  Juin 2007        Par Jean-François Paya
" De Gaulle et l'Algérie "  Je trouve  l'analyse du professeur Pervillé très pertinente sur le fait que :

Le Général ait été très tôt convaincu qu'il faudrait se séparer de l'Algérie sous une forme où sous une autre et que cela  remonte avant son retour au pouvoir .

D'autres auteurs ont même avancé "que toute l'activité préalable du Général et de son cabinet privé avait été de prouver discrètement aux divers protagonistes de la rébellion et de certains milieux financiers qu'il était seul capable d'imposer à l'ensemble des Français "le délestage de l'Algérie Française".

Et ce dés 1956 par des contacts d'émissaires via la Suisse et l'ambassade de Tunisie.

Tout ceci mérite bien sur développements / Mais une chose est certaine que le professeur Pervillé aurait pu avancer c'est que l'étude des archives de la commission qui a préparé le texte constitutionnel de 58 /consultables après 30 ans (car contrairement à la tradition Française ce ne fut pas une Assemblée Constituante qui l' a élaboré au grand jour) révèle (pour être bref) qu'on avait prévu de pouvoir changer le statut de l'Algérie par de simples lois alors que la constitution précédente ne le permettait pas (d'où certains blocages de la IV em République) sans que cela soit très explicite ! Lois législatives où référendaires avec les nouveaux pouvoirs donnés au Président .

Ainsi au" nez et à la barbe " des partisans de l'Algérie Française" qui votèrent en masse cette constitution ;sauf des " ultras" avisés d'Alger dixit le Docteur JC Pérez '(qui a parlé "du référendum mortel du 28 Septembre 1958 dans un de ses ouvrages /) 

Ainsi  une option "séparatiste"aurait été introduite subrepticement dans le texte sans citer le mot Algérie! avec possibilité de "sessions de territoires"! En remarquant que De Gaulle lorsqu'il parle "de Français à part entière" à propos des Musulmans après le 13 Mai 58 leur laisse le statut civil coranique contradictoire avec la laïcité Française ! (pour preuve les "rapatriés" Musulmans en 62 devront y renoncer )

 

En tout cas c'est ce mécanisme qui sera utilisé pour "larguer" l'Algérie et la bataille est toujours vive entre ceux qui affirment que De Gaulle à violé sa constitution et ceux qui disent le contraire /.

Curieusement  au sujet de la thèse de la prémonition Gaulliste la plus part des nationalistes Algériens consultés l'ont rejetée et préfèrent croire que la lutte de l'ALN/FLN  lui à" forcé la main" c'est aussi l'avis de leurs amis en France.

   Jean-François Paya  (voir mon article "la Constitution de 1958" dans la revue PNHA no 94 Octobre 98 )

 

        

 

                  (voir texte sur OAS)          (le pouvoir FLN)        ( l'oncle R.....)

 

NB  je travaille sur l'article Oran 5 juillet 62 mais invitez l'ami Daho à revoir les

clauses secrètes du congrès de Tripoli publiées par M Harbi et les déclarations publiques
de B Bella sur "pousser les européens à partir"

  (Dz Lit) Mohamed Harbi   

Mohammed Harbi a été un combattant avant de devenir un historien. Il a exercé d’importantes responsabilités au sein du FLN et a participé aux premières négociations d’Évian. Conseiller de Ben Bella, emprisonné après le coup d’État de Boumédiène, il s’évade et rejoint la France en 1973. Professeur à l’université Paris-VII, auteur de nombreux ouvrages, il est une figure majeure de l’histoire de l’Algérie contemporaine.    

A propos du livre de Mohammed Harbi et Gilbert Meynier" LE FLN, DOCUMENTS ET HISTOIRE, 1954 – 1962 " Une approche archivistique Par Abdelkrim Badjadja *

   http://membres.lycos.fr/badjadja/  

Etraits du blog

* Ancien Directeur Général des Archives Nationales d'Algérie, octobre 1992- mars 2001, Technical Advisor au Center for Documentation & Research, Abu Dhabi, United Arab Emirates, depuis août 2002.

Introduction - Quel redoutable privilège que d'avoir à commenter, voire à critiquer, le travail de ses maîtres: Mohammed Harbi, militant puis historien de la Révolution Algérienne, et Gilbert Meynier, redoutable historien de l'Algérie contemporaine !

DOCUMENTS ET HISTOIRE, 1954–1962".  Après tout, des maîtres ne sauraient s'offusquer de voir leurs disciples s'inspirer et user de leurs propres méthodes. D'autant moins que je me place d'emblée dans une approche archivistique de la critique du texte.

Depuis la parution de son premier livre sur les archives de la Révolution, Mohammed Harbi quant à lui, avait accumulé plusieurs centaines de documents, dont une partie sous forme de photocopies confiées par d'anciens militants qui avaient tenu à conserver et les originaux et l'anonymat.

Et c'est ainsi que la fusion des deux séries d'archives, celle du SHAT relevée par Meynier, et celle de la Révolution conservée par Harbi, aboutit à la production de ce livre. Je vais m'efforcer donc de présenter ce livre du point de vue de l'archiviste, plus soucieux de la publication d'archives authentiques, c'est son job, que de l'écriture de l'Histoire, c'est le job de l'historien.

L'authenticité de toutes les archives publiées dépend du lieu de leur conservation, de leur forme (originaux ou photocopies), et de leur accessibilité. 

Quant à leur fiabilité, la véracité du contenu par rapport aux évènements, c'est un autre problème qui interpelle plutôt l'historien que l'archiviste. On a caché la vérité à toutes les époques, et on continue de le faire aujourd'hui: crainte de déplaire à la hiérarchie ou désir de la satisfaire, langue de bois, camouflage de faits abominables (6), mille et une raisons peuvent affaiblir la fiabilité des archives, et c'est à l'historien qu'incombe la tache de rechercher la vérité, l'archiviste ayant déjà fort à faire pour collecter les archives, et s'assurer de leur authenticité...à chacun son métier !

De l'authenticité des archives – Commençons par les archives du SHAT, pour aborder les questions relatives à l'authenticité des documents. Première question: les archives FLN/ALN sélectionnées par nos amis pour les besoins de leur livre, sont-elles originales, ou bien s'agit-il de reproductions dactylographiées ? En effet, j'avais souvent constaté que les rapports des autorités coloniales, civiles et militaires, concernant les archives saisies, ne comportait en annexes que des copies dactylographiées, sans que l'on sache où se trouvent les originaux pour vérifier la conformité des textes. Que l'on me permette d'être plutôt sceptique quant à leur utilisation. Deuxième question, relative cette fois-ci aux traductions. J'ai noté que 24 pièces d'archives, faisant partie du lot de documents FLN/ALN saisis, n'étaient en fait que des traductions en langue française, les originaux ayant été rédigés en arabe

En février 2001, lors d'une émission télévisée sur Canal Algérie en langue française, "Cartes sur table", j'avais formulé tout haut le vœu de voir s'ouvrir à la recherche les archives 1954-1962, et pire de les rendre accessibles sur Internet. Ce rêve exprimé tout haut mit un terme définitif à ma carrière... "comme si l'on avait cherché à stopper net un excès de zèle trop efficace, pouvant déterrer des documents plus récents qu'on ne souhaitait pas voir sortir à la lumière du grand jour (de l'Histoire)". Voir "Panorama de l'Algérie moderne et contemporaine" par Abdelkrim Badjadja, in "La Guerre d'Algérie 1954-1962", Mohammed Harbi, Benjamin Stora, Editions Robert Laffont, Paris, mars 2004, 728 p., page 635.

C’est comme cela que fonctionne l’Algérie, en dehors de toute légalité et de toute rationalité…

 Observations : il y a polémique entre historiens Français dont certains sont engagés, entre historiens algériens et maintenant entre historiens et archivistes( Abdelkrim Badjadja) *

 

J'avais déja observé à propos du "code de l'indigénat" une certaine manipulation historique.

 Voici un texte élaboré par quelqu'un qui n'est pas à l'emploi de l'université de Laval ville de Québec(lire texte suivant). texte repris par la suite par l'université de Versailles et bien d'autres comme document authentique(voir courriel ci joint sans réponse à ce jour). Preuve si besoin en était Qu'il :

.Il n’y a pas d’histoire avec un H majuscule, il n’y a que des historiens.

Le site Aménagement linguistique dans le monde a été installé sur la Toile au mois de juin 1999 sous l'égide du CIRAL, le Centre international de recherche en aménagement linguistique de l'Université Laval (ville de Québec). Jacques Leclerc. 

Ce site est aimablement hébergé par le TLFQ, grâce aux bons soins de son directeur, M. Claude Poirier. L'auteur n'est pas à l'emploi de l'Université Laval et ne dispose pas d'une équipe de chercheurs; il travaille seul depuis plusieurs années. Il ne sait pas tout et peut se tromper! C'est pourquoi beaucoup d'internautes peuvent lui apporter leur collaboration et contribuer ainsi à enrichir le site.  

De : claude
Date : 08/29/06 15:09:07
Sujet : recherches
Bonjour,  natif d'Oran Algérie pied noir Français rapatrié d'Algérie. ma démarche est celle de l'information la plus objective possible, celle qui peut recouper l'histoire et la mémoire, ainsi j'ai trouvé certains textes sur l'indigénat fort intéressants et quasiment reproduit par  LDH Toulon et comparable  au texte de l'académie de Versailles, j'aimerai connaître vos sources, car, je ne suis qu'un humble ignorant qui cherche à s'instruire, mon site http://perso.orange.fr/pnmohican/ 

cordialement Claude Garcia

L'Histoire serait-elle le moyen de véhiculer une idéologie, et, les manuels scolaires serviraient-ils à formater les esprits de nos enfants? J'en avais fait l'amère expérience avec mes deux fils lorsqu'ils étaient en classe de seconde ou de terminale.

Ce sont ces raisons qui ont fait que j'avais demandé le 24 Juin 2006 la création d'une commission d'enquêtes parlementaires (genre Outreau), à mon avis seul espace pour un débat historique serein.

 

POUR UN DEBAT HISTORIQUE SEREIN

Date : 02/08/07 18:56:02
Sujet : Tr: Fw: jf Paya pour un d�bat serein

Cher compatriote ci joint un article qui peut vous

intéresser cordialement Jean-Francois PAYA  sur ce site

 Bonjour ci joint en pj une mise au point valable pour tout ceux qui se retranchent toujours derrière les actions passées des un et des autres pour éviter tout débat sur tel ou tel moment de la guerre d'Algérie.

Pas plus que certains Algériens ne dénonceront globalement l'action du FLN ;certains Français d'Algérie feront de même pour l'action de l'OAS. 

Aussi est-il aberrant de demander aux un ou au autres de renier un certain passé d'autant que les différents protagonistes de ces actions sont tous amnistiés et circulent librement en France participant de facto à toute manifestation publique dans les ambassades où les cimetières 

JF PAYA

 

POUR UN DEBAT HISTORIQUE SEREIN

 Avant  de commencer une étude autant que possible  sereine et objective  sur  un aspect de la guerre d’Algérie

,il conviendrait avant d’employer  des qualificatifs à base idéologique de replacer  toute les diverses composantes

de ce conflit  dans leur contexte     l’OAS  fut un des éléments  inéluctable dirons certains de ce conflit vu les atermoiements et les roueries du pouvoir  gaulliste Français mais aussi  la crainte qui se révélera justifiée de se voir chassée de chez elle de la part de la minorité Européenne .

Ici les sentiments rationnels n’ont plus de prises  et l’action de l’OAS devient partie du contexte historique mais

,pas plus que celle du FLN et de ses diverses composantes et oppositions musulmanes ,pas plus  aussi  que celledes forces armées Françaises ;

Car la guerre d’Algérie comme l’a démontré le professeur  Pervillé  fut une triple guerre civile : Franco-Algérienne:/ Algéro-Algérienne/ Franco-Française en une sorte de guerre de sécession à l’envers . 

On estime le nombre global des victimes entre 350000 et 400000 dont 105000 après le « cessez le feu » du 19 Mars et l’indépendance (harkis et familles inclus) du fait du FLN et 2700du fait de l’OAS soit entre

0 ;77% et 0 ;66% du nombre total des victimes . Certes toute victime est une victime de trop surtout lorsqu’elle survient après la fin du conflit ; rappelons que ce dernier  pris fin officiellement pour la France :le 2 Juillet 1962 à la suite d’un vote unanime du parlement de la loi du 10 Juin 99 qui reconnu l’état de « guerre » en Algérie et l’attribution de la carte du combattant jusqu'à la  date précitée ..

L’OAS dernière venue dans le triptyque pour une analyse objective fut la résultante difficilement évitable du

Sentiment de trahison ressenti par les partisans de l’Algérie Française et d’abandon par la majorité des Français

D’Algérie  qui n’avaient aucune confiance quant aux « garanties » proposées par le pouvoir Gaulliste et le FLN.

(la suite leur à donné tragiquement raison).

Tenant compte de tout ces préalables les qualificatifs péjoratifs en histoire deviennent des catégories idéologiques utilisées indifféremment suivant le camp dans lequel on se trouve      Mais sur le plan concret de la.                 légalité toutes les exactions de part et d’autre furent l’objet d’une amnistie réciproque incluse dans les « accords d’Evian » jusqu’au 19 Mars 1962 . Les actions suivantes furent ensuite amnistiées jusqu’au 2 Juillet 1962 par la France et les protagonistes même réhabilites par une loi votée en1982 sous l’impulsion de François Mitterrand Voilà tout simplement un rappel des faits utiles indispensables pour un débat historique serein .

                                                                            

                                                                              Jean-François PAYA   le 9 Janvier 2007

 

 Retour aux sources ?

----- Original Message -----

Subject: RACINES DU TERRORISME ISLAMIQUE

Toute la presse s'est interrogée sur "les racines du terrorisme islamique":dans le Figaro du 15 juillet certains vont les chercher dans "la chute du mur de Berlin"; dans le Marianne n 430 on évoque plus opportunément "des prémices Algériens avec le GIA des années 90" 

Allez ......encore un effort remontons plus avant, tout le monde oublie que le terrorisme pour la PREMIÈRE FOIS dans l'histoire fut "apparemment" vainqueur lors de la guerre d'Algérie, même s'il ne s'agissait surtout que d'une capitulation politique; 

A partir de ce fait, la Mythologie d'une victoire de l'action terroriste pris naissance dans le Monde Musulman, pour se perpétuer et se retourner aujourd'hui contre ses "sponsors" Russes, Américains, Anglais et même Espagnols {aide de tous au FLN).

Mais personne à de rares exceptions ne s'est beaucoup préoccupé des victimes et des milliers de "disparus" européens et musulmans enlevés surtout après LA FIN DES HOSTILITES, exactions sanglantes que rien ne justifiait, alors qu'une amnistie réciproque {scrupuleusement respectée par la France) avait été entérinée par les "accords d'Evian" devenu de facto traité international {déposé à l'ONU).

La duplicité fut patente, une des racines du mal aussi : REMEMBER       

  Jean-François PAYA

            

Les historiens et la mémoire après Halbwachs et Freud

 La mémoire n’est pas l’histoire ; l’histoire n’est pas la mémoire ; elle en est même dans un sens le contraire. Dans son œuvre, le grand théoricien de la mémoire collective Maurice Halbwachs (1877-1945) s’est opposé aux historiens de son époque sur la conception de la mémoire. Dans son dernier livre, posthume, paru en 1950, cinq après sa mort au camp de concentration de Buchenwald, La Mémoire collective, et magnifiquement rééditée en 1997[1], s’est opposé aux historiens de son époque sur la conception de la mémoire : sous l’influence, notamment de Bergson, il a conclu que mémoire collectives et mémoire individuelle  sont inséparables, et qu’elles interagissent. Pour Halbwachs, qui s'attachait à comprendre les conditions sociales du vécu des individus, existait une double nature du temps : celui de la vie collective (corrélée à celui de la vie individuelle), et celui de l’ensemble des phénomènes contemporains : Halbwachs était fort critique à l’égard du temps de l’historien, qu’il voyait comme un temps abstrait et universel – il est vrai que Fernand Braudel, le grand historien de la Méditerranée, n’avait, par exemple, pas encore publié  ses réflexions sur les différents temps de l’histoire –les histoires de moyenne durée, de longue durée…

Afin de jouer décisivement sa partition, en l’occurrence faire œuvre scientifique pour informer honnêtement les humains avides de savoir, l’histoire doit être libre. Elle doit balayer tout le champ de l’histoire, en l’ouvrant aussi à la longue durée : l’Algérie n’a pas commencé à n’avoir une histoire qu’à partir de 1830 ou qu’à partir de 1954 ; la France n’a pas commencé à n’avoir une histoire qu’à partir de 1789 ou de 1871. Il importe que les Algériens et les Français sortent des engoncements de leurs visions algéro-algériennes, franco-françaises et algéro-françaises respectives. Il doivent pouvoir maintenant, dans l’échange et la confrontation du débat, se regarder aussi eux-mêmes ; dans l’ouverture mutuelle, mais aussi dans la vigilance critique mutuelle. Cela est plus que jamais nécessaire en un temps où le capitalisme postmoderne est pratiquement seul à avoir une vision mondiale. Il importe désormais, de manière urgente, qu’une internationale des historiens émerge pour tordre leur cou aux stéréotypes, au vieux comme aux récents.

S’impose donc de plus en plus, pour les deux peuples, l’algérien comme le français, unis et séparés par tant de cognitive dissonances, un manuel d’histoire algéro-français, à l’instar de cet exemplaire manuel franco-allemand qui a été récemment réalisé, qui est en librairie depuis juin 2006, et disponible pour les classes de terminales depuis la rentrée 2006 de part et d’autre du Rhin, en allemand et en français : Geschichte ohne Grenzen – histoire sans frontières. Formons le vœu qu’il en soit bientôt de même de part et d’autre de la Méditerranée, en arabe et en français : ta’rîkh bilâ hudûd – histoire sans frontières. Sauf que pour un manuel d’histoire algéro-français, il faudrait y associer, aussi, tous ces chercheurs allemands, américains, britanniques, espagnols, italiens, marocains, palestiniens, tunisiens… sans lesquels l’historiographie sur le sujet ne serait pas ce qu’elle est. Et, pour les Algériens, une place éminente devrait forcément être réservée aux intellectuels de la diaspora algérienne qui émargent au premier cercle de la qualité. Et, dans une telle entreprise, encore une fois, ainsi qu’aimait à le dire mon regretté maître et ami Pierre Vidal-Naquet, l’historien n’est jamais dissociable du citoyen. Ce qui ne signifie évidemment pas qu’il soit un historien officiel, ou prompt à s’autocensurer ; bien au contraire : il n’y a d’histoire digne de ce nom que libre. Cela est vrai pour l’histoire de l’Algérie comme pour toutes les autres.  

Gilbert Meynier

            Professeur émérite à l’

Université de Nancy 2

[1] Édition critique établie par G. Namer, Paris, Albin Michel (coll. « Bibliothèque évolution de l’Humanité »), 1997, 295 p. Ce livre-testament renouvelle considérablement les problématiques que Halbwachs avait développée dans son livre paru en 1925 Les Cadres sociaux de la mémoire.

[2] Cf. Benjamin Stora, La Gangrène et l’oubli : la mémoire de la guerre d’Algérie, La Découverte, Paris, 1991, 369 p.

[3] Laïcité ou islamisme. Les Arabes à l’heure du choix, Paris, La Découverte, Le Caire, Al Fikr, 1991, 168 p.

[4] La Guerre d’Algérie 1954-1962. La Transition d’une France à une autre. Le passage de la 4e à la 5e République. Préface de Gilbert Meynier, Paris, Publisud, 1999, 1 072 p.

[5] Frankreich im Schatten des Algerienkrieges. Die fünfte Republik und die Erinnerung an den letzten grossen Kolonialkonflikt, Göttingen, V & R Unipress, 2006, 569 p.

[6] The Memory of Resistance. French opposition to the Algerian War (1954-1962), Oxford-New Yortk, Berg, 1997, 250 p.

[7] Paris 1961. Algerians, State Terror and Memory, Oxford University Press, Oxford, 2006, 375 p.

L’ALGERIE et la Constitution de 1958

 Bravo à Christiane GARCIA d’avoir retrouvé cette question écrite à propos de la constitution de 1958 qui permet de démontrer toute la duplicité de la réponse mensongère qui lui fut faite à l’époque des faits :

Dans le volume qui collationne les archives du groupe de travail préparatoire au texte constitutionnel (consultable 30 ans après) il est dit à propos de l’article 72 qui n’existait pas dans le texte de 1946 (constitution précédente) « la différence importante a trait à l’adjonction de la formule : toute autre collectivité est crée par la loi »

On passe ainsi d’une énumération « fermée » des collectivités territoriales (dont faisait partie l’Algérie) à une énumération « ouverte », le législateur se voyant ainsi doté de la possibilité de créer d’autres types de collectivités territoriales que les communes, départements et territoires d’outre mer et donc éventuellement de rassembler autour d’une collectivité territoriale d’un type nouveau les départements algériens déjà dotés d’un statut particulier.

De plus si l’on en croit une déclaration consignée de Monsieur TEITGEN (partisan de larguer l’Algérie) devant le Comité Constitutionnel alors que ce dernier craignait que l’Algérie soit « condamnée » à demeurer vitam -æternam départements de la République  : on lui a répondu (consigné) qu’il avait été inséré dans le texte la formule déjà citée ci-dessus « qui permettra de créer une collectivité territoriale adaptée au problème algérien ».

Dans le même sens devant la commission constitutionnelle du Conseil d’Etat selon les mêmes archives, le commissaire du gouvernement Mr JANOT précise que « le problème algérien évoqué pouvait trouver sa solution dans la même formule citée ». Il apparaît donc clairement que dès cette période on ait introduit dans la future constitution des éléments nouveaux en vue d’amorcer la séparation de l’Algérie et de la France , ce qui rendait très pertinente la question posée par les deux députés cités à propos de la rédaction de l’article 72.

De plus contrairement aux allégations de Mr DEBRE un article 53 donne la possibilité de « cession, échange ou adjonction éventuelle de territoires en fonction d’une loi ratifiée par  une consultation des populations intéressées ». Ainsi par la suite, sous couvert de « l’organisation des pouvoirs publics en Algérie » De Gaulle fera ratifier par le référendum du 8 janvier 1961 sa politique algérienne et promulguera une loi référendaire qui changera le statut de l’Algérie avec l’adoption du principe de l’auto détermination.

Ce statut ayant été désormais modifié, il fera ratifier les accords d’Evian par la seule métropole lors du référendum du 8 avril 1962 ; l’Algérie étant appelée à les ratifier à son tour par la question posée lors de la  consultation du 1er juillet 1962 relative au choix de l’Indépendance dans le cadre des accords d’Evian ». Il faut se souvenir que la déclaration générale d’Evian stipulait « si la solution d’indépendance et de coopération est adoptée, le contenu des dits accords s’imposera à l’Etat algérien ».  On sait ce qui advint de cette déclaration utopiste et les drames qui s’en suivirent.

Voilà pour l’utilisation du texte de cette constitution primitivement niée par Michel DEBRE. Maintenant n’étant pas juriste, il peut y avoir des avis différents mais je suis d’accord sur ce point avec le Docteur Jean- Claude PEREZ lorsqu’il qualifie « mortel » le référendum du 28 septembre 1958 auquel nous fumes peu nombreux, à part les communistes, à répondre NON.

                                                                                  Jean François PAYA

 

Références et sources :

Ouvrage « Ecriture de la Constitution de 58 » par l’association française des Sciences Politiques et des Constitutionnalistes (Edition Economica 1992)

Ouvrage Chapsal et Sancelo Directeurs de l’Institut d’Etudes Politiques et de Sciences Po « Edition PUF 1975) à propos « des pouvoirs publiés en Algérie »

Archives de la Commission préparatoire au texte constitutionnel consultables après 30 ans.

Ouvrage de Jean-Claude PEREZ « L’Islamisme dans la guerre d’Algérie »

 

Après les indices les preuves - RECHERCHES et ARCHIVES

De : Dani�le MALLET

Date : 07/21/07 16:10:45
A : claude.garcia-pap@wanadoo.fr
Cc : garciachristiane82@neuf.fr
Sujet : tr:Documents sur Oran 5 juillet 62
 > Devant les élucubrations du "quotidien d"Oran" j"ai décide de publier>certains documents relatifs a mon enquête sur les massacres du> 5 Juillet 62 a Oran     Jean francois Paya
Date : 07/21/07 13:26:32
Sujet : tr: quotidien oran 5 juillet 07
Suite a l"article du quotidien d"Oran du 5 Juillet 07 j"ai décide de publier la PJ 

ci dessus dont les arguments ont pu inspirer l"auteur visiblement en"service commande"

qui ne connaissait pas le sujet et qui puise dans des sources "françaises" alors qu"il se

trouve a Oran ou sont les charniers reconnu par son collègue Fouad Soufi Je regrette toujours

que nous ne puissions pas faire un travail collectif car il ne s"agit pas que de vendre du papier

      Bien cordialement JF Paya

 

          

                    

                   

                                                           

                                                                              

                                               

Date : 07/29/07 17:51:26
Sujet : tr:

>certains ont prétendu que le 5 juillet les gens se sont précipite au port pour prendre le bateau ce qui expliquerait le nombre de "disparus " évidemment faux car il était très dangereux de descendre au port, preuve les photos, les gens se sont cachés ou ont été enlèves  JF Paya

     

       

Synthèse des renseignements venant des « correspondants » algériens proches de l’État Major de la Willaya V de janvier 62 à juin 62.

 A posteriori, on se rend compte que les renseignements d’ordre militaire devenaient de moins en moins importants côté français ( la Willaya V intérieure étant réduite à sa plus simple expression avant le 19 mars). 

C’était surtout à partir des « négociations », la position politique de l’Etat Major d’Oujda qui importait et son avis sur le contrôle français de la base de Mers El Kébir, sachant que le dit EMG-ALN n’était pas directement impliqué dans ces négociations et de plus en plus hostile au G.P.R.A , dont le président Bikhédda passait pour un « marxiste » voir « pro chinois » pour les français. 

Ce qui expliquerait le choix de De Gaulle, son poulain F. Abbas ayant été évincé, pour la tendance « extérieure » en apparence plus islamiste : Boumediene / Ben Bella.

 Pour l’EM d’Oujda la « hantise » était la crainte de la création d’une enclave « européenne » de facto à Oran et ses environs, justifiée par une présence qui se concentrerait des français d’Oranie sur le site  amorcée par le « leurre » Gaulliste de la partition, condamnée primitivement par l’OAS qui a (exécuté Leroy, Villard) et repris en catastrophe les deux derniers mois par l’OAS d’Oran (Général Gardy).

Sur « la plateforme territoriale oranaise » : un des éléments parmi d’autres (éviction totale du GPRA  et de ses partisans en Oranie) de la  provocation d’Oran du 5 juillet 62, pour faire peur aux Européens et venir « rétablir l’ordre » tout en mettant au pas les opposants 

(voir liquidation de certains, soit disant « évacué » par Mers El Kébir !

Nous ignorons si une tractation  sur la base des éléments A et B a pu exister ? En tout cas pas localement. 

Le général Katz prévoyant des interventions en « légitime défense », des ressortissants français dans sa note du 20 juin.

 En tout cas, cette note fut contredite au dernier moment par des ordres de consignes strictes des troupes, alors que le contraire avait été promis, par des tracts et la presse locale (l’Echo d’Oran), les semaines précédentes. 

« L’armée restera pour vous protéger »

Le pouvoir central Français est directement impliqué – Katz ne faisant que se parjurer en exécutant les ordres.

                                                                        Jean François PAYA

 

 

 

REFLEXIONS :

Souvent il n'y a pas de dialogue parce certains sont figés dans leurs concepts passéistes, dogmatiques, idéologiques, au nom de valeurs pour certaines dites universelles, d'autres patriotiques, ou bien les deux à la fois.

Les uns et les autres se sont accommodés d' entorses à la règle et sont pris au piège de leurs engagements et comme ils ne veulent pas se déjuger pour ne pas être jugés,  ils n'acceptent pas l'évidence 45 ans après du beau gâchis dans lequel il ne se seraient pas engagés s'ils avaient su. 

Cela est vrai de part et d'autre. Parfois l'incompréhension tient à peu de choses,

Sans langue de bois dans un esprit d'ouverture et non de fermeture en évitant de souffler sur la braise encore chaude. il faut Pourtant  admettre qu'il y a eu des erreurs et des fautes dont sont toujours victimes les populations, et, à un moment donné, le reconnaître sans aucune justification quelque elle puisse être peut  participer à l'apaisement nécessaire de la réconciliation.

Si histoire et mémoire ne sauraient se confondre, parce qu’elles n’ont pas le même objet (ce qui n'est pas mon avis). 

Les mémoires, aussi respectables et souffrantes qu’elles puissent être, sont pour l’historien au premier chef des documents historiques ; en aucun cas, elles ne peuvent prétendre se substituer à la vérité historique. 

(à mon avis), Pour peu que les historiens ne soient pas que des historiens romanciers de l'histoire qui écrivent l'Histoire comme on écrit un roman ou comme l'on raconte des histoires, mais au contraire de vrais chercheurs le prouvant à partir de vraies archives consultables par tous les autres (d'où l'utilité d'une commission d'enquête parlementaire droite gauche genre Outreau)..

D'autres, se reconnaissent entre eux selon des Maîtres à penser ou Philosophes. Ils établissent un ordre hiérarchique de référence ou sensibilité idéologique qu'ils répercutent en cascades, afin, de faire croire que ce qui a été dit est la vérité parce qu'étant celle du plus grand nombre.

Ainsi, Faire l'histoire c'est de déterminer la conception de son avenir, au sein d'une nation

C’est l’homme qui fait l’histoire, mais, sans histoire l’homme ne serait rien.

Je ne suis qu'un humble citoyen ignorant parce que ne connaissant rien à la philosophie  (Socrate, Platon etc) ni à la psychanalyse (Freud Halbwachs ect) ...mais qui cherche à comprendre et avec moi les lecteurs de ce site.

Voici ma compréhension des événements :

 Comme je l'ai écrit l'Algérie Française était une Utopie à mon avis pour deux raisons: 

1° parce que dans le contexte de décolonisation, le droit à la liberté des peuples était légitime et inéluctable ...

  2° parce que face à la montée du régionalisme, du séparatisme (Corse, Basque ou Breton) et aujourd'hui de l'islamisme la situation aurait été insoutenable et intenable. 

Dans le conflit franco allemand les choses sont "simples" Il y a eu un vainqueur et un vaincu le vaincu a reconnu ses torts.

Dans le conflit franco algérien les choses sont différentes et bien plus complexes parce qu'il n'y a pas eu de vainqueurs ni de vaincus, que la supposée victoire des uns n'est pas celle des armes, mais de faits politiques que certains qualifieront de trahison.

Qu'est ce qui a conduit à ces états de faits?

Les conditions dans lesquels sont survenus la cessation des hostilités(Accords d'EVIAN, cessez le feu unilatéral du 19 mars 1962, bradage, bâclage et précipitation).

Qu'elles sont les responsabilités ?

Responsabilités d'états et du gouvernement d'alors.

Qui sont les victimes?

Les peuples. J'attends les preuves contraires.

Citations de Gaston Monnerville :" La vision de De Gaulle n'était pas tellement lucide".  

En 1958, il joue un rôle important dans le retour du Général De Gaulle au pouvoir en se rendant avec André Le Troquer à Saint-Cloud pour un entretien sur les modalités de l’investiture du Général et le respect de la Constitution.

Il consent (Gaston Monnerville) à l'indépendance de l'Algérie en 1962 et s'oppose à la marche vers l'indépendance des territoires d'outre-mer. Paradoxe. Pourquoi??

Lorsque le général de Gaulle propose l'élection du président au suffrage universel direct, Monnerville entre dans une opposition définitive à la Vème République.

Si l'on a retenu son opposition à de Gaulle, on oublie parfois que Gaston Monnerville a participé au retour au pouvoir du général. 

Lorsqu'en 1958 le président René Coty envisage de rappeler l'ermite de Colombey", il lui envoie deux émissaires, les deux présidents des assemblées, André Le Troquer et Gaston Monnerville, qui le rencontreront nuitamment à Saint-Cloud. Les relations entre le président du Sénat et le général de Gaulle ne tarderont pas à s'aigrir lorsque ce dernier refusera de solliciter l'investiture de son gouvernement. 

Si ce n'est une forfaiture, c'est pour le moins, aux yeux de Gaston Monnerville, une mauvaise manière.

Plus tard il aimera rappeler: "Le fils d'outre-mer que je suis doit tout à la République, c'est elle qui, dans ma Guyane natale, est venue nous apporter la dignité et la culture. C'est elle qui m'a tout appris et qui a fait de moi ce que je suis."

A méditer

Claude Garcia

André Le Troquer extraits assemblée nationale .fr et Wikipedia 

Homme politique français, il fut avocat socialiste, président de l'Assemblée nationale du 12 janvier 1954 au 10 janvier 1955 et du 24 janvier 1956 au 4 octobre 1958.

Élu député de Paris en 1936, il siège à l'Assemblée nationale de 1945 à 1958.

Il siège à l'Assemblée consultative d'Alger avant d'être nommé commissaire à la Guerre et à l'Air puis commission délégué à l'administration des territoires métropolitains libérés. Il est aux côtés du Général de Gaulle à la libération de Paris et descend à ses côtés les Champs-Élysées en août 1944.

En 1946, il devient ministre de l’Intérieur du 23 janvier 1946 au 2 juin 1946 dans le gouvernement Félix Gouin et ministre de la Défense nationale dans le 3e gouvernement de Léon Blum du 13 décembre 1946 au 13 janvier 1947. Vice-président de l'Assemblée nationale, il est président par intérim du Congrès à Versailles lors de l'élection de René Coty à la présidence de la République en décembre 1953.

En tant que président de l'Assemblée nationale, il joue un rôle important lors des événements de mai-juin 1958 qui marquent le retour du général de Gaulle au pouvoir

Il se rend avec Gaston Monnerville, président du Conseil de la République, à Saint-Cloud pour un entretien décisif avec de Gaulle et s'assure que son retour s'effectuera conformément aux pratiques constitutionnelles.

 Il lit le message de René Coty annonçant qu'il a fait appel au plus illustre des Français et préside les séances du 1er au 3 juin 1958 (investiture de De Gaulle et pouvoirs pour élaborer une nouvelle constitution). 

Battu aux élections législatives de novembre 1958, il quitte la vie politique en 1960 non sans avoir appelé les électeurs à dire « non » lors du référendum du 8 janvier 1961 sur l'AlgérieAndré 

Le Troquer retrouve la présidence de l'Assemblée, qu'il occupe jusqu'aux dernières heures de la IVème République. Hostile à toute dérive bonapartiste, André Le Troquer observe avec inquiétude la crise dans laquelle s'enfonce le régime au printemps 1958. 

A l'initiative du président de la République René Coty, il rencontre, dans la nuit du 28 au 29 mai, le général de Gaulle à Saint-Cloud, en compagnie du président du Conseil de la République Gaston Monnerville.

 Les trois hommes constatent l'ampleur de leurs divergences ; néanmoins l'ancien chef du GPRF (de gaulle) accepte, comme le lui demandent avec insistance les présidents des deux Assemblées, de se soumettre à la procédure constitutionnelle, en laquelle il avait pourtant dénoncé une succession de " formalités périmées ".

 Il (de gaulle)renonce à imposer la mise en congé du Parlement pendant une année ; bien plus, il va jusqu'à déclarer à l'Assemblée nationale, lors des débats des 2 et 3 juin 1958, "tout l'honneur et le plaisir qu'[il] ressen[t] à [se] trouver devant elle". 

Mais ces aménagements de façade ne changent rien au fond de l'affaire, et c'est à André Le Troquer qu'il revient, le 3 juin à 15h15, de prononcer avec laconisme l'oraison funèbre de la IVème République : 

" la prochaine séance aura lieu à une date indéterminée. La séance est levée ".

Aux élections législatives de novembre 1958, André Le Troquer est battu dès le premier tour, arrivant en troisième position derrière le candidat de l'UNR Pierre Bourgoin et celui du Parti communiste Maria Doriath, avec 6 165 voix sur 39 077 suffrages exprimés. 

 Sa dernière déclaration publique, faite le 4 janvier 1961, à quelques jours du référendum sur l'Algérie, ne rencontre qu'un faible écho ; l'ancien président de l'Assemblée s'y prononce pour un "non", en développant des arguments qui le placent en opposition avec la ligne de la SFIO : 

"sans même attendre le résultat du référendum, il est déjà annoncé et décidé que l'Algérie aura son gouvernement, ses institutions, ses lois. 

Et que restera-t-il aux autres, car il ne s'agit pas seulement de biens matériels, mais du droit même à l'existence pour 1 200 000 Français de souche européenne et de beaucoup de musulmans ?". 

Après plusieurs décennies passées au faîte de la vie publique, André Le Troquer décède dans une indifférence quasi générale le 11 novembre 1963 à Andilly, en Seine-et-Oise.

 

                    

                                                                

René Coty :

René Coty fut marqué par les convictions politiques et religieuses de sa famille

Appel au Général de Gaulle [modifier]

En mai 1958, René Coty fait appel « au plus illustre des Français », de Gaulle. Pour contrer l'opposition de l'Assemblée nationale dominée par la Gauche, il menace de démissionner sur-le-champ en cas de refus d'investiture du Général, ce qui aurait très probablement provoqué un coup d'état militaire. 

Cette menace fit céder la Gauche, qui dominait à l'Assemblée Nationale. Il confie alors au général de Gaulle la tâche de constituer un gouvernement. 

À ce sujet, Pierre Mendès France déclarera plus tard : « C'est parce que le Parlement s'est couché qu'il n'y a pas eu de coup d'état ! ».

Michel Debré :

Sous la Quatrième République, Michel Debré adhère tout d'abord à l'UDSR, puis au Parti radical-socialiste sur les conseils du général de Gaulle (Allez au Parti radical, Debré. Vous y trouverez les derniers vestiges du sens de l'État

Debré écrit dans l'édition du 2 décembre 1957 : « Que les Algériens sachent bien que l'abandon de la souveraineté française en Algérie est un acte illégitime qui met ceux qui le commettent, ou s'en rendent complices, hors-la-loi et ceux qui s'y opposent, quel que soit le moyen employé, en état de légitime défense. » 

Cet appel explicite à l'insurrection a conduit a posteriori le socialiste Alain Savary à considérer que « Dans l'affaire de l'OAS, les militaires ne sont pas les coupables, le coupable, c'est Debré. » [1]

Il critique vivement l'absence de politique gouvernementale, notamment en Algérie.
Son départ de l'Hôtel Matignon, en 1962, marque autant un désaccord sur l'évolution de la situation algérienne que les limites de la fonction dans un régime qui s'apprête à renforcer la place de la Présidence de la République

Après 1946 il milite passionnément contre la IVème République, et, en 1958, complote passionnément pour le retour au pouvoir du général De Gaulle et pour l'Algérie française.

Après le référendum du 14 avril 1962 approuvant les accords d’Évian, de Gaulle le remplace par Georges Pompidou.

, il décide en mars 1963 de se présenter à nouveau à la Réunion, une île qu'il a découverte avec le Président lors d'un voyage de moins de vingt-quatre heures le 10 juillet 1959

Ce choix surprenant s'explique par sa crainte de voir ce qui reste de l'empire colonial français suivre la voie empruntée par l'Algérie, une indépendance dont il ne se console pas.

Gaulliste]

Malgré son admiration pour de Gaulle, Debré prend cependant soin de distinguer l'homme et le régime, et réfute, parfois avec indignation – et trente ans après –, les accusations des antigaullistes selon laquelle la constitution de 1958 avait été taillée pour de Gaulle et ne lui survivrait pas.

. Le Général, qui se plaignit souvent d'être abandonné, disposa toujours d'un entourage de fidèles prêts à le servir envers et contre tout. Jusqu'au bout, leur lien avec lui fut essentiellement personnel, et, pour beaucoup d'entre eux, filial. Servir le général de Gaulle, c'était servir la France. Mais c'était également servir un patron exigeant, intimidant, déconcertant, souvent distant, toujours autoritaire et manipulateur. Et qui avait la dent très dure lorsqu'il estimait qu'on lui avait manqué ou qu'on l'avait trahi

Histoire du SAC (Service d’Action Civique)La part d’ombre du gaullisme

Souvent présenté comme la police parallèle du régime ou la garde prétorienne du mouvement gaulliste, un ramassis de truands garde prétorienne et une officine de barbouzes, le SAC n’a jamais cessé depuis sa création en 1959 de traîner derrière lui un parfum de scandale

Le SAC est officiellement créé le 4 janvier 1960, date de son enregistrement à la préfecture de Paris, dans le but d'apporter un soutien inconditionnel à la politique du général de Gaulle. Il est dirigé par Pierre Debizet mais le vrai patron est certainement Jacques Foccart, confident de De Gaulle.

Il recrute parmi les militants gaullistes mais aussi dans le milieu. Parmi ses fondateurs, on trouve Charles Pasqua mais aussi son ami Étienne Leandri, ancien collaborateur notoire (il a porté l'uniforme de la Gestapo) reconverti dans le trafic de drogue et protégé par la CIA pour ses activités anti-communistes. Beaucoup de voyous de l'époque se sont promenés avec une carte du SAC, tels Jo Attia ou Christian David (dit « Le Beau Serge »), certains éléments de la pègre avaient choisi en 1940/44 la Résistance, voire été déportés ce qui avait créé des liens.

Lors du changement de cap du général de Gaulle au sujet de la crise algérienne, beaucoup de membres du SAC favorables ou militants de l'Algérie française démissionnent. En particulier Pierre Debizet laisse la place à Paul Comiti, un garde du corps du général De Gaulle, à la tête du service. Il ne sera, à une ou deux unités près, dans les mouvements armés que les gaullistes vont lancer contre l'O.A.S., en particulier en Algérie.

À partir de cette période où les grognards du gaullisme partent, le recrutement est de moins en moins sérieux, ce qui permet à beaucoup de personnes peu recommandables de rentrer au service. Les « incidents » vont alors se multiplier 

 

                       

Voir Tribune libre expression (les clefs d'Alger 1830)

 

 Réponse aux questions d’un    Historien     Algérien par Jean-François Paya 

                              Message   du     15   Mai    2007

  1er    /      Les Accords d’Evian prévoyaient l’ouverture des frontières Est (« Ligne Morice » Tunisie) et Ouest (Maroc) dés la proclamation de l’Indépendance (12 H / 3 Juillet 62). Donc passage des réfugiés Algériens de Tunisie et du Maroc et des éléments de la puissante ALN extérieure précieusement préservée par son Etat Major en vue de ces Journées (quelques harcèlements factices de propagande début Mars 62) 

Certains ont Prétendu  « que les représentants du GPRA avaient demandé l’aide de l’armée Française contre l’ALN « (voir communiqué de l’EMG d’ Oujda du 5 Juillet  cité P158 De «l’ Agonie Oran » volume 3 et archives M Harbi ) et même de bloquer les frontières temporairement en sachant que les accords d’Evian ne prévoyaient pas l’intervention de cette ALN à l’intérieur mais seulement de « la force locale » sous les ordres de « l’exécutif provisoire » jusqu’à l’élection d’une Assemblée Nationale Constituante

Pour ce que nous savons à l’Ouest l’ALN ne disposait pas d’une logistique de transport suffisante  et comme nous l’avons signalé dans notre enquête du réquisitionner des véhicules divers(camions ;bus  ) pour aller sur Oran (certains témoins avancent même   avoir vu des  camions militaires Français de nuit ? ) confirmé par certains films archivés notamment entrée de ces troupes à Alger en Sept 62 et par moi même le 8 Juillet à Oran

Alors « arrangements entre l’EMG et Paris « ?  Plusieurs témoignages (mais pas d’archives bien sur)  avancent que De Gaulle préférait la prise du pouvoir par « l’extérieur «  (présence de son ami F Abbas et de l’ex adjudant Ben Bella) par rapport au GPRA  jugé par les services Français plus « Marxisant » Son président Ben Khedda est donné même « comme un admirateur de la Chine et de la Yougoslavie »(ouvrage « la guerre d’Algérie » du Colonel Le Goyet  du service historique de l’ Armée) alors que c’est un Musulman pratiquant !   

On sait aussi que l’EMG d’Oujda comme nous l’avons dit craignait la création «  de facto » d’une enclave Française dans la région d’Oran provoqué par l’afflux des européens dans la seule ville où ils étaient majoritaires et que par ailleurs les autorités Françaises voulaient s’assurer du respect  des accords d’Evian pour le contrat sur la base de MersEl Kébir et sur la zone d’essais du Sud signé par d’autres que ceux qui allaient prendre le pouvoir.

 Alors Deal ? on a aucune preuve pour l’instant :mais tout ce passe comme si !….. et  on en revient A LA TRAGIQUE JOURNÉE DU 5 JUILLET A ORAN et à l’immobilisme ordonné à l’Armée Française  par le pouvoir central qui permit à l’ALN extérieure de jouer un rôle de premier plan à Oran et d’étouffer toute opposition pendant que Ben Bella s’installait à Tlemcen avec le « Bureau Politique »  crée pour la circonstance.

2em  /   Ferhat Abbas nommé Président du GPRA dés sa création Le 19 Sept 58 était connu comme « l’homme de De Gaulle » au sein de la « rébellion » il fut évincé par Ben Khedda et son équipe le 26 Août 61 après avoir amorcé les négociations avec le gouvernement Français (Evian et Lugrin)

 Il en conserva une amertume profonde et en désaccord  avec les tendances apparemment  gauchistes de la nouvelle direction Il préféra rallier la tendance plus islamiste ;dés  Juillet 62   qui avait plus de chance de l’emporter.

 Premier président de l’Assemblée Nationale élue le 20 Sept 62 il fut assigné a résidence par Ben Bella chef de l’Etat  après sa démission le 14 Aout 63  ( voir son ouvrage « La Révolution confisquée «  )

Il faut remarquer que l’ALN des frontières  devenue ANP (armée nationale populaire) ne put entrer  à Alger que le 9 Sept 62 après des accrochages sérieux avec certaines Willayas  de l’intérieur .

 On peut en déduire que l’appui de la France fut décisif  

                              

                                                                      

 

    A propos des « Responsabilités des Historiens face à l’Histoire Coloniale (Le Monde du 25 septembre 2005)

                                   Un groupe d’historiens engagés, s’insurgent encore une fois contre la fameuse loi du 23 février qui encourage à reconnaître les aspects positifs de la colonisation en général (ce qui n’empêche pas d’en étudier les aspects négatifs)..¨Mais pourquoi se braquer exclusivement sur l’Algérie ? Certainement parce qu’elle comportait une relative population de peuplement avec une certaine influence importante sur la population locale non démentie de nos jours, comme le fût la présence romaine en Gaule dont on a oublié aujourd’hui les exactions parfois cruelles pour ne retenir que les bienfaits d’une « civilisation gallo-romaine »,n’en déplaise à tous les aigris « anti-colonialistes »  .C’est ce que l’histoire retiendra à plus ou moins long terme une fois les générations du conflit disparues pour l’Algérie (processus en marche qui fait rager ses dirigeants) .

On peut entrevoir cette approche esquissée dans la 2éme partie de ce texte « bicéphale » qui a dû être âprement négocié vu la qualité de ses auteurs .

Mais pourquoi ne pas évoquer, chers historiens, tous héritiers éminents des « hussards de la République » : que des générations d’illustres français ,presque toujours de sensibilité de gauche ont célébré « l’œuvre civilisatrice coloniale » ? oui pendant plus de 80 ans, l’immense majorité des autorités politiques,morales,philosophiques et religieuses de la France ont soutenu activement cette politique coloniale y compris « la ligue des droits de l’homme » !.La Franc-maçonnerie de son côté dans le convent du G.O. du 20 septembre 1923 proclamait « Nous affirmons que l’œuvre coloniale de la III éme république est une œuvre de civilisation ».Des personnalités aussi diverses que l’humaniste Ernest Renan, le socialiste Louis Blanc, le poete Victor Hugo et plus tard l’homme politique Jean Jaurès célébrèrent les vertus humanitaires de l’œuvre coloniale de la France !

Au parlement un « groupe colonial » fût formé comprenant 200 députés dont 5 futurs présidents de la République !

Ce groupe atteignit 250 membres dans la chambre dite du Front Populaire élue en 1936 ! sans compter les ardents colonialistes tels Jules Ferry et Léon Gambetta .

Mais cela relève après tout principalement d’une histoire Franco-Française, ce qui ressort surtout de la première partie de ce texte , c’est la haine à peine dissimulée d’un supposé « lobby des français d’Algérie » qui a bien peu de droit d’expression dans nos médias du « Figaro « au « Monde » sans parler de la télévision, sans aucun droit de réponse.

Ces pelés, ces galeux soumis à toutes les vindictes ,biens  souvent issus des carences ou des réglements de compte politiques (le plus souvent contre-révolutionnaires) de la métropole ne furent pas responsables de leur présence en Algérie ,pas plus que les descendants des tribus arabes hilaliennes dont les pratiques ont submergé et ruiné ce pays berbéro-judéo-chrétien.

L’incompréhension avec le « lobby anti-colonialiste »(dont certains ex suppôts de Pol-Pôt) vient de là, qui cherche à masquer les échecs évidents de son soutien aux révolutions tiers-mondistes et aux »lendemains qui chantent » qui devaient en découler ..

 Prenons garde de ne pas avoir à comptabiliser les victimes, après les moments d’euphorie des Indépendances

Ce sujet est toujours d’actualité et, devrait avant tout mobiliser les historiens face à leurs « responsabilités » évoquées en titre de l’article « Horizon débat »(mais avec qui ?) du Monde                                           Jean-François  Paya

                                                                                                                                                                                     

En septembre 2007

Observations sur l’article « Oran ville Espagnole et Française »dans le n°8 « Guerre d’Algérie » magazine

 Cet article de Philippe Lamarque suscite quelques remarques : si l’auteur cite l’action de « Franco en faveur des Oranais » il ne faudrait pas oublier que dès le début, la rébellion algérienne fut aidée par le régime Espagnol à partir de l’ex Maroc espagnol et que l’ALN extérieure avait un camp à Nador. Voir l’article « Armas para el FLN » « Aventura de la historia » revue 69 de Juillet 2004 et ouvrages du Docteur Jean Claude Perez .

 Des responsables algériens dont Ben Bella se réunissaient souvent à Madrid dès 1952. Ensuite l’auteur a omis d’indiquer que les Espagnols quittèrent Oran en 1792 surtout à la suite d’un terrible tremblement de terre qui détruisit la ville.

Ensuite à la suite du recensement de 1886 qui donnait une majorité d’Européens Espagnols en Oranie : 14.931 Français pour 31.192 Espagnols (ville Oran) la France promulgua une loi en 1889 de « naturalisation automatique » des étrangers nés en Algérie qui n’eurent rien « à solliciter » cette population laborieuse était surtout venue à l’origine pour défricher les terres allouées aux Français. Il est vrai que cette ville fut plus longtemps Espagnole que Française de 1505 à 1792.Bien cordialement

Jean-François PAYA / Historien

Secrétariat/malletdaniele@wanadoo.fr

Remarques : de nombreux républicains espagnols se sont réfugiés à Oran et dans toute l'Oranie durant la guerre civile d'Espagne 1936. Ce qui accrédite le soutien de Franco a l'ALN extérieure.  

Article « Armas para FLN » en la « Aventura de la Historia  » n° 69 Juillet 2004

Article très intéressant sur l’aide du régime de Franco aux rebelles Algériens : ces faits qui ont été connus (non dans le détail) des militants républicains et communistes d’origine espagnole en Oranie et les avaient confortés dans leur opinion de ne pas prendre « la révolution Algérienne » pour une cause progressiste et socialiste, comme je l’ai indiqué dans mon enquête sur les massacres du 5 juillet 62 à Oran qui firent près de mille victimes dont beaucoup d’origine Espagnole, particulièrement visées par les musulmans, pour des raisons que j’ai explicité. – Le massacre eut lieu en présence de 12000 hommes des Forces Armées Françaises, consignés dans leurs cantonnements par le pouvoir Gaulliste. – Cet article remarquable comporte cependant quelques erreurs regrettables :

1° La photos p.43 : Il ne s’agit pas d’une manif FLN en 1960 mais d’une Manifestation d’Européens d’Algérie contre l’abandon de l’Algérie, opposée aux gendarmes mobiles en décembre 1961 au centre d’Alger (réf. « Le Monde » n° Spécial 146 Juillet 1987 – p.10 photos « Magnum »)

2° « El Brusco despertar de Argelia » : le 1er novembre 54. Il n’y a pas eu « 70 explosions en chaîne » mais seulement 5 bombes dans toute l’Algérie :

2 à Boufarik et Cellunef (coopératives)

3 à Alger – immeuble Ladio – Usine à gaz, port, sans gros dégâts.

3° « El coordinator era Ahmed B. Bella » : celui-ci alors « petit chef » était en Egypte le véritable Coordinateur et Président du FLN fut Mohamed BOUDIAF et les  six membres du « CRUA » présents en Algérie.

Bien cordialement Jean-François PAYA

(Cet article a été reproduit en  Espagnol dans un numéro suivant de la revue « Aventura de la Historia  »

 

                                       

Nous venons de retrouver un article du professeur  émérite membre de l”institut Bruno ETIENNE plus tôt favorable a l”indépendance de l”Algérie  / référence “culture et révolution “ ed du seuil 1977 / qui indique  :” Le groupe opérationnel de Cheir-Belkacem commandant du camp A de Dar Kaddani (Maroc) est entré à Oran les premiers jours de Juillet 62 C 'est lui qui parait responsable des massacres et des disparitions du 5 juillet à Oran “

Si l”info est exacte ce groupe incognito sur le terrain ,peut être en civil entre avec les premiers “refugies” du Maroc avant l”indépendance ne peut que renforcer la thèse du coup monté par Oujda et la provocation facile à exécuter à Oran mais ratée sur Alger le 25 Juillet avec le même prétexte OAS un peut réchauffé à cette date il faudrait que B Etienne nous donne ses sources qui ne peuvent être que musulmanes vu ses affinités et ces relations bien connues. 

                                   Jean-Francois Paya   le 28/09/07

                                           

Sur l’Histoire de la Guerre d’Algérie

 Je me reconnais, le droit d’ingérence sur ce sujet, non en tant qu’en « Algérien » ce qui serait légitime, mais, comme je le reconnais à tout être humain libre de critiquer, d’approuver, de condamner, de juger toute politique locale ou nationale sur cette Terre qui nous est commune.

Et comme je l’ai appris de mes compagnons et maîtres fondateurs de l’Université Cosmopolite « de Vincennes », où, rien n’était tabou et où l’internationalisme régnait en maître, avait tendance à considérer le Nationalisme comme « une maladie infantile » qu’il fallait dépasser.  

Quelle longue marche ! Ce dernier sévit encore partout allié à son vieux complice le fanatisme religieux !Donc pour l’Algérie, par-dessus tous les drames, les déchirements, les débats passionnés qu’a suscité et que suscite encore cette « guerre » légalisée.

Le colonialisme, l’exploitation, l’émancipation des hommes et surtout des femmes ; au-delà de toutes les polémiques sur les droits des majorités et des minorités, à la mode aujourd’hui, mais oublié hier, il y a un critère tranchant comme un couperet que nous appelions du temps du marxisme triomphant «  La Praxis  » ou plus simplement la Pratique Sociale  ». « Pierre de touche » de toutes les théories, mais cela est une évidence pour un bon artisan .

 Le résultat est là, et tranche aussi pour l’instant le débat !

 Qu’est devenue l’Algérie aujourd’hui ? Jadis on a refoulé les Harkis, maintenant les quais de Marseille sont pleins d’Algériens qui votent avec leurs pieds et avec leurs mains, s’ils pouvaient nager pour traverser la mer.Le pétrole et le gaz coulent à flot, mais pour qui ? et le sang aussi depuis 45 ans.

 La terre a été enlevée aux « incroyants » mais les tomates sont importées d’Espagne ou du Maroc ! Qu’avez-vous fait de notre pays ? Nous avions sûrement des torts, mais les mythomanes d’en face n’avaient pas raison et certains survivants finissent leurs jours sur les bords du lac Léman ! et vont mourir en exil comme nous, car Dieu est grand !

 Jean-François PAYA : « Algérien » depuis 5 générations, comme d’autres sont Bretons ou Corses, victime d’un « nettoyage ethnique » et de la parole non tenue de  part et d’autre.  

                      En Espagne – Septembre 2007

   France Algérie : l’impossible travail historique

 « Dépasser le contentieux historique » qui oppose la France et l’Algérie, tel et le vœu d’un appel lancé par des universitaires et diverses personnalités françaises et algériennes.

Au-delà de la démarche généreuse dont il témoigne, et à laquelle nous sommes sensibles, ce texte suscite bien des réserves qui justifient que nous ne pouvons nous y associer.

Ses auteurs appuient leur démarche sur l’idée que le passé colonial ferait « obstacle à des relations apaisées entre la France et les pays qu’elle a autrefois colonisés », en particulier avec l’Algérie. Dès lors, ils pressent « les plus hautes autorités de la République française de reconnaître publiquement l’implication première et essentielle de la France dans les traumatismes engendrés par la colonisation ». Comment ne pas s’étonner du recours à une conception aussi simpliste de la causalité en histoire qui ressemble plus à la théorie du « premier moteur » d’Aristote qu’aux structures de longue durée de Fernand Braudel ou aux temporalités plurielles et fragmentées de l’historiographie des mémoires. S’il fallait penser les relations entre la France et le Maghreb en terme de traumatismes, pourquoi alors ne pas revisiter une histoire longue, également « traumatique », intégrant les conquêtes arabes, la piraterie « barbaresque » et la mise en esclavage des chrétiens faits captifs ?

En réalité, les auteurs du texte semblent avoir été piégés par la rhétorique des dirigeants algériens qui, pendant la guerre d’Algérie et depuis l’indépendance du pays, utilisent une histoire mythifiée et diabolisée de la colonisation pour justifier leur dictature sur le peuple algérien, l’incurie de leur gestion, la prévarication des richesses nationales, en particulier des hydrocarbures, leur incapacité à assurer sécurité et progrès social à leurs concitoyens. Ce n’est pas le passé colonial, en lui-même, qui fait obstacle à des relations franco-algériennes apaisées, mais bien plutôt l’usage politique et diplomatique qu’en font, selon les circonstances, les dirigeants algériens. La démagogie historique qu’ils déploient vise surtout à manipuler les ressentiments et les frustrations de la population ainsi qu’à mettre en difficulté le partenaire français. Quel autre sens accorder à cette mise en accusation des faits du passé ? Et quel sens aujourd’hui à vouloir les juger ? Le colonialisme serait-il d’actualité ? La re-colonisation de l’Algérie serait-elle planifiée ? Quand l’Algérie était sous domination française, les contemporains ont eu à réagir, et nombre d’entre eux l’ont fait. Mais, comme Marc Bloch le soulignait, « Le passé est, par définition, un donné que rien ne modifiera plus » et l’historien ne peut que l’étudier et s’attacher à le comprendre. Tout le reste n’est que littérature ou posture d’un anticolonialisme anachronique.

L’appel parle de « la guerre d’indépendance algérienne ». Cette formulation qui se substitue à celle, communément admise de « guerre d’Algérie », conduit, en premier lieu, à caractériser un événement par sa fin : l’indépendance de l’Algérie. Rien ne permettait, ni en 1954 ni dans les années qui suivirent, de prévoir cette issue qui ne se dessine véritablement qu’à partir de septembre 1959. Comme Gilbert Meynier l’a montré dans son Histoire intérieure du FLN (Fayard, 2002, p. 12), encore en 1956, « le FLN mettait en avant le préalable de la reconnaissance par la France de l'indépendance, alors qu'au fond il aurait à l'époque transigé sur des formules de compromis ». Dès lors, comment prétendre que l’indépendance constituait bien l’enjeu de la guerre d’Algérie avant cette date ? Le même auteur relève que, dans les Mémoires du colonel Ali Kafi, « la guerre d'Algérie est dite commencer effectivement en août 1955 ».

Sur le modèle de cette nouvelle appellation, la Révolution française de 1789 devrait désormais être appelée « L’avènement de Napoléon Ier », tandis que la Première Guerre mondiale serait rebaptisée « L’effondrement des Empires centraux ». Il y a déjà plus de deux siècles que Voltaire, critiquant Bossuet,  avait raillé cette conception finaliste de l’histoire.

En outre, cette formule masque les réalités d’un conflit qui ne s’est jamais résumé à un affrontement binaire entre « indépendantistes » algériens et forces coloniales, mais qui a aussi été une guerre civile déchirant le peuple algérien. Elle dissimule la terreur à laquelle le FLN a systématiquement eu recours pour s’imposer au peuple algérien jamais spontanément ni massivement rangé derrière lui. Elle ignore que, jusqu’aux derniers mois de la guerre, un nombre considérable d’Algériens espérait le maintien, sous une forme ou une autre, de la présence française. Elle tait l’affrontement meurtrier entre le FLN et le MNA (cette « guerre dans la guerre », selon l’expression de Mohammed Harbi) dont le bilan se chiffre à plusieurs dizaines de milliers de victimes : militants assassinés en Algérie mais aussi en France, travailleurs immigrés et populations de douars, refusant de payer l’impôt révolutionnaires ou coupables de sentiments messalistes, communistes ou pro-français, massacrés tels les 301 habitants de la mechta Kasba, le 29 mai 1957.

À l’instar des dirigeants algériens, le texte fait ensuite une présentation partiale et réductrice des réalités coloniales, restrictivement évoquées dans leur dimension tragique et qu’ils qualifient de « système », ce qui supposerait une homogénéité de la colonisation dans l’espace et le temps alors que toutes les études historiques en ont établi, au contraire, la grande diversité et les évolutions.

Sont alors dénoncés les « massacres de centaines de milliers d’Algériens », leur dépossession, leur « clochardisation », leur soumission au Code de l’indigénat (expression historiquement erronée), etc. Autant d’affirmations qui méritent un examen plus attentif.

Massacre de centaines de milliers d’Algériens ? Les pétitionnaires auraient pu être plus rigoureux. Pourquoi se contenter d’une telle approximation sur le bilan humain de la colonisation et de la guerre d’Algérie qui laisse la porte ouverte à toutes les interprétations possibles ? Pourquoi ne pas préciser que la conquête a tué environ 250 000 Algériens et la guerre d’Algérie moins de 250 000, selon Ch.-R. Ageron, dont une cinquantaine de milliers tombés sous les coups du FLN ? Est-ce pour ne pas contredire ouvertement les mythes propagés par le pouvoir algérien, en particulier celui du million, voire du million et demi, de victimes de la guerre d’Algérie ? Mais alors, comment concilier cette concession au mensonge avec l’exigence de « voir en face le passé » proclamée quelques lignes plus haut, sauf à estimer que cette exigence ne s’impose qu’à la France - le pouvoir et de nombreux intellectuels algériens en étant, pour leur part, exonérés ?

Tous les morts ont-ils été massacrés, c’est-à-dire tués dans des conditions odieuses ?  Évidemment non : beaucoup sont morts au combat, les armes à la main. Certes il y eut des massacres, comme les quatre (voire cinq) terribles « enfumades » de la conquête (1844-1845). Mais au total, ceux-ci ont été peu nombreux et ne constituent en rien l’ordinaire des combats. Les populations civiles algériennes ont également payé un lourd tribu à la conquête et à la guerre d’Algérie, mais jamais – exceptées lors des enfumades et des représailles aveugles qui suivirent les soulèvements du Constantinois de mai 1945 et celles engagées après la tuerie des civils européens de la mine d’El-Halia du 20 août 1955 – elles ne subirent de massacres en nombre.

« Dépossession » des Algériens. De tous ? Certes, la colonisation a bien été une entreprise de spoliation massive des terres. Au total, la propriété européenne qui a couvert un peu plus de deux millions d’hectares, en est en bonne part le produit. Mais, dès 1830, elle s’est également développée par le fait d’acquisitions commerciales. Quant à la propriété  « indigène », représentant plus de sept millions d’ha (il est vrai souvent de qualité moindre), elle est loin d’avoir totalement disparu. Et, comme l’a montré l’historien économiste Ahmed Henni, une « classe moyenne » de paysans algériens s’est développée, dès les lendemains de la Première Guerre, en s’intégrant à l’agriculture coloniale, notamment à la viticulture. Ainsi, loin d’avoir été tous victimes de la colonisation, de nombreux Algériens, et pas seulement dans la paysannerie, en ont-ils aussi tiré profit.

« Clochardisation à grande échelle ». Les auteurs s’appuient, pour justifier cette affirmation sur Germaine Tillion qui utilise effectivement ce terme, page 27 de son livre L’Algérie en 1957 (Édition de Minuit, Paris, 1957). Mais la célèbre ethnologue ne donne pas à ce phénomène la même explication que les auteurs de la pétition. C’est même tout le contraire. Il aurait été honnête de le signaler. G. Tillion relève qu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, au moment où elle les quitte, les Algériens des Aurès, parmi lesquels elle vécut de longues années, « étaient tous très pauvres […] Mais normalement ils avaient – tout juste – le nécessaire pour manger. » Elle les retrouve, en décembre 1954, clochardisés. Ainsi, première rectification, la « clochardisation », dénoncée par la pétition, apparaît-elle tardivement dans l’histoire de l’Algérie coloniale, plus de cent ans après la prise d’Alger. Comment l’expliquer ? Est-ce le fait du colonialisme ? Laissons la parole à G. Tillion : « seconde  série d’explications, également classique : le Colonialisme, vieux Croquemitaine ». Or, relève l’ethnologue, « il n’y a jamais eu de colon, ni hier ni aujourd’hui, à moins de cent kilomètres à la ronde et seuls le vent de sable et les chèvres peuvent à la rigueur être accusés d’une diminution des terres cultivables (mais ce n’est pas le « colonialisme » qui a inventé les chèvres et le vent). » [op. cit., p. 28]. En réalité, rectifie G. Tillion, « la présence française », pour être invisible, était « omniprésente » et distribuait « à pleines mains le Bien et le Mal » : grâce à l’action menée contre le paludisme, le typhus exanthématique et la typhoïde, ces maladies « qui dévastaient encore la région il y a quinze ans ont à peu près disparu […] Dans la période antérieure, c’était [sic !] la peste et le choléra qui, par les soins invisibles de nos médecins, avaient opéré la même sortie discrète. À peu près dans le même temps, les famines mortelles et les guerres de tribu, surveillées, de loin, par les Services Préfectoraux, allaient rejoindre les vieilles légendes du passé. » [idem, p. 29]

Autrement dit, s’il faut chercher une explication à la clochardisation, c’est, selon G. Tillion, dans le fait que la colonisation a créé les conditions d’une explosion démographique qui épuise les sols, réduit les rendements et les productions, sans avoir, parallèlement, développé d’autres sources d’emplois et de richesses, en particulier l’industrialisation de la colonie. Dans sa conclusion, d’ailleurs, G. Tillion ne condamne pas la colonisation, mais au contraire réclame de la France un surcroît d’investissements économiques, sociaux, éducatifs en Algérie, afin de ne pas laisser les Algériens « au milieu du gué. »

Dans une volonté d’équilibre, le texte rappelle, mais cette fois-ci uniquement sur un mode allusif, les « multiples souffrances de Français », parmi lesquels « les déportés en Algérie pour raisons politiques ». Faut-il le préciser, la plupart de ces « déportés » politiques ont été expédiés dans la colonie pour avoir participé aux journées révolutionnaires de juin 1848 ou s’être opposés au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. Ils ne sont donc en rien des victimes de la colonisation. La plupart, d’ailleurs regagnent la France sitôt amnistiés. Restent ceux qualifiés de « victimes expiatoires » du système colonial lors de son effondrement. Pourquoi ne pas les nommer ? Pourquoi ne pas parler explicitement du sort des Français d’Algérie ? Pourquoi ne pas rappeler la spoliation massive de leurs biens par l’État algérien et au profit, pour l’essentiel, des nouveaux dignitaires du régime ? Pourquoi ne pas évoquer leurs morts et leurs disparus, notamment ceux qui, plus de 3 000, ont été enlevés par le FLN et, pour la plupart d’entre eux, massacrés même après les accords d’Évian (18 mars 1962). Seraient-elles des victimes historiquement incorrectes pour l’instauration de relations apaisées avec l’Algérie ? Pourquoi, enfin, alors les auteurs, qui récusent l’idée de repentance pour son caractère « religieux », recourent-ils à la parabole biblique de la victime « expiatoire » pour expliquer les malheurs de ceux qu’on appelle désormais les « pieds-noirs » ? Comment des historiens, des politistes, des sociologues peuvent-ils se contenter d’une telle explication, qui fait de la colonisation un péché, sinon parce qu’autrement il faudrait envisager sérieusement l’hypothèse que pour le FLN, ou du moins pour les fractions triomphantes du FLN, la guerre d’Algérie a été, aussi, une guerre d’épuration ethnique et que l’expulsion des Français était partie intégrante de leur projet politique ?

« Enrôlés dans un guêpier qu’ils ne maîtrisaient pas » les harkis ? Cessons, d’abord, de tous les considérer comme les objets passifs d’une histoire qui les aurait dépassés. Beaucoup se sont engagés par conviction, par fidélité à la France pour laquelle ils avaient combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, d’autres pour se venger d’exactions commises par le FLN à l’encontre d’un proche, d’autres encore, et en toute connaissance de cause, pour percevoir le salaire nécessaire à leur famille, etc. Victimes « expiatoires » eux-aussi ? Ou plutôt victimes d’une double raison d’État ? Celle de l’État-FLN qui fonde dans le sang le mythe du peuple algérien uni contre le colonialisme. Et celle de l’État français qui instaure, alors, un déni rétrospectif de ce qu’a été la rencontre « franco-musulmane » durant la période coloniale, tout en semblant craindre une immigration algérienne massive vers la métropole.

Enfin, quel pays, aujourd’hui, « utilise les mémoires meurtries à des fins politiques », sinon l’Algérie ? Qui instrumentalise un passé réécrit pour la circonstance ? Qui évoque les soi-disant « génocides » perpétrés par la France en Algérie ? Qui, sinon les responsables algériens ?

Il est bien inutile de s’indigner contre les « entreprises mémorielles unilatérales » parce que, par définition, la mémoire est toujours spécifique à un individu ou à un groupe. Comme telle, elle est nécessairement unilatérale et ne saurait être partagée avec d’autres individus ou d’autres groupes n’ayant pas vécu les mêmes événements. Seul, et nous rejoignons sur ce point les auteurs de l’appel, « un travail historique rigoureux » est possible. Mais comment pourrait-il se faire, aujourd’hui, dans ce « partenariat franco-algérien » que le texte réclame, dès lors qu’en Algérie, une histoire officielle corsète la recherche et sa diffusion ? que la plupart des archives, notamment celle du FLN, restent pour l’essentiel fermées aux chercheurs ? Dès lors, au fond, que l’histoire, qui reste un élément central de justification du pouvoir pour des caciques qui n’ont plus guère d’autre source de légitimité, ne dispose d’aucune véritable liberté ? À moins, et le contenu du texte est hélas ! sur ce point particulièrement ambigu, d’entrer dans le jeu des autorités algériennes.

 Daniel Lefeuvre, professeur d’histoire contemporaine, Université Paris VIII Saint-Denis

Michel Renard, professeur d’histoire au lycée de Saint-Chamond, chercheur.

              

A propos de l’ouvrage

« LA TRAGEDIE DISSIMULEE - ORAN 5 JUILLET 1962 »

de Jean MONNERET

 C’est avec un vif intérêt que j’ai pris connaissance du livre de Jean Monneret « La tragédie dissimulée – Oran 5 Juillet 1962 » en considérant qu’est très positif tout ce qui  contribue à lever le voile sur ce drame occulté même si nous avons des désaccords. C’est ce que j’avais dit publiquement à l’historien algérien Fouad Soufi au colloque de Jussieu en 2002 : « au moins que l’on en parle ».

A mon avis ce drame est significatif des premiers jours de l’Algérie indépendante, hors conflits, plus que ceux qui ont eu lieu de par et d’autres en pleines actions de guerre et de terrorisme abordés plus abondamment, selon les tendances et les opinions.

Mais venons en directement aux faits, notre ami comme beaucoup d’historiens se méfient de la mémoire et travaillent surtout sur les archives : mais faut-il encore qu’il y en ait, qu’elles soient fiables et qu’elles ne soient pas édulcorées ou caviardées ; j’avoue que muni de dérogations le chercheur dispose de sources d’investigations non négligeables, mais je suis resté sur ma faim : en effet, plusieurs nouveaux documents sont cités dans cet ouvrage mais presque tous antérieurs au 5 Juillet (par exemple en annexe,  un document 2ème Bureau du 17/05/62) et peu de chose de nouveau sur cette journée : car comme je l’avais signalé dans la quarantaine de pages que j’avais écrit pour « L’Agonie d’Oran » (Monneret n’en utilise que deux extraits d’un article, forcément synthétique), il n’y a pas eu d’enquête effectuée et on ne peut trouver ce qui n’existe pas ! Les seuls dossiers cités du 2ème Bureau (p150) n’analysent pas les causes et les responsabilités (voir l’affaire d’un présumé tué par l’armée Française en Cote d’Ivoire ?) mais sont relatifs à un recensement non exhaustif de certaines disparitions signalées par différents services dans le désordre d’une population affolée qui quittait le territoire : 453 signalements ramenés à 365 après soustraction de gens retrouvés sans qu’on soit assuré qu’il y ait eu confrontation des deux listes et en faisant abstraction comme nous l’avons souvent dit de très nombreuses personnes isolées surtout de sexe masculin (famille déjà parties) qui de ce fait n’ont pas pu être signalées sur place, plus tard en France, elles n’ont pu être ciblées le 5 juillet (déclarations d’absence sur les lieux de résidence familiale), c’était des conditions différentes de la période antérieure qu’avait étudié avec brio notre auteur.

Par ailleurs, il aurait été intéressant de confronter ces chiffres  à celui des « 800 disparus du 5 Juillet » (dixit) que déclare être chargé de rechercher Jean Pierre Chevènement – Attaché Militaire au Consulat d’Oran après l’Indépendance, selon lui, il n’en a retrouvé aucun ! (voir son ouvrage). Le Consul M. HERLY déclara plus tard que ses services avaient enregistré 440 plaintes à Oran. Mais pour être passé personnellement au Consulat en cette période, déclarer des amis « disparus », j’ai pu constater qu’une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes et qu’on délivrait un récépissé au déposant ! Quant aux victimes musulmanes (près de 80), rien ne prouve qu’elles aient été toutes exécutées par l’ALN locale (reconstituée après le 19 mars) qui a le plus souvent « mis la main à la pâte » dans le massacre selon de rares témoignages de rescapés internés au Stade Municipal en « ville nouvelle » exécutés par petits groupes dans la nuit du 5 au 6 et jusqu’au 10 Juillet selon certains témoins musulmans. Donc duplicité de l’ALN des frontières qui était rentrée depuis, certains détenus n’étaient plus présentables, on n’en parle peu et donc « fantasme des Oranais » car il n’y a pas d’archives au sujet de ces victimes musulmanes ; il ne faut pas oublier que la riposte vigoureuse au F.M de la Section du 8ème RIMA en légitime défense contre la foule, aidée par des éléments armés, qu’on avait lancé contre la gare vers 13h à l’arrivée du train d’Alger (probablement pour perturber l’arrivée d’émissaires du GPRA, selon sources musulmanes) avait fait de nombreuses victimes, ramenées en ville nouvelle voisine par leurs coreligionnaires après le cessez le feu ; d’où confusion, ce fait imprévisible fut très édulcoré de par et d’autre et pour cause, il était prévu que l’armée Française n’interviendrait pas et le FLN (mais lequel ?) le savait, donc pas d’affrontement conséquent officiel, aussi on laissait planer le doute d’une prétendue riposte d’un commando OAS dans l’hystérie ambiante (toujours témoins musulmans) cela était évidemment criminel.

Ensuite, j’en arrive à mon enquête : Jean Monneret a une contradiction : d’un côté, il met en doute (p162) avec raison les témoignages publiés en Algérie « où la liberté d’expression est restreinte »… etc et d’un autre côté, il préfère s’en tenir aux indications officielles fournies par Fouad Soufi – haut fonctionnaire en poste en Algérie (enfant au moment des faits) que nous avons vu en privé et entre Oranais au Colloque de Jussieu en 2002 et qui ne tient pas tout à fait le même discours qu’en public, sans aucune base d’archives ; on attend toujours sa thèse définitive, car même édulcoré, le massacre du 5 Juillet n’existe pas en Algérie, je le signale, car moins qu’en France, il n’y a eu d’enquête ! Bien sûr, il est évident qu’il ne peut reprendre à son compte la thèse du complot de l’EMG de Boumediene dont le fils spirituel Boutéflika est au pouvoir en Algérie et on le comprend. Néanmoins, il nous a confirmé et même en public (enregistré par moi) que la direction disons « intellectuelle » de l’OPA du FLN d’Oran était majoritairement sinon pro GPRA mais surtout anti Etat Major de l’extérieur, ce que nous savions depuis 40 ans sur le terrain (traité de « fasciste » par certains devant nous à l’époque). Le capitaine Bakhti, parachuté du Maroc à Oran, après le 19 mars, n’était pas à priori le chef incontesté de la zone autonome d’Oran mais d’abord le représentant officiel de la commission mixte de cessez le feu  auprès de l’armée Française selon les « accords d’Evian » évidemment il était en froid avec les précédents et les intrigues commencèrent dès ce jour (selon ces accords, l’ALN ne devait jouer aucun rôle politique jusqu’à l’élection d’une Assemblée Nationale). Bien sûr, les manifestations du 5 Juillet, date emblématique, furent décidées par le Comité Inter-willayas (anti-état major) à l’intérieur, sauf la Vème Oranie volontairement absente lors d’une réunion à Zémora après le 19 Mars (voir Mohamed Harbi) décision reprise par le GPRA à Alger ensuite, d’où le B.T du 26 Juin émis par le 2ème Bureau cité par J. Monneret et bien, je le répète que l’EMG d’Oujda ait interdit ces manifestations avec plus ou moins de succès à l’intérieur de l’Oranie ; Bakhti qui avait promis au Général Katz que cela n’aurait pas lieu à Oran, devant l’appel lancé par radio Alger aux mains du GPRA ne put que s’incliner après des débats préparatoires houleux (toujours témoins musulmans) car les masses qui croyaient encore à l’unité du mouvement n’auraient rien compris à Oran, si la manifestation n’avait pas eu lieu. Un défilé à priori pacifique et structuré avec de nombreux petits scouts (recruté en masse pour leur circonstance) en uniforme était prévu avec le syndicat UGTA, les organisations féminines etc…(nous avons des photos) mais c’était sans compter avec les agents de Boumediene et certains partisans de Ben Bella qui manipulèrent la foule et le commandant du Service Social désarmé (vit avec sa secrétaire les premiers coups de feu Bd Joffre sur le défilé) Bakhti le savait-il ? Peu importe, le secret n’était pas si étanche car plusieurs mises en garde individuelle parviennent à certains Européens (voir « Agonie d’Oran ») et de ne pas se rendre à Oran pour l’intérieur (témoignage personnel). C’est pour cela que les « 3 hypothèses » que signale J. Monneret ne sont pas contradictoires, elles sont même concomitantes (p.97) quant à la « sempiternelle théorie du complot » qu’il dénonce, elle fait partie de toute l’Histoire intérieure du FLN, voir entre autre les ouvrages de deux spécialistes : Mohamed Harbi et Gilbert Meynier, ce dernier a même corrigé, suite à nos observations, la 2ème édition de sa volumineuse « Histoire du FLN » alors qu’il s’était contenté de reprendre la version du Général Katz : « un affrontement de communautés avec 25 morts Européens ! » « De coup d’état en coup d’état » G. Meynier – Science et vie cinquantenaire en 2004 énumération : en 57 contre Abanne R. ; en 60 Tripoli ; en 62 contre GPRA ; en 65 contre B. Bella etc…)

Cette politique manipulatoire et provocatrice émaille toute l’histoire de la rébellion depuis les origines du 1er Novembre 54 en passant par la liquidation d’Abane Randane « mort au champ d’honneur » l’éviction de Ben Bella et l’assassinat de Boudiaf, sans parler de l’utilisation du terrorisme Islamique plus actuelle. L’école de Boussouf rompu aux méthodes du K.G.B a fait recette en Algérie. La hantise de l’EM d’Oujda était que se créer à Oran de facto avec Mers el Kébir une enclave Européenne et la volonté de chasser le maximum d’Européens avait été affirmé au congrès de Tripoli après les accords d’Evian sous la pression de l’ALN extérieure (avant la destitution de l’EMG et de Boumediene par le GPRA).

D’ailleurs, nous l’avons dit le même scénario fut tenté sans succès à Alger avec des Sbires dirigés par Yacef Souadi, agent de Boumediene (voir la presse) et le 6 Juillet le GPRA dans un communiqué publié avait gobé « l’attaque des éléments colonialistes de l’OAS » à Oran, ce faisant, cela l’obligeait d’admettre l’avancée de l’ALN d’Oujda qui imposait ses hommes aux postes clefs à Oran, ce qu’elle n’était pas habilitée à faire, dont le préfet Soutïa ; bien sûr, cette ALN préférait user de prétextes et de manœuvres pour prendre le pouvoir (voir toujours Harbi et Meynier et d’autres), il y en eu d’ailleurs aussi à Constantine sauf qu’il n’y avait plus d’Européens et lorsqu’elle ne pu plus manœuvrer, ce fut le choc frontal avec les willayas de l’intérieur au niveau d’Orléansville. Faut-il rappeler que l’ALN extérieure n’entra qu’en Septembre à Alger, il y aurait beaucoup de chose à rajouter que notre ami Monneret connaît bien, comme le fameux communiqué (classifié 2ème B. n°1266/B2/GAOR signé Coadic) de l’EMG d’Oujda en date du 5 Juillet 62 qui après avoir vilipendé le GPRA, prépare ses troupes à « aller protéger la minorité Européenne », on ne peut faire mieux en cynisme pour des Pompiers Pyromanes, comme nous l’avons écrit (voir Agonie d’Oran – Volume 3).

Pourquoi Jean Monneret ne tient pas compte de cette archive (alors qu’elles sont rares) que je lui avait cependant communiqué et reproduite dans « L’Agonie d’Oran ». Je n’ai pas compris non plus, pourquoi le fait pour le FLN de poser son drapeau sur les bâtiments publics, fut « une provocation », cela avait été fait dès le 3 Juillet dans toute l’Algérie, nous l’avons vu avec douleur mais résignation et une grande partie de nos compatriotes, il faut le dire, avait participé au référendum du 1er Juillet, surtout par crainte de cartes d’électeurs non tamponnées pour la suite, en se souvenant que l’équipe Susini appelait à voter « oui » à Alger (entendu à la radio et vu dans la presse). Il faut avoir vécu ces moments de désarroi pour se permettre de juger et nous avions bu la coupe jusqu’à la lie plus rien ne pouvait nous provoquer pour des gestes suicidaires alors que la France nous abandonnait. Il faut avoir vu dans les quartiers Européens des drapeaux dans les poubelles ! Alors suggérer que nous puissions tomber dans une provocation absurde !

Enfin, pour terminer au-delà de notre débat avec Jean Monneret, l’essentiel est que nous soyons d’accord pour dire que le massacre au-delà des causes et des chiffres fut effectué en présence de notre armée consignée dans cantonnement (voir plans dans PNHA n°92 et Agonie d’Oran 3) sur ordres venus du plus haut sommet de l’Etat.

Dans le cadre de ce livre qui nous l’espérons aura une plus grande audience que « L’Agonie d’Oran » et qui après tout, fait aussi connaître notre thèse occultée, il aurait été bon pour souligner cette forfaiture de rappeler les effectifs et les unités dont disposait Katz à Oran : 12000 hommes intra-muros (voir son livre et les archives) plus les forces extérieures qui étaient aussi l’armée Française. Nous avons signalé cela dans la revue Pieds Noirs d’Hier et d’Aujourd’hui de Juillet 98 sous le titre courageux de la rédaction « De Gaulle est bien responsable des Massacres de Juillet 62 à Oran ».

Il reste à étudier ce qui apparaît comme évident à mes yeux et comme l’a exprimé le Docteur J.C PEREZ et même des chercheurs Algériens, pourquoi le choix politique Gaullien du FLN ALN extérieur sur le GPRA et l’intérieur mais c’est un autre débat.

Toutes choses qui justifient aussi le titre de l’ouvrage de Jean Monneret est le silence assourdissant sur ce drame.                                                        

Jean François PAYA (classe (54/2)présent à la base de Mers El Kébir jusqu’à fin 1964

À Rosas – Espagne, le 12 Mars 2006

De : garciachristiane82@neuf.fr
Date : 02/04/08 07:43:56
A : direction@lexpression.com
 
Repentance : et le million d'esclaves chrétiens des pays du Maghreb jusqu'en 1830 ?
 
Sarkozy - Bouteflika. Repentance : ils ont oublié les esclaves européens au Maghreb !
Pendant sa visite d’État en Algérie, Nicolas Sarkozy dès son arrivée le Lundi 3/12/2007, a dénoncé le système “profondément injuste” du colonialisme français en Algérie. A propos de cette “repentance” du Président de la République Française, le ministre de l’Intérieur algérien Noureddine Yazid Zerhouni, a répondu : “Ce n’est jamais suffisant mais c’est un progrès”. “Nous dirons toujours que ce n’est pas assez mais ça va dans le bon sens.”
Outre que le peuple algérien a tiré de la colonisation française d’importants avantages matériels (médicaux, alphabétisation, construction d’infrastructures, arrêt des famines, etc. ayant permis à la population d’algériens d’être multipliée par sept pendant la colonisation), le président algérien Bouteflika et son ministre de l’Intérieur, et Nicolas Sarkozy, ont oublié de parler des esclaves européens au Maghreb.
Pendant des siècles, et jusqu’au début du 19ème siècle, les pays du Maghreb ont fait des razzias en Europe, en particulier sur les côtes méditerranéennes de la France, l’Italie et l’Espagne pour capturer des esclaves européens. Ce n’est que l’augmentation de la puissance militaire (en particulier navale) de l’Europe qui arrêta ces razzias et cet esclavage des européens. 

Quand les Français prirent Alger en 1830, il y avait encore des esclaves européens dans la ville et la colonisation de l’Algérie y interrompit cet esclavage.

Cet esclavage a porté sur un nombre très important d’européens. L’historien qui a le plus étudié cette question, Robert C. Davis a pu évaluer par exemple le nombre d’esclaves pour la période entre 1530 et 1780. Rien que pour cette période : “il y eut un million et peut-être bien jusqu’à un million et un quart de chrétiens européens blancs asservis par les musulmans de la côte barbaresque.”. Cet esclavage se déroulait dans des conditions extrêmement dures et meurtrières ; Davis a pu évaluer le taux de décès des esclaves européens à environ 20% par an !
 

Mais les pays du Maghreb n’ont pas exprimé la moindre repentance envers les Européens !!!

http://fr.novopress.info/

 

Texte pour mieux comprendre le 5 Juillet 1962

 (complément aux lettres adressées à tous les maires du var)

 Le 5 juillet 1962, une journée d’horreur, une page d’histoire longtemps occultée par l’état Français, une mémoire qui gène et qui dérange. Que certains, à gauche comme à droite, nous dénient au prétexte de voir à chaque commémoration l’ombre de l’OAS, le spectre de l’ Algérie Française.  

Ce n’est pas parce qu’au mois d’avril et de mai 1962, tous les soirs les oranais tapaient sur leur casserole les cinq notes « Algérie Française » qu’ils étaient tous acquis à la cause de l’OAS NON ! C’était un cri de désespoir qu’ils lançaient au monde entier.

  Seuls, abandonnés de tous subissant la barbarie du FLN, ils se disaient : ce n’est pas possible que personne ne vienne à notre secours, nous qui avons tant donné à la mère patrie et au monde libre dans les différents conflits mondiaux ? Mais rien en retour ! Et le silence est devenu horreur.  

Pour comprendre le 5 juillet 1962, il faut examiner la situation géostratégique, géopolitique dans laquelle se trouvait Oran.

 Oran l’andalouse appelée aussi le petit Paris de l’Afrique du nord, ville moderne et dynamique de 400.000 habitants majoritairement européenne 220.000 européens pour180.000 musulmans.  

Ville proche des frontières marocaines et d’Oujda où se trouvait l’état major de l’ ALN de Ben Bella et Boumedienne.

 La zone d’Oran Mers el Kebir pouvait constituer une enclave européenne comme il y en avait en méditerranée à Melia/Tanger pour les espagnols au Maroc, et Gibraltar en Espagne pour les britanniques.

 Une solution de repli des européens d’algerie vers l’Oranie avait été préconisé par certains hommes politiques et ministres, seulement, ni de gaulle ni l’ OAS n’en ont voulu.

Un combat à mort dont a été victime la population civile européenne d’ORAN, s’en ait suivi entre l’OAS menant sa guerre Franco/Française, sanglante et aveugle et un pouvoir autiste et sa barbouzerie. Le de Gaulle de 1958 n’étant pas le même que celui que nous avons admiré et suivi en 1942.  

Par ailleurs, un Conflit pour le pouvoir entre un GPRA non préparé a l’indépendance, sous équipé, et l’armée des frontières de Boumedienne casquée, équipée de neuf., s’est engagé par la Provocation et un Coup d’état au prétexte que les partisans du GPRA n’étaient pas capables d’assurer l’ordre.  

Le 19 Mars 1962 avait sonné le glas des illusions de certains européens qui se sont enfuis en masse vers la métropole malgré les menaces de représailles de l’ OAS.

 La précipitation du désengagement de la France a créé un vide politique favorisant l’opportunisme de certains sans aucune conviction politique ou idéologique. 

Après le 19 Mars 1962, le clan d’Oujda s’était ouvert au recrutement intensif de "soldats" surtout composés de ralliés de la dernière heure et de déserteurs.

Les musulmans non engagés rallient en masse le FLN, ils sont appelés péjorativement "les marsiens". Ils sont de tout bord, ils prennent d’assaut les administrations récupèrent, places, appartements et" butin ".

La volonté islamique : Il fallait faire fuir les européens, les Gaouri (non musulman) conformément aux accords secrets de Tripoli (dixit Mohamed Harbi historien ex responsable de la fédération de France du FLN., Jean François Paya Historien)

 Pour cela, il fallait créer un climat de terreur et de barbarie s’en prenant aux civils, femmes et enfants.

 La fuite de l’ OAS dés le 27 juin 1962 laissa une population civile sans défense à la merci de provocateurs.

 Malgré la création d’un comité de réconciliation créé par des notables musulmans et européens le capitaine Bakhti de l’ ALN parachuté à Oran met sur le dos d’un chef de bande un pseudo Attou les exactions et horribles massacres qui se sont produits ce 5 juillet 1962 à oran. (Femmes et fillettes violées, égorgées, et pendues aux crochets des abattoirs d’Oran le petit lac).

 Au moins deux charniers sont recensés à Oran (Sud Est) : le petit lac et le cimetière de tamasouet

 Pour utiliser une terminologie très usitée dans certains partis politiques de gauche, c’étaient des travailleurs, des ouvriers des employés, de petits fonctionnaires, de petits artisans et commerçants. C’étaient des gens qui voulaient continuer à vivre et à travailler dans leur pays, sur leur terre natale, qui ont été lâchement enlevés et massacrés en présence de 18.000 soldats français qui se trouvaient à Oran et qui restèrent cantonnés dans leurs casernes sans intervenir.

 Seuls, quelques officiers que l’on peut compter sur les doigts d’une main désobéirent aux ordres du gouverneur militaire d’Oran le général Katz et sauvèrent des Français ainsi que l’honneur de l’armée française.

 Le devoir d’une nation, le rôle d’une armée, c’est de protéger tous ses citoyens.

 Le général Katz téléphona à de gaulle pour l’informer de l’ampleur du massacre. Le chef de l’état répondit « NE BOUGEZ PAS ».

 C’est le seul exemple dans l’Histoire d’un massacre perpétré sur une communauté sans défense en présence d’une armée qui laisse assassiner ses ressortissants sans intervenir.

 Les accords d'Evian prévoyaient la remise des pouvoirs à " l'exécutif provisoire " mis en place depuis le 19 Mars 1962 .Celui-ci devait maintenir l'ordre avec une " force locale " assistée de l'Armée Française ; et ce en principe jusqu'à la transmission de ses pouvoirs à une assemblée nationale élue au suffrage universel. Ceci ne fut effectif que le 27 Septembre 1962.

 Cette amnésie historique, ce silence imposé, Nous interdit notre droit légitime à une mémoire apaisée et à celui de disposer de lieux de mémoire que certains nous contestent encore aujourd’hui.

 Prés d’un demi siècle après les faits il est grand temps que toute la lumière soit faite sur ces disparitions, que l’on puisse véritablement étudier le sort des disparus et aider ainsi leurs familles à retrouver la paix à pouvoir faire leurs deuils, il est grand temps de connaître la vérité historique des faits, il est grand temps de rendre hommage à ces victimes et à leurs familles (propos de Nicolas Sarkozy candidat à l’élection présidentielle le 3 avril 2007).

 Dans tout conflit, des Justes trouvent la mort : ce sont eux qui méritent considération, pas leurs bourreaux

Il existe dans de nombreuses villes de France des rues, des ronds points, des places, des squares, dédiés, comme à St Denis, une rue portant le nom d’une poseuse de bombes, à Rennes une place aux massacres du 8 mai 1945 de Setif, à Paris un quai à la mémoire des victimes de la répression d’octobre 1961, à valence et dans d’autres villes de France des places du 19 mars 1962.etc, etc.

 Je vous pose la question :Il y a-t-il à votre connaissance en France une seule rue, un seul rond point, une seule place, un seul square qui soit dédié aux victimes et disparus du 5 juillet 1962 ? NON !!!!

  Faut-il que la France se sente coupable pour faire preuve de tant d’amnésie, coupable d’avoir laissé des citoyens français lâchement massacrés.

Toutes les abominations de l'histoire ne peuvent trouver un prétexte, une justification aux actes les plus odieux, les plus barbares.

"Quelle que soit la cause que l'on défend, elle restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d'une foule innocente ..."  Albert Camus    

Nous ne devons pas avoir une mémoire sélective qui ferait qu'il y ait de bons martyrs et de mauvaises victimes surtout lorsqu'elles sont civiles et désarmées comme le furent celles du 5 juillet 1962 à Oran.

La douleur et le chagrin sont là dans les coeurs de ceux qui ont perdu un proche qui ont survécu à la haine et la violence. Il ne faut pas que la haine constitue un clivage !

Il serait temps que dans certaines villes de France s’exprime ce courage citoyen, comme cela est fait pour les Harkis.

 L’ ARAPREM demande que chaque ville de France se souviennent des HARKIS, mais aussi des victimes et disparus du 5 juillet 1962 massacre d’ ORAN par l’appellation de rue, de rond point, de place et de square du 5 Juillet 1962 (Massacre d’ ORAN).

 CUERS ou une autre ville du Var serait une pionnière dans la reconnaissance des souffrances des Oranais, et de celle, qui perdure, des familles des victimes et disparus du 5 juillet 1962. Humanisme dont ont fait preuve des témoins algériens dans le film de JP Lledo « Algérie, histoires à ne pas dire » ou « ne reste dans l’oued que ses galets »  

Claude Garcia président de l’ ARAPREM Cuers le 16 juillet 2009.

 

COMBIEN DE SOLDATS FRANÇAIS ONT DISPARU EN ALGÉRIE ? UNE ÉNIGME HISTORIQUE Statistiques et évaluations.

 Les archives du Service historique (1H1402) indiquent 917 disparus à la date du 30 juin 1962. Le JO du 29 janvier 1982 les évalue à 1.000. 

Combien de civils victimes et disparus le 5 juillet 1962 ?? la France reconnaît 350 alors que l’historien algérien Karim Rouina par l’intermédiaire de l’historien engagé et citoyen Gilbert Meynier dans un échange de correspondance que j’ai eu au cours du colloque de Lyon des 20/22 juin 2006 reconnaît plus du double soit 750 et demande G.Meynier de publier cela sur le quotidien « Le Progrés de LYON ». Ce que celui-ci a fait.

 

ETUDE SUR BOUMEDIENE ET LE GROUPE D'OUJDA

 ORIGINE DU POUVOIR ALGÉRIEN

 PAYA Jean-François Historien / AC Algérie / Cercle Algérianiste du Poitou

     Sujet mal connu par certains  compatriotes  (Remarquer la collusion indiquée avec le pouvoir Gaulliste)   > C'est ce noyau d'Algériens nés au Maroc, qui compte à son actif deux putschs, qui a permis à Boumediène de parvenir à ce destin de chef d'Etat de l'Algérie indépendante. Houari Boumediène était chef de la Wilaya 5 et installa son QG dans la ville marocaine frontalière avec l'ouest du pays, Oujda.Tout comme Boussouf pour le MALG, Boumediène recruta des alliés parmi ces Algériens du Maroc pour l'état-major général de l'ALN. Le premier s'en servit pour porter le premier coup de l'armée contre les politiques en assassinant Abane Ramdane, et le second y trouva un appui pour porter le deuxième coup de force de l'armée contre le FLN en s'attaquant au Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA). Le groupe d'Oujda est entré de la sorte par effraction dans l'histoire de l'Algérie et il signera, avec Boumediène à sa tête, l'acte de naissance du régime algérien.

> Ces Algériens du Maroc nommés Wasti

> Les membres du groupe ou clan d'Oujda sont désignés comme ceux qui sont nés ou ayant vécu au Maroc avant 1962. Les “wasti”, en référence à la position géographique de l'Algérie au centre du Maghreb, ou encore “deuxième francis, français de seconde catégorie”, comme aimaient à les qualifier les Marocains, sont des Algériens qui sont nés au Maroc avant le déclenchement de la guerre de libération.

Après la soumission de l'Emir Abdelkader en 1848, puis la défaite des soulèvements des Ouled Sidi Echeikh puis de Bouamama, une communauté algérienne s'est installée dans le pays voisin de l'Ouest. Une autre communauté enrôlée quant à elle dans l'armée française pour imposer le protectorat au Maroc y a aussi trouvé asile. Une troisième migration d'Algériens a quant à elle rejoint le Maroc, après 1954 par fuite des représailles de l'armée française. Le clan d'Oujda s'est bâti toutefois sur la première communauté d'Algériens au Maroc, qui était une communauté de petite bourgeoisie francophone composée soit de propriétaires terriens ou d'auxiliaires de l'administration marocaine. Cette dernière communauté trouva sa place dans les rangs de l'armée, de la sécurité militaire et du FLN. Le colonel Bencherif estime le nombre d'Algériens rentrés du Maroc en 1962 à pas moins de 10000 hommes entrainés uniquement pour prendre le pouvoir et mettre au pas toute opposition intérieure avec le bénédiction du pouvoir Gaulliste

> Le travail commencé par le MALG de Boussouf au milieu des années 1950 a connu une suite avec Boumediène qui introduisit la logique des clans pour accéder au pouvoir. Entouré d'Ahmed Medeghri, Kaid Ahmed, Cherif Belkacem, Abedlaziz Bouteflika, Boumediène créa le groupe d'Oujda. Les “malgaches” de Boussouf se fondèrent dans ce qui est devenu plus tard le clan d'Oujda. Le régionalisme s'est érigé en règle d'appartenance à ce clan. “Mohamed Boukharouba s'affubla d'un nom de guerre qu'il emprunta au saint légendaire Boumediène, très connu dans l'Oranie, et du prénom de Houari, très répandu dans cette même région… dans le régionalisme qui sévissait dans l'armée des frontières, être à la fois, saint et oranais, c'était avoir toutes les chances avec soi”(1). Le groupe d'Oujda, sous les commandes de Boumediène et toute l'armée des frontières, attendait la fin de la guerre de libération qui avait éprouvé les moudjahidines de l'intérieur du pays dans la lutte contre l'armée coloniale pour pouvoir entrer en jeu.Certaines études précisent méme que “le plan Challes ”(liquider l'intérieur) initié par De Gaulle avait pour but inavoué  de préparer le térrain      (ndlr/ ce fait est aussi signalé par le docteur JC Perez)

> Laissant les politiques se charger des négociations d'Evian, et après la sortie des cinq historiques de prison, l'état-major général sous Boumediène trouve le moment propice pour actionner le coup d'Etat contre le GPRA.(initié par la provocation d'Oran le 5 juillet)   Pour donner du poids à ce coup de force, il fallait une couverture politique via un des historiques. Seul Ben Bella, animé aussi par l'amour du pouvoir, accepta l'offre de l'EMG. En légalistes, Aït Ahmed et Boudiaf refusèrent de cautionner le putsch. “L'armée de Boumediène avait un double atout considérable : sa force et son unité favorisées par un long travail d'endoctrinement. Mais elle n'avait que peu de répondants dans la société algérienne et son leadership était rejeté par plusieurs wilayas. Il fallait à Boumediène de bien faire jouer le prestige de Ben Bella pour s'implanter politiquement “

> Afin de donner du crédit aux putschistes, un autre groupe baptisé “groupe de Tlemcen”, en opposition au groupe de Tizi Ouzou qui était sous la coupe de Krim Belkacem, fut créé et mit au point la naissance du Bureau politique, un instrument politique pour le dénigrement du GPRA. Le groupe de Tlemcen regroupant Ben Bella, Khider, Mohammedi, Ferhat Abbas, Ahmed Boumendjel et Ahmed Francis a formé un duo avec le groupe d'Oujda pour mettre au pas les commandements des wilayas historiques notamment la III et la IV. Ben Bella était tout désigné pour devenir le premier président de l'Algérie indépendante sous la bénédiction de l'EMG de l'ALN qui marcha sur Alger pour accéder au “trône”. La Zone autonome d'Alger sous Yacef Saâdi (aprés échec de provocations en Juillet comme à Oran )ouvrit les portes de la capitale à la coalition Boumediène-Ben Bella que début Septembre  au prix de plusieurs morts @ du fait d'affrontements avec les troupes de la Wilaya IV qui étaient ralliées au GPRA. Le cri “sept ans ça suffit” des populations a fini par mettre fin aux hostilités.@ Pres d'un milliers de victimes au niveau de l'ex Orléansville selon des sources internes ce qui stoppe l'avance des unités de Boumédiene (que ce serait il passé si l 'ALN de l'intérieur n'avaitpas été laminée par l'Armée Française ? ) et l'oblige à négocier pour n'entrer  que  le 9 Septembre  à Alger !

> L'Armée des frontières réussit son coup et pénétra d'un pied ferme dans ce qui est devenu le pouvoir algérien, sur des centaines de cadavres. Dans la nuit du 28 au 29 septembre, Ben Bella, candidat unique, fut élu par l'Assemblée, chef d'un gouvernement de 19 portefeuilles. Boumediène qui s'adjugea l'important poste de ministre de la Défense, proposa 4 postes : deux pour ses compagnons de l'armée des frontières d'Oujda, à savoir Bouteflika et Medeghri et deux autres pour l'armée des frontières de l'Est, à savoir Moussa Hassani et le docteur Nekkache. Le putsch servit l'armée qui, depuis l'indépendance, a joué la carte de l'unité face aux divisions politiques. “Le clan d'Oujda s'était ouvert au recrutement intensif de “soldats” venus des rangs de l'ALN, tout comme les “marsiens” de tout bord avaient pris d'assaut les administrations, étaient avant tous des éléments opportunistes sans aucune conviction politique ou idéologique. Ils étaient recrutés non pas pour faire la guerre mais pour construire le nouvel Etat “et provoquer le départ des Européens d'Algérie comme pévu au congrés de Tripoli aprés le 19 Mars soit par idéologie Islamiste soit tout simplement pour récupérer places appartements et” butin “comme l'a écrit Mohamed Harbi ex responsable de la fédération de France du FLN !

> . Avec les recrues des services de Boussouf devenu Sécurité militaire, et à leur tête Kasdi Merbah, et les tacticiens politiques de son groupe d'Oujda, Boumediène n'avait plus qu'à laisser mijoter son accession à la tête de l'Etat

   Synthése    JF Paya   sources   Algériennes diverses

 

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